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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 15:05
La hiérarchie du Ministère du travail tente de faire taire l’inspection du travail

D’abord, les agent·es de contrôle et le service public ont été mis en confinement forcé, sans outils fonctionnels pour le travail à distance et le plus souvent sans redirection des appels téléphoniques pour permettre aux salariés qui auraient des urgences à signaler de le faire.

Ensuite est venu le temps des menaces, avec une note de la direction générale du travail qui a interdit les contrôles inopinés en entreprise et rendu obligatoire la validation préalable de toute action significative de l’agent·e par sa hiérarchie.

En dépit de ces pressions, de nombreux·ses agent·es de contrôle ont répondu aux sollicitations des salarié·es en danger et exposés au virus au travail. Dans l’industrie, dans la logistique, dans la grande distribution, dans le secteur médico-social, des contrôles ont été effectués, des mises en demeure prononcées et surtout des référés ont été gagnés.

 

Il ne faut pas que les décisions fassent tâche d’huile

Dans le Nord, une inspectrice du travail a contraint, par la procédure d’urgence en référé, un des plus gros employeurs du secteur de l’aide à domicile du département, l’ADAR, de prendre des mesures pour protéger les salarié·es.

A Reims, l’ARADOPA est une association du secteur de l’aide à domicile née en 1957 qui emploie 330 personnes (1) à temps plein (un temps plein dans ce secteur, c’est 110 h, pas question de payer des heures de déplacement) dont la moitié est actuellement en activité.

Les salariés déposent, vendredi 10 avril, un droit d’alerte pour danger personnel et pour les familles dans lesquelles elles interviennent, car elles sont potentiellement vecteurs du virus. Dans l’entreprise, il existe une tension de longue date. La déléguée FO était en droit de retrait depuis novembre 2019.

L'inspecteur du travail Anthony Smith dépose un référé mardi 14 avril, sachant qu’il y avait le droit d’alerte. Habituellement, le ministère du Travail ne communique pas sur la suspension d’un de ses agents. Le jeudi 18 avril au soir, le Ministère du travail justifie la suspension à titre conservatoire d'Anthony Smith, sans le citer : "Cette décision, justifiée par l’intérêt du service, intervient à la suite de plusieurs faits considérés comme fautifs. L’agent concerné a méconnu de manière délibérée, grave et répétée les instructions de l’autorité centrale du système d’inspection du travail concernant l’action de l’inspection durant l’épidémie de Covid-19."

Pour le Ministère, l'inspecteur du travail marnais a dépassé le cadre de sa fonction : "Cet agent a par exemple enjoint aux employeurs des conditions de maintien d’activité non conformes aux prescriptions des autorités sanitaires. Il est intervenu hors de sa compétente territoriale [...]"

Il apparaît, selon un journal local, que l’ordre de cette procédure de suspension vienne directement de la direction départementale de l’inspection du travail, en collaboration avec le patron de l’association : “la responsable départementale de la Direccte de la Marne a ainsi ouvertement invité par écrit l’employeur à faire obstacle au contrôle engagé en lui conseillant de ne plus répondre aux sollicitations de l’inspecteur du travail et de «mettre cette correspondance de côté». L’employeur s’est même enquis par courriel du 11 avril 2020, soit avant que notre collègue ne soit informé de son existence, de l’avancement de la procédure disciplinaire en ces termes éloquents : «où en êtes-vous de la procédure le concernant ?».

 

Ce n’est pas hasard qu’Anthony est sanctionné

Anthony Smith, inspecteur du travail du département de la Marne, ancien secrétaire général de la CGT TEFP (Travail Emploi Formation Professionnelle), membre de son bureau national et représentant des inspecteur-trices du travail au Conseil national de l’inspection du travail.

Ce n’est pas la première fois qu’il y a des tentatives de sanction à son encontre, mais c’est difficile envers le secrétaire général d’un syndicat.

Anthony était candidat aux dernières municipales à Chalons-en- Champagne  sur la liste Les Châlonnais-es ensemble à gauche, lors des dernières élections municipales. Alors, règlement de compte politique ?, se demande un journaliste.

Anthony Smith est pour le moment suspendu de ses fonctions "dans l’intérêt du service", précise le ministère, et à titre conservatoire, dans l’attente de la mise en œuvre d’une possible sanction disciplinaire. Pour l’instant, il continue à toucher son salaire.

 

Quel est l’objectif du gouvernement ?

Avec ces pressions et ces sanctions, le gouvernement affiche clairement son objectif : la poursuite de l’activité économique à tout prix. La priorité de Muriel Pénicaud, ce n’est pas la protection des salarié·es.

Et la priorité du gouvernement, ce n’est pas non plus de s’intéresser réellement aux sorts des soignants. Dans le secteur de l’aide à domicile en particulier, les salarié·es sont sous-payées, souvent à temps partiel et sont en première ligne aux côtés des plus fragiles.

Alors ce que ne veut surtout pas le Gouvernement c’est que les tribunaux, et plus largement l’opinion publique, s’aperçoivent que derrière les grands discours appelant à l’unité nationale et au soutien des soignants, on laisse en réalité les aides à domicile s’exposer au virus et, en même temps, on laisse inévitablement le virus se propager et faire des victimes chez les plus vulnérables.

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 09:09
20190527 Gilets jaunes et répression

Après une remarque sur le résultat des élections européennes où plus de 90 % des personnes inscrites n’ont vot é ni Le Pen, ni Macron, nous conscrons l’émission à la répression du mouvemrnt des Gilets Jaunes .

Nous écoutons d’abord un extrait de la conférence de presse d’enseignants chercheurs sur la répression et les techniques de la police.

Puis Gwen nous fera un compte rendu du procès en comparution immédiate le lundi 20 mai au tribvunal de Reims de 4 gilets jaunes.

Enfin, 2 gilets jaunes du rond point de Thilois à Reims ce qui s’est passé mardi sur leur rond point au niveau de la répression.     

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 08:51
Comment justifier l’usage des LBD

Qui a déclaré "S'il n'y avait pas de violence, il n'y aurait pas de blessés chez les manifestants, ni chez les forces de l'ordre. S'il n'y avait pas de casseurs, s'il n'y avait pas d'agresseurs, il n'y aurait aucun tir de LBD*" ? C’est Laurent Nuñez, secrétaire d’État auprès du ministre de l'Intérieur, qui s'exprimait le 7 mars 2019 devant les sénateurs à l'occasion de l'examen d'une proposition de loi du groupe CRCE (à majorité communiste) demandant l'interdiction de l'usage des LBD dans les manifestations.

"Au total depuis le début du mouvement dit "les gilets jaunes", on compte environ 2 200 blessés parmi les manifestants, et 83 enquêtes en cours à l'IGPN et à l'IGGN impliquant des faits concernant des tirs de LBD. Il y a eu 13 095 tirs de LBD depuis le début du mouvement", a-t-il déclaré. "Depuis le 17 novembre, il y a eu près de 1.500 blessés parmi les forces de l'ordre, qu'il s'agisse de policiers, de gendarmes et même de pompiers", a précisé M. Nuñez, faisant également état de "près de 80 dégradations majeures sur des bâtiments publics".

De son côté, la présidente du groupe CRCE, Eliane Assassi, a avancé les chiffres de "206 blessures à la tête dont plusieurs dizaines liées à des tirs de LBD", et "22 personnes éborgnées par ces tirs".

"Le LBD répond à la multiplication des situations où les forces de l'ordre se trouvent aux limites de la légitime défense. Si nous supprimions le LBD, il ne resterait dans bien des cas que le corps à corps ou les armes de service", a plaidé Laurent Nuñez.

 

* Le LBD est un lanceur de balle de défense, une arme sub-létale. Le LBD 40 remplace la marque la plus connue, Flash-Ball.

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 15:01
HISTOIRES ET TÉMOIGNAGES DES LUTTES À BURE, DE 1994 À AUJOURD’HUI.

Reims, Maison de Quartier le Flambeau, 13 rue de Bétheny, bus 8. 10. 11 arrêt Sébastopol.

Le Samedi 23 février à 19 heures.

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8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 17:56
12 h de garde à vue pour avoir peint des coquelicots

Katia est infirmière, elle vit à Reims avec sa fille. Vendredi 2 novembre, elle était devant sa mairie  pour exiger l’interdiction de tous les pesticides de synthèse.

Sur les marches en béton brut de la mairie en travaux, Katia a peint quelques coquelicots à la peinture à l’eau. Puis s’en est allée dîner avec sa fille dans un restaurant voisin. C’est là que deux policiers sont venus l’interpeller. Amenée au commissariat à 20 h, elle y a été prise en photo, ses empreintes ont été relevées et on l’a placée en garde à vue jusqu’à 11 h le lendemain. Fichée pour quelques fleurs éphémères! Convoquée en janvier 2019, elle risque une amende de 500 € et un stage de citoyenneté.

Emmanuel Macron a-t-il marché sur ces coquelicots, lors de son passage à l’hôtel de ville de Reims? Non, puisqu’ils ont été recouverts depuis.

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 09:59
Cigéo : procès de Jean-Pierre le 12 septembre

Le 12 septembre à Bar-le-Duc aura lieu le procès de Jean-Pierre Simon, poursuivi pour complicité dans la première occupation du Bois Lejuc. Nous serons des centaines à répondre à l’appel de la confédération paysanne en nous rassemblant devant le TGI dès 9h. A midi un repas et des stands sont prévus. Cela sera aussi l’occasion de rejoindre dans l’après-midi le cortège de lutte contre la nouvelle loi travail.

Rendez-vous le 12 septembre 2017 à partir de 9h00 devant le tribunal de Bar-le-Duc

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 10:48

Depuis hier, 17 h, un ouvrier de 58 ans d’Aube Bedding (ex-Cauval), à Bar-sur-Aube, dont 31 années passées chez le fabricant de sièges puis de matelas, a cessé de s’alimenter. Installé dans une voiture à l’entrée de l’usine, il a décidé de ne plus bouger.

 

Pourquoi se lancer dans une telle action ? Après avertissements, ce membre de la CGT, a été sanctionné de cinq jours de mise à pied. Une mesure prise après une altercation avec un de ses responsables suite un différend portant sur les règles de sécurité. Son épouse, déléguée syndicale CGT, a subi la même sanction disciplinaire.

 

Dix journées durant lesquelles le couple ne sera pas rémunéré : «Je n’accepte pas ces sanctions lourdes et très injustes. Je fais ça pour mon épouse, mais aussi pour mes collègues. Car aujourd’hui, c’est moi, demain cela pourrait être un autre», dénonce le gréviste qui demande à la direction locale de «mettre en place un vrai dialogue avec les salariés».

 

Un délégué syndical CGT était présent hier «pour soutenir» son collègue. Lui aussi sanctionné de trois jours de mise à pied, il dénonce «une pression accrue de la direction contre les salariés» et «en particulier» contre son syndicat.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 12:56
Accueil des mineurs isolés : le licenciement de l'éducatrice refusé

Mise à pied le 30 janvier 2017 pour avoir dénoncé les conditions d'accueil des mineurs étrangers après le décès du Malien Denko Sissoko, l'éducatrice risquait d'être licenciée.

 

Cette éducatrice spécialisée, par ailleurs déléguée du personnel - ce qui impliquait l'accord de l'administration pour la licencier - travaille depuis 16 ans pour La Sauvegarde de la Marne, une association financée par le Conseil départemental et dont l'une des missions est l'accueil des mineurs isolés étrangers. Cette association avait demandé son licenciement pour faute grave suite à des "déclarations irraisonnables et fallacieuses".

 

L'Inspection du travail a refusé le licenciement d'une éducatrice spécialisée demandé par son employeur pour avoir dénoncé publiquement les conditions d'accueil des mineurs isolés étrangers dans le foyer d'hébergement qu'il gère à Châlons-en-Champagne (Marne) et où un jeune Malien s'est suicidé en janvier..

 

Les faits sont survenus "en dehors de l'exécution de son contrat de travail" et elle s'est exprimée "en sa qualité de représentante du personnel", a souligné l'Inspection du travail pour motiver son refus, dans un courrier daté du 29 mars dont l'AFP a eu copie.

 

Un soulagement pour elle : "Déjà la première chose à laquelle j'ai pensé c'est que j'avais envie de saluer l'indépendance de l'Inspection du travail qui dans ce conflit a remis du droit entre les deux parties...". L'éducatrice poursuit : "j'ai été soulagée, heureuse de retrouver mon poste lundi prochain au sein des miens et ça me conforte dans l'idée que j'avais raison de parler au moment où j'ai parlé".

 

Dans le même temps, on apprenait que plus de deux mois après la mort de Denko Sissoko à Châlons-en-champagne, les parents du jeune migrant malien portent plainte contre X pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui et non assistance à personne en danger. Les parents de Denko Sissoko ne croient pas au suicide de leur fils, l'aîné d'une fratrie, âgé de 16 ans, parti du Mali à leur insu et arrivé dans la Marne en novembre dernier. "Ils n'y croient pas et surtout ils veulent connaître la vérité, ou tenter de la connaître... ils sont animés d'aucun esprit de vengeance", précise Maître Emmanuel Daoud leur avocat. "Oui il y a eu un défaut de protection, oui il a été exposé à un danger, mais comme d'autres, et peut-être comme d'autres encore aujourd'hui...".

 

A noter également que le défenseur des droits a été saisi dés le mois de janvier et une enquête a été confiée au pôle de défense des droits de l'enfant pour tenter de savoir s'il y a eu ou non des dysfonctionnements dans la prise en charge du jeune malien.

 

Quoiqu’il en soit, le combat continue. La prochaine réunion du comité de soutien Denko Sissoko Ne tournons pas la page aura lieu le jeudi 6 avril à 18 h à la Maison des syndicats de Reims.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 16:08

Les trois maitres-nageurs de la piscine intercommunale de Suippes, qui ont 7, 11 et 24 ans d’ancienneté, ont réintégré leur fonction mais pas encore leur lieu de travail. La piscine de Suippes étant fermée pour travaux depuis le mois de janvier.

Travaux concernant le changement des gaines de ventilation, l’un des problèmes dénoncés par les trois fonctionnaires territoriaux dans la presse, rompant ainsi leur droit de réserve. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils avaient été mis à pied puis étaient passés devant un conseil de discipline.

Quatre mois de suspension et un mois d’exclusion plus tard, les trois maitres-nageurs retrouvent donc leur métier. Ils ont risqué la révocation pour avoir lancé l’alerte sur les risques sanitaires et de sécurité dans leur établissement.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 10:34
Solidarité avec Btissame le 10 février

Btissame est éducatrice spécialisée au sein de l'association La Sauvegarde depuis 16 ans. Elue déléguée du personnel le 19 décembre 2016 et membre du CHST, elle se rend le 23 décembre à Châlons au foyer Bellevue où se trouve le Samie de la Marne. Elle veut connaître les conditions de travail du personnel. Ce qu’elle découvre l’indigne (un bureau au fond d’une cave, sans fenêtre, ni issue de secours, 4 éducateurs pour 73 jeunes, personne pour s’en occiper le soir après 18 h et le week-end…). Elle demande une réunion du CHSCT.

Le 9 janvier, Btissame exprime sa révolte après la mort de Denko sur les ondes de Radio Primitive , puis dans la presse locale. Elle participe le 11 janvier à la marche blanche organisée en souvenir de Denko.

http://audioblog.arteradio.com/post/3075363/mort_d_un_mineur_isole_a_chalons/

Btissame est convoquée le 30 janvier par son employeur pour un entretien préalable à licenciement. Que lui est-il reproché ? Pour le président de la Sauvegarde, «Elle a pris la parole en tant qu’éducatrice dans un certain nombre de blogs et sur les ondes d’une radio en discriminant l’association, en évoquant un lien entre le décès du jeune Malien et les moyens de fonctionnement de La Sauvegarde. Ce n’est pas acceptable que l’on exploite le suicide d’un jeune quand on sait tout le travail que font avec les éducateurs du Samie. Ils font le maximum». Pour Btissame, «Il n’y a eu aucun propos diffamatoire ou injurieux, ni volonté de nuire à l’employeur». Une centaine de personnes se retrouvent devant le siège social de la Sauvegarde pour la soutenir. Une mise à pied conservatoire est prononcée dans l’attente de la suite de la procédure de licenciement «pour faute grave en raison des faits qui se sont accumulés au cours des derniers jours». Un comité de soutien “Denko Sissoko Ne tournons pas la page” se met en place.

 

La Délégation unique du personnel du personnel doit donner son avis sur la demande de licenciement le vendredi 10 février. Ensuite, cette demande de licenciement sera transmise à l’inspecteur du travail. S’il donne son accord, la licenciée ne percevra aucun salaire à compter du 30 janvier. La procédure de licenciement d’une déléguée syndicale est en effet soumise à l’inspection du travail (qui peut refuser le licenciement).

A l’appel du comité de soutien “Denko Sissoko Ne tournons pas la page”, un rassemblement de soutien aura lieu à l’occasion de la réunion des représentants du personnel en vue de son licenciement

Vendredi 10 février 2017 à 9h

au siège social de la Sauvegarde 34 Grande Rue à Bezannes

 

Participons en nombre à ce rassemblement.

En pièce jointe, l’appel à solidarité

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 23:25

Le SAMIE créé en septembre 2015 accueille au foyer Bellevue à Châlons-en-Champagne des mineurs isolés étrangers dans un ancien foyer de travailleurs immigrés transformé en résidence sociale. Les mineurs isolés partagent ce lieu d’hébergement avec d'autres résidents adultes qui sont dans une situation sociale précaire.

 

Il y a quelques semaines, une éducatrice, déléguée du personnel de l’association la Sauvegarde, a été alertée sur les conditions d’accueil de ces mineurs mis à l’abri par le département de la Marne. Les constatations observées lors de sa visite sont effarantes :

  • Un bâtiment non sécurisé, dans un quartier difficile de Châlons-en-Champagne avec des conditions d’hygiène dégradées (blattes dans les sanitaires, moisissures dans les chambres…)
  • Mélange de mineurs en attente d’évaluation, de jeunes confiés à la protection de l’enfance, et de majeurs en grandes difficultés sociales
  • Pas d'ailes distinctes entre les mineurs isolés et les autres résidents.
  • Pas d’espace commun passé 18h.
  • Pas de véritable cadre éducatif, lié à un manque de moyen cruel (4 éducateurs pour 73 mineurs)
  • Pas de numéro pour joindre quelqu'un en cas d'urgence, notamment la nuit.
  • Absence de personnel de nuit de 18h à 9h : les jeunes peuvent sortir la nuit et faire entrer des personnes comme bon leur semble.
  • Grand sentiment d'insécurité la nuit, les jeunes se cloîtrent dans leur chambre, terrorisés par des adultes en état d’ébriété
  • Mauvais accès aux soins médicaux, manque de suivi des jeunes en difficultés sanitaires et psychologiques
  • Désengagement des éducateurs qui expliquent aux jeunes qu’ils ne sont pas décisionnaires, l’ASE étant la tutelle.
  • Intervention récurrente de la police à l’intérieur du centre pour expulser ou arrêter les jeunes en fin de prise en charge.
  • Peu de relais pour préparer les sorties vers d’autres structures, notamment d’hébergement d’urgence, en fin de prise en charge ou d'arrivée à la majorité
  • Pas de scolarisation ni de cours de Français Langue Etrangère pour les jeunes en attente d’évaluation, parfois pendant plus de 4 mois. Pendant ce temps, les délais courent.
  • Mauvais accompagnement scolaire des jeunes scolarisés, pas d’aide aux devoirs, peu de travail sur le projet d’orientation

Au lendemain de la mort de Denko Sissoko, jeune résident du foyer qui s’est défenestré par peur de la police, Ibtissam a témoigné sur les conditions indignes d’accueil des jeunes au foyer Bellevue. Quelques jours plus tard, elle recevait de sa direction une convocation à un entretien préalable et elle risque aujourd’hui un licenciement, après 16 années au service de la Sauvegarde de la Marne !

Nous, travailleurs sociaux, associations de défense des droits, syndicats ou simples citoyen.ne.s sommes révoltés par le comportement de cette association qui au lieu de remettre en cause la manière dont elle gère une mission de protection de l’enfance, préfère contraindre au silence celles et ceux qui s’indignent et cherchent à améliorer la prise en charge de ces jeunes.

C’est pourquoi nous vous invitons à un rassemblement pendant l’entretien préalable d’Ibtissam devant le siège de la Sauvegarde de la Marne pour soutenir notre collègue.

Rassemblement de soutien à Ibtissam

Lundi 30 janvier à 9h30

Devant la Sauvegarde de la Marne

34 Grande Rue, 51430 BEZANNES

Appel soutenu par : Le GISTI, Le Réseau Education Sans Frontières (RESF), Le collectif Mandela 74, Solidaire Marne (Dominique Forestier, secrétaire départemental), l’ADMIE (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers), La Boussole 02

 

 

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 12:05
Goodyear : peines réduites, colère accrue

Les 6 et 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines et le directeur de la production de Goodyear Amiens avaient été retenus pendant une trentaine d’heures dans les locaux de l’usine de pneumatiques, occupée par quelques dizaines de salariés en colère après l’annonce de la fermeture de ce site de 1 143 salariés.

En première instance, le 12 janvier 2016, les huit salariés poursuivis pour «séquestration» et «violences en réunion», dont cinq militants CGT, avaient été condamnés à deux ans de prison, dont neuf mois ferme.

En octobre 2016, l’avocat général avait requis à l’audience deux ans avec sursis contre les salariés, poursuivis par le parquet alors que Goodyear et les deux cadres séquestrés avaient retiré leur plainte.

Pas de relaxe générale. La cour d'appel d'Amiens a condamné le 11 janvier 2017 sept anciens salariés de Goodyear. Quatre des salariés, dont Mikael Wamen, ex-leader de la CGT de l’usine, ont été reconnus coupables de séquestration et condamnés à 12 mois avec sursis. En revanche, ils ont été relaxés du chef d’accusation de «violences en réunion». À l’inverse, trois salariés ont été relaxés du chef de «séquestration» mais reconnus coupables de «violences en réunion». Deux d’entre eux ont été condamnés à trois mois avec sursis, le troisième à deux mois avec sursis. Toutes ces es peines assorties de cinq ans de mise à l’épreuve. Le huitième salarié poursuivi, Hassan Boukri, a été totalement relaxé.

Environ trois cent cinquante militants de la CGT s’étaient rassemblés dans la matinée devant le tribunal pour réclamer la relaxe des ex-Goodyear.

Mickaël Wamen estime que la décision de justice n’est «pas un échec mais pas une victoire non plus. Je suis scotché, on s’attendait à une relaxe alors que la plupart ont quand même une condamnation qui est maintenue. Certes, elle est nettement plus légère qu’en première instance, mais bon ça fait mal. Si j'avais été relaxé je me serais reposé, mais ils ont gagné ! On va leur foutre un bordel sans nom !»

L'avocat des ex-salariés, Fiodor Rilov, qui accuse clairement le gouvernement socialiste d’avoir fomenté, dès le départ, «une chasse» aux élus CGT Goodyear, a annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation. «Sur les faits de séquestration, la moitié des prévenus ont été relaxés. C'est un premier résultat. Ça ne suffit pas. J'espère que l'objectif qu'on s'était fixé au départ, à savoir obtenir la relaxe pour la totalité des militants syndicaux poursuivis, nous allons finir par l'atteindre».

Goodyear a déposé fin 2016 une demande de permis de démolir pour son site situé à Amiens Nord. Le site de 28 hectares pourrait à la suite de la démolition être vendu à une autre entreprise... Avec le dépôt du permis de démolir, le président d’Amiens Métropole compte bien en profiter d’autant qu’Amiens veut récupérer du foncier, car elle entend surfer sur l’implantation d’Amazon pour développer sa métropole sur le cadavre du site d’Amiens Nord. Le début des travaux n'a pas encore été fixé. La CGT a annoncé son intention de contester la délivrance du permis de démolir, «car l’action aux USA concernant HAP/CMR (hydrocarbures aromatiques polycycliques /Cancérigènes mutagènes toxiques) est toujours en cours».

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