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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 11:08
Hébergement des demandeurs d’asile : le campus Croix-Rouge fermé pour “conditions de sécurité” (?)

Tou-te-s sont demandeurs d’asile et attendent une réponse à leur requête mais l’État ne leur propose aucune solution de logement, comme le prévoit pourtant la loi. Installé-e-s dans un premier temps devant le CADA, ils sont évacués par les forces de l’ordre. Des solutions temporaires d’hébergement pour quelques familles sont trouvées. Les autres s’installent de l’autre côté de la rue, dans le parc Saint-John-Perse. De quelques personnes, ils se retrouvent rapidement à plus d »une quarantaine. Même cause, mêmes effets. L’Etat n’a toujours pas de solution d’hébergement.

 

Vendredi, le maire Arnaud Robinet demande «l’évacuation et le démantèlement du camp» à cause des «conditions d’hygiène déplorable» et des «risques de heurts avec les riverains», alors qu’une pétition  circule. Interrogée par l’AFP, la mairie de Reims répond que «les conditions sanitaires ne permettaient plus à ces gens de vivre sereinement (dans le parc). Il ne s’agit pas de migration et d’émigrés syriens ou irakiens fuyant un conflit : il s’agit ni plus ni moins de familles qui sont les victimes de passeurs et à qui on fait miroiter un passage à Reims pour un avenir meilleur».

 

Si l’on comprend bien, il n’a que les émigrés syriens ou irakiens qui subissent des persécutions et méritent d’être reconnus comme réfugiés… Les autres ne seraient que des réfugiés économiques victimes de vilains passeurs…

 

Face à l’expulsion imminente, une décision collective d’associations d’aide aux réfugiés et des réfugiés d’installer un groupe de réfugiés sur le site du Campus Croix-Rouge est prise dimanche.

Un arrêté pris dimanche après-midi par le  président de l’Université de Reims, Guillaume Gellé, stipule que «l’accès aux locaux de l’université situés sur le campus Croix-Rouge est interdit jusqu’à rétablissement des conditions de sécurité», cela à partir de dimanche 17 septembre, 21 heures. Il explique les raisons de l’arrêté mis en place dimanche soir : «Vis-à-vis de cette occupation illégale de l’université je ne pouvais plus assurer la sécurité de tous, et j’insiste bien sur la sécurité de tous : vous voyez que sur ce camp il y a des enfants, des mineurs. Le fonctionnement de l’université normale ne pouvait pas être établi.». Conditions de sécurité pour qui ? Les réfugié-e-s ou les étudiant-e-s, les enseignant-e-s et autres personnels de l’université ?

 

Le président de l’université de Reims - en concertation avec les autorités compétentes - a saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Ce dernier devra statuer sur le caractère irrégulier ou non de l’occupation du campus. L’audience est programmée ce mercredi 20 septembre à 14 heures. Si le juge estime l’occupation irrégulière, il aura alors la possibilité de solliciter le préfet, qui de son côté pourra faire recours ou non à la force publique. «Sans évolution significative d’ici là, précise le communiqué, le campus Croix-Rouge restera fermé».

 

Hier soir, le 115 a pris en charge 2 familles arméniennes. Quid pour les 35 autres personnes ?

 

En soutien aux migrants installés sur le campus Croix-Rouge, manifestation aujourd'hui, mardi 19 septembre devant la sous-préfecture de Reims

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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 09:55
Refus de soins pour une sans papier à l’hôpital de Reims

Agée de 76 ans, une arménienne est contrainte de fuir son pays suite au décès de son mari. Elle arrive en France le 13 août. Après une nuit passée sur un banc devant le centre d'aide aux demandeurs d'asile (Cada) de Reims, elle se sent mal. Armée d'un certificat de passage, elle se rend à l'hôpital Maison-Blanche, où elle subit une première batterie de tests : prises de sang, radio, échographie. L'équipe hospitalière la libère dans la soirée. Elle se retrouve au camp de réfugiés de Saint-John Perse.

 

Durant quelques jours au camp, Marianouch refuse de boire et de s'alimenter. Il n'y a pas de toilettes sur le camp, et se baisser lui est douloureux. Son état de santé s'aggrave. Elle est conduite au CHU où elle est prise en charge. Après diverses analyses, le diagnostic est sans appel : Marianouch souffre de calculs dans la vésicule, qui se seraient aggravés lorsqu'elle a refusé de boire durant plusieurs jours.

 

Lundi dernier, la septuagénaire a été reconduite au camp de réfugié Saint-John Perse, après une semaine de prise en charge par les services hospitaliers. "Un médecin du service gériatrie m'a dit sèchement au téléphone : 'je ne prendrai plus de sans-papiers. On ne l'opèrera pas, elle n'est pas à un an près'", indique une bénévole de l'association Solidarité réfugiés. Illégal ? Il semblerait que si le pronostic vital d'une personne n'est pas engagé, le médecin peut choisir de ne pas aider une malade.

 

Son prochain rendez-vous avec un médecin est prévu le 2 octobre prochain. En attendant, Marianouch a rendez-vous avec le Cada pour tenter de régulariser sa situation. Si elle a pu bénéficier de quelques jours d’hôtel, se pose toujours le problème de son hébergement.

 

Pour l’instant, le CHU reste muet.

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 16:29
Mort de Denko : plainte classée sans suite

Le 6 janvier, un jeune homme d’origine Malienne, Denko Sissoko, trouvait la mort en chutant du 8e étage du foyer Bellevue, deux mois après son arrivée à Châlons.

 

Fin mars, les parents du jeune homme, arrivé en France en novembre, déposaient une plainte contre X pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d’autrui, délaissement et non-assistance à personne en danger. Les recherches menées depuis sous la direction du parquet ont trouvé leur conclusion ce mercredi : «L’enquête a permis d’exclure toute intervention d’un tiers dans la survenue de son décès. » Le procureur de la République précise toutefois que «l’enquête n’a pas permis de trancher entre l’hypothèse d’un suicide ou une chute accidentelle». Le dispositif de prise en charge des jeunes mineurs isolés, s’il «peut encore être amélioré» permet néanmoins «d’assurer leur prise en charge et leur hébergement de manière suffisante», rajoute encore le procureur.

 

Faute d’infraction relevée, la plainte de la famille de Denko Sissoko a été classée sans suite.

La copie du dossier de la procédure a été sollicitée afin de prendre connaissance des mesures d'investigation diligentée. Une plainte avec constitution de partie civile va être déposée.

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 15:44
Des migrants évacués à Reims pour faire place «propre» lors d’une inauguration d’un bailleur

Les réfugiés faisaient-ils mauvaise image pour le bailleur social Reims Habitat ? C’est en tout cas ce que peut laisser penser la demande d'évacuation de ce camp que le bailleur a formulé auprès des forces de l'ordre.

Installés depuis plusieurs mois et suivi par des associations, les réfugiés, une douzaine au total en provenance d’Albanie, Arménie et Tchétchénie, ne posaient visiblement pas de problèmes. Une situation transitoire pour ces familles avec des enfants, en attente d'un hébergement d’urgence.

Le bailleur social rémois, visiblement agacé par la présence de ce camp, a donc demandé, quelques jours avant la date de l’inauguration de son nouveau centre d’affaire, l'évacuation de ce camp par la police nationale. Hier matin, les forces de l'ordre sont intervenues pour évacuer le camp, boulevard Eisenhower, le jour même de l’inauguration de ce bâtiment, prévue à 16h.

Ils logeaient près du CADA et de grosses pierres ont remplacé la pelouse...

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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 08:28
L’accueil des mineurs isolés étrangers dans la Marne

Le 6 Janvier 2017, un jeune malien de 16 ans, Denko Sissoko, est découvert mort au pied de l’immeuble du SAMIE. Ce décès ne sera rendu public que le lundi 9 janvier. Pour le Conseil Départemental et la gouvernance de la Sauvegarde ce ne peut être qu’un suicide, son accueil dans la Marne n’est en rien responsable de ce geste désespéré… Fermez le ban !

(…)

Mobilisons-nous !

Cinq mois après cette mort d’un jeune de 16 ans, les conditions d’accueil n’ont pas fondamentalement changé :

- Ce ne sont pas des travaux de rafistolage qu’il faut, mais le déménagement de ce SAMIE dans un lieu d’accueil digne de ce nom, strictement réservé aux MIE.

- 4 éducateurs pour plus de 70 jeunes est en soi un scandale ! La « gouvernance » de la Sauvegarde a accepté cette commande du Conseil départemental qui tend à prouver que ce n’est pas (ou plus) une association à but non lucratif mais une entreprise en recherche de marchés acceptant tout et n’importe quoi des donneurs d’ordre.

- Un encadrement médical de mineurs en difficultés sanitaires et psychologiques doit se mettre en place.

- Un encadrement éducatif, pédagogique et juridique doit être assuré.

- La hiérarchie du SAMIE ne doit pas être l’auxiliaire de police. Elle n’a pas pour fonction de fouiller les chambres des jeunes, ni de renseigner la police permettant leur expulsion, ni d’ordonner aux équipes éducatives de le faire.

Nous devons donc nous mobiliser pour imposer ces changements.

Le Conseil départemental ne manquera pas de nous rétorquer que tout cela coûtera trop cher ! En 2016, il a consacré 3 millions d’euros aux mineurs isolés étrangers sur un budget de 500 millions (soit 0,6 %). Mais, nous ne savons rien sur le détail de ces dépenses. Par exemple, il mène un travail juridique de suspicion généralisée au sujet de la minorité de ces jeunes. Il paie ainsi (certainement grassement) un cabinet d’avocats rémois pour tenter d’éliminer le maximum de jeunes de cet accueil en mettant en cause (la plupart du temps sans preuve réelle) l’authenticité des documents d’état civil produits. A cela peuvent s’ajouter des examens médicaux voulant soi-disant prouver que le jeune a plus de 18 ans alors que le résultat de ces examens a une marge d’erreurs d’environ 18 mois.

C’est de l’argent public, le Conseil départemental doit donner le détail de ses comptes !

Comité Denko Sissoko, ne tournons pas la page

(le tract complet en pièce jointe)

Deux évènements à Reims le samedi 20 mai 2017

Samedi 15h Rencontre avec Olivier Favier Médiathèque Jean Falala

Samedi 19h Ciné-débat « J’ai marché jusqu’à vous » (52 min), auteur, réalisateur Rachid Oujdi, musique HK,  Maison de quartier « Maison Blanche », 41 boulevard des Bouches du Rhône.

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 13:31

Les immigrés albanais qui avaient pris position place de la Libération lundi 10 avril au soir devant la préfecture de l’Aube ont été délogés par la police mardi dans l’après-midi.

 

Il y a plusieurs mois de cela, ils avaient dressé leurs tentes sur le terre-plein central du boulevard Jules-Guesde. Avec femmes et enfants, ils tentaient de survivre. En restant à proximité de ceux qui pouvaient les aider, au local de la Croix-Rouge.

 

Depuis, on ne les voyait plus. Certains avaient trouvé refuge à l’hôtel, d’autres dans les locaux de certaines associations. Mais las de ne pouvoir obtenir d’hébergement pérenne, en attendant la décision finale s’agissant de l’asile qu’ils réclament, ils ont décidé de se montrer.

 

Au nombre de plusieurs dizaines – dont quelques enfants – ces ressortissants d’Albanie entendaient protester, réclamant une décision, un règlement de leur cas.

 

«Ils ont passé la nuit là. Ils étaient encore sur leur carré de verdure à 15 h, mais vers 17 h, ils étaient partis », témoigne un riverain.

 

Une procédure pour tentative de création d’habitation temporaire en réunion a été ouverte par le parquet.

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 12:56
Accueil des mineurs isolés : le licenciement de l'éducatrice refusé

Mise à pied le 30 janvier 2017 pour avoir dénoncé les conditions d'accueil des mineurs étrangers après le décès du Malien Denko Sissoko, l'éducatrice risquait d'être licenciée.

 

Cette éducatrice spécialisée, par ailleurs déléguée du personnel - ce qui impliquait l'accord de l'administration pour la licencier - travaille depuis 16 ans pour La Sauvegarde de la Marne, une association financée par le Conseil départemental et dont l'une des missions est l'accueil des mineurs isolés étrangers. Cette association avait demandé son licenciement pour faute grave suite à des "déclarations irraisonnables et fallacieuses".

 

L'Inspection du travail a refusé le licenciement d'une éducatrice spécialisée demandé par son employeur pour avoir dénoncé publiquement les conditions d'accueil des mineurs isolés étrangers dans le foyer d'hébergement qu'il gère à Châlons-en-Champagne (Marne) et où un jeune Malien s'est suicidé en janvier..

 

Les faits sont survenus "en dehors de l'exécution de son contrat de travail" et elle s'est exprimée "en sa qualité de représentante du personnel", a souligné l'Inspection du travail pour motiver son refus, dans un courrier daté du 29 mars dont l'AFP a eu copie.

 

Un soulagement pour elle : "Déjà la première chose à laquelle j'ai pensé c'est que j'avais envie de saluer l'indépendance de l'Inspection du travail qui dans ce conflit a remis du droit entre les deux parties...". L'éducatrice poursuit : "j'ai été soulagée, heureuse de retrouver mon poste lundi prochain au sein des miens et ça me conforte dans l'idée que j'avais raison de parler au moment où j'ai parlé".

 

Dans le même temps, on apprenait que plus de deux mois après la mort de Denko Sissoko à Châlons-en-champagne, les parents du jeune migrant malien portent plainte contre X pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui et non assistance à personne en danger. Les parents de Denko Sissoko ne croient pas au suicide de leur fils, l'aîné d'une fratrie, âgé de 16 ans, parti du Mali à leur insu et arrivé dans la Marne en novembre dernier. "Ils n'y croient pas et surtout ils veulent connaître la vérité, ou tenter de la connaître... ils sont animés d'aucun esprit de vengeance", précise Maître Emmanuel Daoud leur avocat. "Oui il y a eu un défaut de protection, oui il a été exposé à un danger, mais comme d'autres, et peut-être comme d'autres encore aujourd'hui...".

 

A noter également que le défenseur des droits a été saisi dés le mois de janvier et une enquête a été confiée au pôle de défense des droits de l'enfant pour tenter de savoir s'il y a eu ou non des dysfonctionnements dans la prise en charge du jeune malien.

 

Quoiqu’il en soit, le combat continue. La prochaine réunion du comité de soutien Denko Sissoko Ne tournons pas la page aura lieu le jeudi 6 avril à 18 h à la Maison des syndicats de Reims.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 19:21
Mort de Denko : la famille porte plainte contre X
Communiqué du RESF 51 et de la LJDH Mali

Âgé de 16 ans et originaire du Mali, M. Denko SISSOKO, est arrivé seul en France en octobre 2016 après avoir traversé plusieurs pays d’Afrique et la Méditerranée dans des conditions dangereuses.

A son arrivée et comme il était en possession de documents l’identifiant comme mineur, il a été confié par le Procureur de la République à l'Aide Sociale à l'Enfance de la Marne et hébergé au foyer Bellevue.

Le 5 janvier 2017, en dehors de tout cadre officiel procédural, il s'est vu indiquer au commissariat qu'il serait mis fin à sa prise en charge car sa minorité n'était pas reconnue.

Le 6 janvier 2017, M. Denko Sissoko s'est jeté du 8è étage du foyer pour, d'après son entourage, échapper à la police.

Aujourd’hui, les parents de Denko Sissoko Bagou et Dialy Keita Cultivateurs demeurant à Dindanko (Mali), représentés par Maitres Emmanuel Daoud et Clarisse le Corre, avocats au barreau de Paris, ont saisi le Tribunal de grande instance de Châlons-en-Champagne par une plainte contre X pour homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger.

Mineur isolé de 16 ans, il apparaît que M. Denko Sissoko, a été maintenu pendant les trois mois qu’ont duré l’évaluation de sa minorité, dans une situation précaire minimaliste, sans suivi ni accompagnement effectif sur le plan éducatif, médical ni psychologique, et a souffert d’un déficit de mesures visant à garantir sa sécurité.

Les conditions d’accueil et de suivi des jeunes migrants au sein du foyer Bellevue, se caractérisent en effet par plusieurs défauts :

- de sécurité : hébergés dans un quartier sensible et dans la compagnie d’adultes en grandes difficultés sociales, les jeunes ne sont pas supervisés la nuit et ne disposaient pas au moment de la mort de Denko, de numéro d’urgence.

- d’encadrement médical : les mineurs en difficultés sanitaires et psychologiques, tels que M. Denko SISSOKO, ne font l’objet d’aucun suivi particulier et rencontrent même des difficultés d’accès aux soins.

- d’encadrement et de suivi éducatifs et pédagogiques : par choix politique, la structure d’accueil n’emploie que 4 éducateurs pour 73 mineurs. Durant les mois d’attente de l’évaluation, ceux-ci ne bénéficient d’aucune scolarisation ni de cours de français. Leur sortie de dispositif est mal préparée : le jour même du refus de prise en charge, ils sont remis à la rue sans solution d’hébergement.

De telles conditions d’accueil et d’accompagnement contribuent à créer une instabilité psychologique ainsi qu’un état d’anxiété permanent – anxiété renforcée par l’intervention répétée de la police des frontières à l’intérieur du foyer, au petit matin, pour expulser ou arrêter les jeunes en fin de prise en charge.

Plus encore, ces conditions d’accueil et d’accompagnement contreviennent en tous points aux dispositions applicables en matière de protection de l’enfance et de protection des mineurs isolés étrangers et sont constitutives d’une faute au sens de l’article 221-6 du code pénal.

Enfin, la suspicion généralisée au sujet de la minorité de ces jeunes, systématiquement soupçonnés de tricher sur leur âge, renforce encore leur fragilité psychologique, alors même que leur rêve s’abîme sur une réalité française bien éloignée de l’image de la patrie des droits de l’homme. Denko SISSOKO n’a pas menti sur son âge et ses papiers n’ont pas été falsifiés.

Ce défaut d’encadrement et de suivi, cette suspicion de laquelle il a fait l’objet, ont eu des conséquences dramatiques sur l’état psychique de M. Denko SISSOKO, lequel, en dépit de sa minorité et de son instabilité, n’a fait l’objet d’aucune protection particulière, tant médicale qu’éducative ou sécuritaire, ce qui caractérise de fait, le lien de causalité entre la faute et le décès de M. Denko SISSOKO.

En déposant plainte, les parents de Denko Sissoko, entendent situer les responsabilités de celles et ceux qui ont délaissé Denko, lequel, en sa qualité de mineur, n’était pas en mesure de se protéger, et, par devant, dénoncer les conditions de travail minimalistes et indignes des éducateurs qui encadrent ces jeunes.

Pour les associations de défense des droits qui accompagnent les parents dans leur démarche, il ne s’agit en aucune façon d’instrumentaliser leur douleur. Sissoko Bagou et Dialy Keita, libres de leur choix, souhaitent eux-mêmes vivement faire la lumière sur les circonstances de la mort de leur fils. En effet, le suicide est un phénomène rare au Mali et ils connaissaient bien Denko, ils refusent la cause du suicide qui a été privilégiée. Les associations espèrent quant à elles, que la justice statue et contraigne les institutions à mieux s’inscrire dans le cadre de la protection de l’enfance pour tous les Mineurs Isolés Etrangers, faisant ainsi en sorte que Denko SISSOKO ne soit pas mort pour rien.

28 mars 2017

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 16:52
Pourquoi marcher le 19 mars ?

Nous marcherons d’abord à l’appel des familles des victimes de violences policières. Nous marcherons parce que nous ne pouvons pas accepter la violence policière ordinaire qui sévit dans les banlieues, nous ne pouvons pas accepter les contrôles au faciès, les humiliations et les violences qui accompagnent les contrôles d’identité dont sont régulièrement victimes les habitant-e-s des quartiers. Nous marcherons parce que nous n’acceptons pas qu’une partie d’entre nous soient systématiquement présumé-e-s coupables pour le simple fait de leur origine et de leur appartenance de classe. Nous marcherons parce que nous ne pouvons accepter la violence raciste d’état qui va jusqu’à tuer et l’impunité des assassins lorsqu’ils ou elles portent un uniforme.

 

Nous marcherons contre l’état de guerre que le pouvoir nous impose. Cette guerre a de multiples dimensions dont aucune n’est dissociable de l’autre. Ce sont des guerres impérialistes avec la multiplication des interventions militaires françaises en Afrique et au Moyen Orient. Rappelons que les motivations soit-disant humanitaires ne sont que le fait du pompier pyromane, comme l’intervention française pour « protéger » le Mali contre des forces armées que le pouvoir français avait auparavant contribué à fabriquer par son intervention en Libye ; comme les interventions au Moyen Orient qui ne sont que la conséquence de la situation fabriquée par les guerres contre l’Irak. Ces guerres se situent en réalité dans la continuation des guerres coloniales pour le pillage des matières premières (pétrole, uranium...).

 

Ces guerres se font au nom de la « lutte contre le terrorisme », et c’est bien aussi contre l’état d’urgence que nous marcherons le 19 mars. « Là-bas », les populations déjà prises en étau entre les dictatures « classiques » et la dictature de l’état islamique, déjà victimes de massacres et d’atrocités, sont en plus quotidiennement bombardées, pour leur salut bien sûr. « Ici », l’état d’urgence s’est traduit dès le début par de nombreuses perquisitions et arrestations arbitraires visant particulièrement, outre les militant-e-s, notamment écologistes, de nombreuses personnes connues pour leur appartenance à la communauté musulmane. Et c’est « pour notre salut », « pour nous protéger » que l’état d’urgence a été utilisé pour réprimer les manifestations que ce soit à l’occasion de la COP 21 ou contre la loi travail.

Cet état de guerre est un état de guerre de classe, ou plus exactement de guerre préventive de la bourgeoisie pour maintenir son pouvoir. C’est ce qui relie les humiliations dont sont victimes les habitant-e-s des quartiers, la répression contre le mouvement social, la chasse aux migrant-e-s, la criminalisation de toute solidarité, le pouvoir accordé à la police dans les récentes lois...

 

Nous marcherons parce que l’habillage idéologique de cet état de guerre de classe est insupportable. On ne cesse de nous bassiner avec « les lois de la république ». Où sont les lois de la république lorsque les chibani sont obligés de faire un procès contre la SNCF pour se voir verser la retraite pour laquelle ils ont cotisé ? Où sont les lois de la république lorsqu’on s’apprête à voter une loi qui autorise les milices privées des entreprises à porter une arme ? Quelle est cette laïcité au nom de laquelle les politiciens interdisent des tenues vestimentaires alors que dans le même temps ils font valoir leur appartenance catholique et leur soutien à la famille sacrée dans leurs campagnes électorales ?

 

La chasse aux migrant-e-s et la situation des sans papiers sont emblématiques de ce discours. Non seulement on les enferme dans des camps d’internement afin de mieux organiser leur déportation, mais on le fait au nom d’une soit-disant aide humanitaire. On justifie une armée en Méditerranée spécialisée dans la chasse aux migrant-e-s... par leur naufrage en mer, ces mêmes naufrages provoqués par cette politique. On multiplie les obstacles à leur régularisation pour mieux s’assurer d’une main d’oeuvre sous payée contrainte d’accepter les travaux les plus pénibles et les plus dangereux.

 

Nous marcherons parce que nous ne pouvons pas supporter qu’une partie de la population soit totalement mise à part, comme les roms à qui aucun droit n’est reconnu malgré qu’ils et elles soient citoyen-ne-s européen-ne-s, comme les prisonnier-e-s enfermé-e-s dans la misère la plus totale, et pour la plupart à cause de la misère, dans des prisons surpeuplées, victimes quotidiennes d’humiliations et de maltraitances.

 

Nous marcherons parce que dans cette guerre de classe, nous savons de quel côté nous sommes et où sont nos frères et sœurs.

 

OCL

 

Egalement dans le 4 pages :

  • Les luttes immigrées, une composante essentielle des luttes ouvrières
  • Le combat pour l’émancipation des femmes ne doit pas légitimer le racisme !
  • L’Europe Forteresse
  • La chasse aux sans papiers
  • C’est le racisme qui divise le prolétariat, pas l’inverse
  • J’ai la mémoire qui flanche..
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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 13:15
Chroniques d'exil ert d'hospitalité

Olivier FAVIER est historien, traducteur et reporter indépendant. Son livre Chroniques d’exil et d’hospitalité est un recueil d’articles et de portraits de migrants, écrits entre 2013 et 2016, dans lequel «il a voulu placer le lecteur du côté de celui qui part, afin de faire entendre tout ensemble des raisons et des rêves, des souffrances et du courage

Venez discuter avec lui et avec certains des jeunes résidant dans la Marne et dont les portraits pourraient figurer dans son livre.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 14:32
En orange : adhésions en cours

En orange : adhésions en cours

Les États membres de l'UE ont confirmé mardi une nouvelle prolongation de trois mois des contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen, valable pour cinq pays. L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Suède et la Norvège peuvent ainsi poursuivre jusqu'au 11 mai ces contrôles réintroduits en 2015, justifiés légalement par l'afflux migratoire auquel ils font face. Ces dérogations exceptionnelles ne valent que pour certaines frontières précises des cinq pays concernés. Pour l'Autriche, ils concernent par exemple les frontières terrestres avec la Hongrie et la Slovénie. Et pour l'Allemagne, il s'agit de la frontière terrestre avec l'Autriche.

 

La Commission européenne avait donné son feu vert fin janvier à cette nouvelle dérogation aux règles habituelles de la libre circulation. Elle nécessitait toutefois encore une adoption formelle par le Conseil de l'UE, réunissant les États membres.

 

L'exécutif européen avait accepté pour la première fois en mai 2016 une prolongation exceptionnelle - au-delà de la durée autorisée en temps normal - des contrôles rétablis par cinq pays au plus fort des arrivées de migrants en Grèce. Il avait toutefois assuré qu'il s'agissait d'une situation exceptionnelle, justifiée par la porosité des frontières extérieures de l'UE, et avait fixé pour objectif un retour à la normale d'ici à décembre 2016. Mais cet objectif n'a pas été tenu. En accordant ce nouveau feu vert, l'exécutif européen a souligné que les dérogations aux règles de Schengen "ne pourront pas se prolonger pour toujours", et que les contrôles réintroduits devaient se faire "dans des conditions strictes et seulement à titre de dernier recours".

 

Berlin a déjà annoncé son intention de justifier à l'avenir ses contrôles aux frontières en se basant légalement non plus sur le motif migratoire mais sur la menace terroriste, à l'image de ce que fait la France.

 

Tous les états membres de l’UE ne font pas partie de l'espace Schengen, mais 4 autres états en font partie. L’accord de Schengen a été signé le

Le règlement Dublin est un règlement européen qui détermine l'État membre de l'Union européenne responsable d'examiner une demande d'asile en vertu de la Convention de Genève (art. 51) dans l'Union européenne. Il a été réformé en juin 2013.

Contrôles aux frontières intérieures de l'espace Schengen prolongés
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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 23:25

Le SAMIE créé en septembre 2015 accueille au foyer Bellevue à Châlons-en-Champagne des mineurs isolés étrangers dans un ancien foyer de travailleurs immigrés transformé en résidence sociale. Les mineurs isolés partagent ce lieu d’hébergement avec d'autres résidents adultes qui sont dans une situation sociale précaire.

 

Il y a quelques semaines, une éducatrice, déléguée du personnel de l’association la Sauvegarde, a été alertée sur les conditions d’accueil de ces mineurs mis à l’abri par le département de la Marne. Les constatations observées lors de sa visite sont effarantes :

  • Un bâtiment non sécurisé, dans un quartier difficile de Châlons-en-Champagne avec des conditions d’hygiène dégradées (blattes dans les sanitaires, moisissures dans les chambres…)
  • Mélange de mineurs en attente d’évaluation, de jeunes confiés à la protection de l’enfance, et de majeurs en grandes difficultés sociales
  • Pas d'ailes distinctes entre les mineurs isolés et les autres résidents.
  • Pas d’espace commun passé 18h.
  • Pas de véritable cadre éducatif, lié à un manque de moyen cruel (4 éducateurs pour 73 mineurs)
  • Pas de numéro pour joindre quelqu'un en cas d'urgence, notamment la nuit.
  • Absence de personnel de nuit de 18h à 9h : les jeunes peuvent sortir la nuit et faire entrer des personnes comme bon leur semble.
  • Grand sentiment d'insécurité la nuit, les jeunes se cloîtrent dans leur chambre, terrorisés par des adultes en état d’ébriété
  • Mauvais accès aux soins médicaux, manque de suivi des jeunes en difficultés sanitaires et psychologiques
  • Désengagement des éducateurs qui expliquent aux jeunes qu’ils ne sont pas décisionnaires, l’ASE étant la tutelle.
  • Intervention récurrente de la police à l’intérieur du centre pour expulser ou arrêter les jeunes en fin de prise en charge.
  • Peu de relais pour préparer les sorties vers d’autres structures, notamment d’hébergement d’urgence, en fin de prise en charge ou d'arrivée à la majorité
  • Pas de scolarisation ni de cours de Français Langue Etrangère pour les jeunes en attente d’évaluation, parfois pendant plus de 4 mois. Pendant ce temps, les délais courent.
  • Mauvais accompagnement scolaire des jeunes scolarisés, pas d’aide aux devoirs, peu de travail sur le projet d’orientation

Au lendemain de la mort de Denko Sissoko, jeune résident du foyer qui s’est défenestré par peur de la police, Ibtissam a témoigné sur les conditions indignes d’accueil des jeunes au foyer Bellevue. Quelques jours plus tard, elle recevait de sa direction une convocation à un entretien préalable et elle risque aujourd’hui un licenciement, après 16 années au service de la Sauvegarde de la Marne !

Nous, travailleurs sociaux, associations de défense des droits, syndicats ou simples citoyen.ne.s sommes révoltés par le comportement de cette association qui au lieu de remettre en cause la manière dont elle gère une mission de protection de l’enfance, préfère contraindre au silence celles et ceux qui s’indignent et cherchent à améliorer la prise en charge de ces jeunes.

C’est pourquoi nous vous invitons à un rassemblement pendant l’entretien préalable d’Ibtissam devant le siège de la Sauvegarde de la Marne pour soutenir notre collègue.

Rassemblement de soutien à Ibtissam

Lundi 30 janvier à 9h30

Devant la Sauvegarde de la Marne

34 Grande Rue, 51430 BEZANNES

Appel soutenu par : Le GISTI, Le Réseau Education Sans Frontières (RESF), Le collectif Mandela 74, Solidaire Marne (Dominique Forestier, secrétaire départemental), l’ADMIE (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Etrangers), La Boussole 02

 

 

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