Leur entreprise liquidée, il ne leur restait pas grand-chose à espérer. Sauf à voir aboutir le projet de Scop (Société coopérative et
participative) imaginé par leur ancien patron. Mais depuis vendredi, les ex-salariés de Bosal Le Rapide subissent un nouveau revers : cette idée, qui aurait permis de sauver 36 personnes sur
les 58 qui travaillaient encore chez le fabricant de galeries de Beine-Nauroy, ne verra jamais le jour.
«On avait le potentiel, avec la chaîne de traitement qui nous appartient ; les machines, pour
lesquelles le groupe n’avait pas posé de réserve ; les bâtiments, qu’il voulait bien nous louer à 10 euros le m2 ; le personnel, avec 39 anciens motivés ; et les clients,
notamment PSA et Renault. Mais vendredi, on a appris que tout était fini. Car le groupe parle désormais de vendre le bâtiment 5 millions d’euros, ce qui ne correspond pas à sa valeur ! Ils
veulent tout bonnement nous mettre dehors ! Et Renault a revu son prévisionnel à la baisse. Il nous lâche. On peut dire que le projet de Scop est mort et enterré».
Face à cette nouvelle désillusion, les Bosal ont décidé de monter au créneau. D’autant que le groupe a annoncé, hier, le montant de la prime supra légale qu’il comptait leur octroyer : 8 000 euros par salarié. Une somme dérisoire.
«Dans le cadre du précédent Plan de sauvegarde de l’emploi, qui avait mis 86 salariés sur le carreau, la prime s’élevait à 25 000 euros. Le groupe avait assuré que ce serait valable 2 ans, soit jusqu’au 14 mars. Donc on doit en bénéficier ! Sans compter le préjudice moral. On demande au groupe d’ouvrir le dialogue. De respecter ses engagements».
Depuis ce matin, les salariés de Bosal Le Rapide menacent de faire exploser leur usine avec des bouteilles de gaz.
Les chiffres du chômage ont progressé de 0,2 % (+ 247 personnes) au mois de février en Picardie pour atteindre 112 057 demandeurs d’emploi de catégorie A,
c’est-à-dire sans aucune activité.
L'épaisse fumée noire qui s'échappe du site de l'équimentier automobile provient d'un feu de pneus et de palettes, allumé par les
ouvriers de l'entreprise en liquidation judiciaire.
Tout commence fin décembre 2013. Suite à des problèmes de trésorerie en partie dus à une baisse d’activité, le PDG de Sotrapp,
entreprise chapelaine spécialisée dans le pavage, décide de vendre l’entreprise à une société basée à Cergy-Pontoise spécialisée dans le même domaine : Europe Pavage. Une vente qui selon les
salariés aurait été faite «à la va-vite», ces derniers n’ayant pas été prévenus. Alertés, ils prennent des renseignements et découvrent que l’entreprise ne jouit pas forcément d’une réputation
florissante. Ils alertent leur patron qui avait, semble-t-il, déjà signé un compromis non-retractable. La vente est définitive en février.