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5 mars 2024 2 05 /03 /mars /2024 12:39
20240304 Enquête ouvrière

Enquête ouvrière : Nous avons les moyens de vous faire parler avec la Mouette Enragée.

Que reste t il de la "classe ouvrière" sujet mythique et révolutionnaire par excellence : disparue ? transformée ? intégrée ? Investie dans un projet depuis 2017 d’enquête ouvrière, La Mouette enragée a recueilli la parole de salarié·es à travers un questionnaire en ligne et sous forme d’entretiens menés principalement dans le Pas-de-Calais, le Nord et la Bretagne, à l’occasion de rencontres ou de luttes de boites. Ils nous présentent ce soir le résultat de leurs réflexions à l'occasion de la sortie du bouquin résultant de cette enquête.

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9 janvier 2024 2 09 /01 /janvier /2024 08:15
20240108 Contre la loi immigration… Lutte de classe

La polémique autour de la loi Darmanin dénommée «Asile et immigration» ne faiblit pas. Mais limiter sa dénonciation à des critiques humanistes ne permet pas de saisir la logique profonde de cet acharnement législatif : une loi en moyenne tous les 2 ans sur l’immigration. Et surtout elles nous empêchent d’utiliser le seul moyen pour essayer de faire plier le gouvernement, c’est-à-dire le rapport de force.

Avec la diffusion en 2 parties du reportage d’Hélène Servel et de Tiffenn Hermelin, nous revenons encore une fois sur les conditions de l’exploitation des travailleurs détachés dans l’agriculture du Sud de la France.

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4 décembre 2023 1 04 /12 /décembre /2023 19:03
20231204 Un jour j'irai là-haut

En mars 2012, Arthur Bertelli et Vincent Dequin perdaient la vie ensevelis sous des tonnes de sucre au fond d’un silo de l’usine Cristal Union à Bazancourt, dans la Marne. Près de 12 ans plus tard, l’interminable parcours judiciaire n’est toujours pas clôturé. Le 24 novembre 2023, ce devait être au Pôle social du tribunal Judiciaire de Reims le volet civil, avec la demande de reconnaissance de la faute inexcusable de la chaîne d’employeurs ayant envoyé ces cordistes à la mort. Ce devait être car c’est reporté à la demande des entreprises.

Quand des cordistes, des anciens cordistes, des formateurs, des avocats, des journalistes, des inspecteurs du travail, des proches de victimes d’accidents mortels se croisent, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires d’association… En décembre 2018 est créée par et pour les cordistes (et leur proches),
l’association
Cordistes en colère, cordistes solidaires.

Ils étaient à Reims le 24 novembre 2023

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21 novembre 2023 2 21 /11 /novembre /2023 06:36
20231120 LE REMPLAÇANT

Rencontre avec Nedjib Sidi Moussa pour la sortie de “Le Remplaçant : journal d’un prof (précaire) de banlieue présenté à la librairie quilombo Le 7 septembre 2023 dans le XIe de Paris.

En passant du rire aux larmes et de la compassion à la révolte, “Le Remplaçant” offre une chronique saisissante de la France contemporaine. Il raconte aussi l’histoire d’une jeunesse perdue, celle d’un fils d’ouvrier à l’orée de ses quarante ans, celle d’un ancien sorbonnard durablement installé dans le précariat, comme tant d’autres aujourd’hui.

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30 octobre 2023 1 30 /10 /octobre /2023 19:24
20231030 Un coup d’arrêt aux JO et au Grand Paris

Depuis le mardi 17 octobre 2023, un mouvement de luttes de travailleur sans-papier à débuter pour leur droit à la régularisation, a paris et en région parisienne et notamment le 17 octobre par l’occupation du chantier de l’Arena à paris. Obtenue grâce à la coopération entre collectifs de sans-papiers (CSP75, Droits devant, Gilets Noirs, CSPM, CSP20), le syndicat CNT-SO et différents réseaux.

L’émission de ce jour, sera consacrée à ce mouvement. Dans un premier temps, nous serons sur l’occupation de chantier de l’aréna. Par là suite, nous entendrons le reportage réaliser le 18 octobre, car la veille, la CGT organisait des piquets devant une quarantaine d’agences intérim de la région parisienne pour réclamer des CERFA pour les travailleurs sans papiers.

Il ne restait plus le 18 octobre que 13 agences qui ne s’étaient pas régularisées. Ce même jour, nous nous sommes rendus à celles de porte Clichy chez Mistertemp.

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11 septembre 2023 1 11 /09 /septembre /2023 18:57
20230911 Grèves des salarié-e-s sans papiers de NTI

NTI, est une entreprise opérant dans les secteurs du bâtiment, de la propreté et du traitement de déchets. Cette société sous-traitante de grands groupes qui gèrent, au titre de délégations de service public, des sites de traitement et de tri des déchets,  notamment pour : Veolia, Suez, Paprec, Urbaser, etc. Le lundi 28 août, 11 salarié-e-s de la société NTI soutenu-e-s par la CGT VEOLIA, ont décidé de se mettre en grève pour exiger leurs droits. Le mercredi 30 aout 2023, un rassemblement de soutien se tenait devant le centre de tri de collecte sélective du 15ᵉ arrondissement de Paris. Dans ce reportage, nous entendrons le témoignage de deux salariés qui nous parlent de leurs situations et un point sur les négociations avec VEOLIA.

Suivi par Les vendanges de la colère. Le vignoble du Var est, lui aussi, la proie d’investisseurs qui font flamber le prix du foncier et placent l’avenir du territoire sous la mainmise de grands groupes. Le dimanche 28 août 2022 au matin – à l’appel des Soulèvements de la Terre et de la Confédération Paysanne – 300 personnes ont investi dans le Var une parcelle de vignes de #ChateaudEsclans accaparée par le groupe @LVMH dirigé par le milliardaire Bernard Arnault. Reportage réalisé par radio Zinzine à Forcalquier.

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1 mai 2023 1 01 /05 /mai /2023 08:19
1er mai, Fête du Travail ou fête des travailleurs ? Eglantine écarlate ou muguet ?

Le lundi 1er mai 2023 est, comme tous les 1er mai depuis 1948, un jour férié. Il s’agit en effet de la Fête du Travail. En France, elle se confond avec la journée internationale des travailleurs. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’origine de cette fête n’est pas française, mais américaine. En Amérique du Nord, il existe une distinction entre fête du Travail et fête des Travailleurs : la fête du Travail (Labor Day),  jour férié, est célébrée le premier lundi de septembre et la fête des Travailleurs, jour non férié, a lieu, quant à elle, le 1er mai.

Aux États-Unis, au cours de leur congrès de 1884, les syndicats américains se donnent deux ans pour imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Ils choisissent de lancer leur action le 1er mai, date du moving day parce que beaucoup d’entreprises américaines entament ce jour-là leur année comptable, et que les contrats ont leur terme ce jour-là, l'ouvrier devant déménager (d'où le terme de moving day) pour retrouver du travail.

La grève générale du , impulsée par les anarchistes, est largement suivie. Ils sont environ 340 000 dans tout le pays. 200 000 travailleurs américains obteniennent la journée de huit heures, mais pas les autres, entraînant de grandes mobilisations partout dans le pays et de violents affrontements à Chicago. Trois ouvriers de la société McCormick Harvester sont tués le 3 mai.  Le lendemain a lieu une marche de protestation et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. Une bombe explose devant les forces de l’ordre. Elle fait un mort dans les rangs de la police. Sept autres policiers sont tués dans la bagarre qui s’ensuit. À la suite de cet attentat, cinq syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort (Albert Parsons, Adolph Fischer, George Engel, August Spies et Louis Lingg) ; quatre seront pendus le vendredi Lors du procès, le procureur Julius Grinnel déclare dans sa plaidoirie : «Nous savons que ces huit hommes ne sont pas plus coupables que les milliers de personnes qui les suivaient, mais ils ont été choisis parce qu'ils sont des meneurs ; Messieurs du jury, faites d'eux un exemple, faites-les pendre, et vous sauverez nos institutions et notre société.» En 1893, le gouverneur de l'Illinois John Peter Altgeld gracie les 3 syndicalistes encore détenus, en raison de la fragilité de l'enquête et du processus judiciaire. Il accuse également le chef de la police de Chicago d'avoir créé le violent climat de répression ayant conduit à cet attentat.

L’idée d’une journée annuelle de revendication est aussi apparue en Europe, et validée lors du Congrès de l’IIe Internationale socialiste en 1889, réunie à Paris à l’occasion du centenaire de la Révolution française et de l’exposition universelle. Sous l’impulsion de Jules Guesde et de son Parti Ouvrier (Guesde inventera le terme de «fêtes du Travail» en 1890) et sur une proposition de Raymond Lavigne, cette Internationale décide le  

Le , à Fourmies, dans le Nord, la manifestation tourne au drame : la police tire sur les ouvriers et fait neuf morts.  Avec ce nouveau drame, le 1er mai s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens. Les militants épinglent une églantine écarlate (Rosa rubiginosa), fleur traditionnelle du Nord, en souvenir du sang versé et en référence à Fabre d'Églantine. Quelques mois plus tard, à Bruxelles, l'Internationale socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er mai.

C'est avec la résolution suivante, prise dans l'été de 1885, par le Central Labor Union fondé à New York en mars 1882 que le 1er mai se changea en 1er lundi de septembre aux États-Unis. Alors que d’autres organisations syndicales avaient déjà voté et adopté une proposition visant à honorer le 1er mai 1886. «Considérant que différents jours de l'année sont consacrés par la loi comme jour de repos en mémoire d'événements importants, et considérant qu'il n'en est aucun qui se rapporte à une démonstration ouvrière, le Central Labor Union déclare le premier lundi de septembre de chaque année Labor Day et décide que ce jour sera observé comme jour de repos. Nous demandons à toutes les organisations centrales de travailleurs dans tous les États-Unis de s'unir à nous pour exécuter dans sa lettre et dans son esprit la présente résolution.»

Le 11 mai 1894, les ouvriers de Pullman Palace Car Company à Chicago protestent contre des réductions de salaire et le licenciement des représentants des syndicats. Ils cherchent l'appui de leur syndicat central mené par Eugene V. Debs. Le 26 juin, l'Union américaine des chemins de fer appelle à un boycott de toutes les voitures ferroviaires de Pullman. Dans les jours qui suivent, 50 000 ouvriers du rail se conforment à cette directive et la circulation ferroviaire à Chicago s’arrête. Le 4 juillet, le président américain Grover Cleveland envoie 12 000 hommes de troupe pour briser le mouvement, s'ensuivent des émeutes et des affrontements violents. Deux hommes sont tués au cours de ces affrontements, à Kensington, près de Chicago. La grève est déclarée terminée le .

En 1907, à Paris, le muguet remplace l'églantine en reprenant une ancienne coutume remontant à la Renaissance, à l'époque de Charles IX et qui consistait à offrir le muguet de mai. Le muguet est alors porté à la boutonnière avec un ruban rouge. À partir de ce début de XXe siècle, il devient donc habituel, à l'occasion du 1er mai, d'offrir ce brin de muguet, symbole du printemps en Île-de-France.

Le

La revendication de la réduction de la journée de travail à huit heures  étant satisfaite lors de l'entre-deux-guerres dans la plupart des pays européens industrialisés, cette journée devient au XXe siècle une journée de lutte et de célébration des combats des salariés et du mouvement ouvrier.

Le 24 avril 1941, le Maréchal Pétain instaure officiellement par la loi Belin le 1er mai la "fête du Travail et de la concorde sociale". Pour rendre cette célébration populaire, l'ancien dirigeant français décide que cette journée sera chômée. Elle disparaîtra à la Libération puis sera réintroduite en 1946 et définitivement proclamée journée fériée, chômée et payée pour les salariés en 1948.

Aujourd’hui, la fête du Travail ou des Travailleurs est commémorée par un jour férié chômé le 1er mai dans la plupart des pays ayant institué une telle fête, comme la France.

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 07:59

Hiver 2016, des températures glaciales contraignent l’État à débloquer des hébergements pour des exilés. À l’automne 2017, il a fallu que des exilés occupent le campus de l’université à Croix-Rouge pour être logés. Début 2019, peu après un démantèlement, il a fallu la mort d’une vieille dame, dans le froid. Courant été 2019, c’est la chaleur infernale de la canicule qui oblige les autorités à une mise à l’abri… Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et des camps se reconstituent sans cesse, toujours aussi misérables. Aujourd’hui plus de cinquante personnes – un nombre sans cesse croissant – survivent sous des bâches, ou pour les plus chanceux des abris de fortune près du terrain de football avenue Henri Paris, face à l’Armée du salut.

Nous dénonçons une absence de volonté des États (français mais aussi européens et américain) à donner la priorité aux droits humains sur les logiques d’exclusion. Cela prend la forme de lois de plus en plus restrictives (en particulier la Loi Asile et immigration), mais aussi de pratiques de moins en moins conformes à la législation (alors que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence », (Code de l’action sociale et des familles). Tant qu’aucune solution durable – pas au cas par cas – n’est apportée, à la fois en termes d’hébergement et d’intégration, des situations similaires se reproduiront. Pour cette raison nous appelons à un rassemblement

Contre toutes les mesures qui aggravent la répression contre les exilés ! Contre les pratiques discriminatoires ! Réquisition des logements vides ! Des papiers pour tous ! Liberté de circulation !

Mardi 10 septembre à 16h30

Place Royale

(devant la sous-préfecture)

Collectif Sövkipeu (sovkipeu@lists.riseup.net)

Signataires : ATMF, Femmes relais 51, FSU 51, Génération.s, GMI 51, LFI, OCL, RUSF 51, Solidaires 51

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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 17:36
Date du procès de l’accident de QUENTIN enfin fixée!

La date du procès de l'accident de Quentin est tombée. Ce sera le vendredi 5 avril au TGI de Reims.
 

Tout s'est accéléré, ce procès arrive bien plus rapidement que dans le cas de l'accident d'Arthur et Vincent (accident en 2012 et procès en 2019 !).

 

Pour le procès du 5 avril, ça semble pour l'instant moins bien engagé que pour le précédent. Cette fois-ci, seule l'entreprise de travaux en hauteur serait inculpée (ETH) et non Cristal Union !! 

Date du procès de l’accident de QUENTIN enfin fixée!

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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 13:02
Cristal Union et Carrard Services condamnés 7 ans après la mort de 2 cordistes
«Cordiste», ce métier méconnu à très haut risque

Pour le peu qu'elle fasse parler d'elle, la profession cordiste est associée aux travailleurs des montagnes, des buildings ou des monuments. On imagine les cordistes sécuriser des falaises, réparer le mât des voiliers ou repeindre la Tour Eiffel, par tous les temps, en contrepartie d'une liberté, d'un regard sur la ville qui n'a pas de prix.

On les imagine moins, en revanche, mourir ensevelis sous des centaines de tonnes de sucre ou de résidus de céréales dans les silos obscurs et étouffants de l'agro-industrie...

En cinq ans, trois accidents graves, dont deux mortels, ont eu lieu sur le site du deuxième plus gros groupe sucrier français Cristal Union et sa filiale Cristanol, à Bazancourt, dans la Marne.

Quentin Zaraoui-Bruat, 21 ans, est mort le 21 juin 2017.

Jérémie Devaux, plombier, a été brûlé au troisième degré alors qu'il procédait à un dépannage dans un malaxeur, le 3 juin 2015.

Arthur Bertelli, 23 ans, et Vincent Dequin, 33 ans, sont morts le 13 mars 2012.

Même lieu, même société donc.

Mais surtout mêmes circonstances...

À chaque fois, à l'origine de ces accidents, l'ouverture de mystérieuses trappes de vidange pendant que les ouvriers travaillent à l'intérieur des silos ou des malaxeurs.

 

Dernières pièces d'un immense jeu de poupées russes interchangeables

Quentin, Arthur et Vincent étaient intérimaires, comme 4 200 des 8 625 cordistes du pays (Chiffres provenant du dernier recensement de la profession, effectué en 2016 par le Syndicat français des entreprises de travaux en hauteur - SFETH.).

Dernières pièces d'un immense jeu de poupées russes interchangeables, ils travaillaient pour un donneur d'ordres (Cristal Union ou sa filiale), qui déléguait le travail à une entreprise de travaux en hauteur, qui passait elle-même par une boîte d'intérim, qui pouvait passer elle-même par sa filiale spécialisée en travaux sur cordes.

Payé 10 euros de l'heure, Quentin cassait toute la journée, à la pioche, à la houe, à la pelle, au marteau-piqueur, les résidus de céréales qui colmatent le long des parois des silos.

Arthur et Vincent, eux, c'est du sucre qu'ils cassaient à la pioche. Ils sont morts lors de leur première mission, première journée à Bazancourt. Dans les dix premières minutes de travail. Ils n'ont pas reçu la moindre formation de sécurité pour les informer des risques liés au travail en milieu confiné.

Pour répondre à des impératifs de rendement, éclairés par une simple lampe frontale, ils ont été envoyés à la mort sous la chaleur étouffante, l'atmosphère poussiéreuse de ces silos, qui ne comportaient aucun moyen d'évacuation en urgence.

Germinal, la corde et le baudrier en plus. L'exploitation en suspension.

 

Plan de prévention non adapté

Suite à la mort d'Arthur et de Vincent, l’inspection du travail notera dans son rapport que le «plan de prévention [n’était] pas adapté aux lieux» ni à «l’action réelle».

Suite à la mort de Quentin, l’inspection du travail dressera un procès-verbal au procureur de Reims, qui fait état d’une «exécution de travaux (...) sans plan de prévention des risques préalables conforme», de «mise à disposition (...) d’équipement ne préservant pas la sécurité du travailleur», ou encore d’«emploi de travailleur (...) sans dispense d’une formation pratique et appropriée en matière de santé et de sécurité».

Depuis, les deux inspectrices du travail, en charge de ces deux enquêtes, ont été mutées hors de Champagne-Ardenne par la Direccte Grand Est...

Le 11 janvier 2019, les responsables de Cristal Union et de la société de nettoyage qui embauchait Arthur et Vincent ont été jugés au tribunal correctionnel de Reims. (Sont mises en cause et encourent jusqu'à sept ans de prison : deux personnes morales et les directeurs de Cristal Union et Carrard Services de l'époque.)

Soit sept ans après les faits...

Ce procès reste toutefois un évènement, une première pour la profession ! Car les accidents de Bazancourt ne sont malheureusement pas des cas isolés…

 

Énormes lacunes en matière de formation

Les lacunes sécuritaires qui entourent cette profession sont désormais plus que jamais mises en lumières. Mais là où le bât blesse aussi, c'est au niveau de la formation. Le CQP1, diplôme minimum pour travailler en hauteur, ne dure que deux mois... et n'est pas obligatoire. Pis, il ne correspond pas au «vrai» diplôme de cordiste, qui «Le problème de la formation est d'autant plus important que les cordistes envoyés dans les silos sont en général les moins expérimentés, employés en tant qu'intérimaires, précise-t-il notamment. La plupart ont choisi le métier pour la corde, comme un prolongement de leur passion pour l'escalade ou l'alpinisme…»

Ces lacunes en matière de formation et de sécurité sont accentuées par une réglementation très floue : la plupart des contrats des intérimaires ne mentionnent les risques du travail en silo. Les procédures de sauvetage, elles aussi, sont douteuses: il existe des portes de sortie de secours dans les silos... mais qui se révèlent souvent inaccessibles. «Certaines consignes de sécurité relèvent aussi de l'absurde. On leur demande par exemple de rester corde tendue, mais la pratique montre qu'il est très compliqué de casser la matière corde tendue». Un ensemble de lacunes que le Syndicat français des entreprises de travail en hauteur cherche à combler via des guides de bonnes pratiques.

 

Cristal Union et Carrard Services condamnés 7 ans après les faits

Cristal Union et Carrard Services viennent d'être condamnés le 1er mars 2019 par le tribunal correctionnel de Reims à 100 000 euros d'amende chacune pour «homicide» et «blessures involontaires», sept ans après le décès de deux cordistes ensevelis dans un silo à sucre à Bazancourt (Marne). La société de nettoyage Carrard Services et la coopérative Cristal Union ont aussi été condamnées à publier le jugement dans le quotidien Les Échos et l'hebdomadaire Le Moniteur ainsi qu'au siège de chaque société. Le tribunal a également ordonné le placement sous surveillance judiciaire pendant deux ans des deux entreprises.

Par ailleurs, les responsables des deux sociétés ont été déclarés coupables et condamnés à six mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende chacun.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 11:14
Fin du machinisme agricole à Saint-Dizier

Yto va supprimer 80 des 118 derniers emplois de son usine de Saint-Dizier. L'usine comptait 2 800 employés au plus fort de son activité en 1982 et seulement 223 en 2011 au moment du rachat par le groupe chinois Yto.

 

Un peu d’histoire.

En 1924, la famille Champenois créé une nouvelle entreprise de machinisme agricole (râteaux faneurs hippotractés et machines de récolte) au Clos Saint-Jean, à Saint Dizier, profitant ainsi de la proximité de la voie ferrée et du canal. Celle-ci fonctionnera jusqu’en 1940.

Les bâtiments sont endommagés pendant la Seconde Guerre mondiale puis le site est acheté par les américains de C.I.M.A. (Compagnie Internationale de Machine Agricole) en 1950. En 1949, le seul bâtiment antérieur à 1950 a été entièrement transformé en bureaux et en 1950 l’usine comprend 14 300 m2 bâtis et 70 000 m2 en 1964.

I.H.F. (International Harvester France) succède à la C.I.M.A. vers 1965 et c’est de cette époque l’usine va porter le nom de Mc Cormick. En 1975, un tracteur estampillé du label «International Harvester» sort de l’usine de Saint-Dizier toutes les sept minutes. En 1989, l'usine de Saint-Dizier ne se consacre plus désormais qu'à la fabrication de transmissions.

En 2001, l’usine Case (nouveau nom de IH depuis 1984) de Saint-Dizier est cédée à l’italien Landini. Une opération qui résulte des conditions imposées par Bruxelles pour autoriser la fusion, annoncée le 12 novembre 1999, de l'américain Case avec New Holland.

En redressement judiciaire, l'usine est reprise par le chinois Yto en 2011. Propriété de Sinomach, colosse de l’industrie chinoise, Yto promettait, à travers son offre d’acquisition du site de Saint-Dizier de maintenir 206 emplois, et même d’en créer 400 supplémentaires à l’horizon 2015.

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21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 20:19

La lutte que mènent actuellement les cheminots est décisive. Non en regard de la défense d’un “Service Public” qu’on ne nous vendra pas pour ce qu’il n’est pas et n’a jamais été, mais parce qu’aucun travailleur, quel que soit son patron ne peut accepter l’aggravation de ses conditions d’exploitation. En cela, la lutte à la SNCF est notre lutte à toutes et à tous.

 

Quant au fameux “Service Public”, hier pilier de la réorganisation de la production capitaliste, il est aujourd’hui le champion toutes catégories dans la déréglementation de l’embauche et la diffusion de la précarité au travail. Les travailleurs et la population en générale, n’ont jamais eu aucun pouvoir, ni de contrôle sur l’organisation, le fonctionnement et la finalité des dits “Services Publics”. Qui parmi vous a eu son mot à dire sur le choix de l’énergie nucléaire, par exemple ? Aujourd’hui, les étudiants se mobilisent contre la sélection à l’entrée de l’Université ; là encore, il est primordial qu’ils fassent plier l’Etat, mais de tous temps, la sélection et le tri social ont été la mission première de l’Education Nationale. Le voyage en train n’est plus un mode de transport populaire depuis des lustres, hormis lorsqu’il s’agit de nous traîner au turbin et l’hôpital public n’a jamais traité sa clientèle sur un pied d’égalité, ni hier, ni aujourd’hui.

 

Evidemment, la situation dans l’ensemble de ces secteurs n’a cessé de se dégrader. Comme dans n’importe quelle PME pourrie, le travail y est subi, il y est source de douleur, d’exploitation accrue. Alors, ce n’est certainement pas en ravivant, comme le font certains, de vieilles rengaines “nationales étatistes” que l’on déjouera les pièges de la division qui laissent les mains libres aux patrons et à l’Etat. Pour les surmonter, il est indispensable de nous reconnaître entre nous. Nous qui n’appartenons ni à Good-year, ni à Findus, ni à la SNCF ou à EDF, mais bien à la même classe de ceux qui doivent se vendre pour vivre au quotidien, sans savoir de quoi demain sera fait. Il en va de notre propre devenir : retrouvons nous et agissons !

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