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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:09
"Jungle" de Calais : les premiers réfugiés accueillis dans la région

Dans le cadre du démantèlement du campement de la Lande de Calais, chaque préfet a développé les capacités d’accueil sur le territoire de son département.

Dans l’Aisne, quatre centres d’accueil et d’orientation (CAO) ont été créés. Le département de l’Aisne accueillera 118 personnes. Ces centres sont situés à Laon, où l’Afpa a mis à disposition des chambres permettant d’accueillir quarante personnes dont des familles ; à Essômes-sur-Marne, où l’association Coallia va accueillir quarante personnes ; à Crouy, où l’association Accueil et Promotion mobilise les capacités d’hébergement d’un hôtel spécialisé en hébergement d’urgence afin d’accueillir dix-huit personnes ; à Merval, enfin, où l’association Coallia va prendre en charge vingt personnes.

Dans les Ardennes, une cinquantaine de migrants en provenance de la jungle de Calais sont attendus à Charleville-Mézières. Ils seront hébergés au sein du foyer de jeunes travailleurs dans le quartier de la Houillère. Le maire de Charleville, Boris Ravignon, a clairement affirmé ce lundi son opposition : "La municipalité désapprouve totalement cette opération, sur la forme comme sur le fond (...). Nous nous étonnons que le gouvernement se décide, à quelques mois des élections, à régler une situation laissée à l'abandon depuis plusieurs années (...). Sur le fond, nous pensons que la France ne peut accueillir tous les migrants qui viennent à se trouver sur notre territoire".

Dans l’Aube, qui devrait également accueillir des réfugiés, la préfecture n'a pas encore communiqué sur le dispositif. Selon la préfecture de région, 28 personnes sont arrivés hier lundi

Dans la Marne, un bus en provenance de Calais a fait étape. Seize migrants sont descendus à Sainte-Ménehould. Ces personnes, quinze Soudanais et un Tchadien, seront hébergés dans des locaux du Foyer rémois et dans un gîte communal de La Grange-aux-Bois. Seize autres personnes, dont des familles, devraient arriver à Sainte-Ménehould d'ici mercredi. D'autres réfugiés doivent encore arriver à Reims, Châlons-en-Champagne, Sézanne. 85 réfugiés pourraient arriver cette semaine dans la Marne.

En Haute-Marne, 24 migrants sont accueillis à Langres dans un centre d'accueil et d'orientation (CAO) installé dans l'ancien EHPAD.

La préfecture de région précise que 83 % des migrants accueillis dans notre région sont de nationalité soudanaise.

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 19:49
20161024 De Calais à Amiens

Aujourd’hui, c’est le jour de l’image, celui où sont présent-e-s des centaines de journalistes, celui où peuvent enfin partir les personnes qui attendaient parfois depuis des semaines ou des mois, ayant fait le choix souvent par défaut de rester en France, une précieuse place dans un Centre d’Accueil et d’Orientation.

L’expulsion et la destruction à proprement parler ne commenceront que demain, la scène d’aujourd’hui est celle de personnes qui veulent partir, par choix ou par peur de la suite. Simplement, ce départ éclair pour raison d’expulsion rend des images de foules et d’exode, on a l’impression que des conditions plus dignes auraient pu être offertes dans un cadre plus apaisé…

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/

En seconde partie, nos impressions sur le procès en appel des 8 de Goodyear.

http://lechatnoir.perso.sfr.fr/radio/20161024-De-Calais-a-Amiens.mp3

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 16:09
Le “refugisme”, idéologie de l’Europe Forteresse

Une des nouveautés de cet été, marqué par les migrations, a été le déploiement d’une nouvelle idéologie de l’accueil sélectif : le “refugisme”. Selon cette représentation, les flux migratoires doivent être classés en fonction de la légitimité de critères distinguant migrants «de guerre» ou «politique» de ceux purement économiques, en assurant aux premiers les cachets et les signatures nécessaires pour rester. D’une part, cette approche est entièrement conforme à l’histoire récente des politiques migratoires, basées sur le principe selon lequel le voyage est une activité devant être soumise à des exigences de sélection, avec une attention particulière à la fonctionnalité des migrants dans le processus d’extraction de la valeur. D’autre part, apparaissent des éléments novateurs qu’il est nécessaire de reconstruire.

La catégorie juridique du rescapé, ou de réfugié politique, n’est pas née avec la rhétorique de ces dernières semaines. Cependant, c’est maintenant qu’elle semble prendre une centralité particulière dans le discours politique. Les institutions européennes ont toujours eu tendance à ignorer, lorsque c’était possible, la présence sur leur territoire des migrants «non économiques», parce que les qualités juridiques de ceux-ci en faisaient des personnes difficile à administrer : des femmes et hommes dont l’«accueil» était imposé par le droit international même s’il ne donnait pas accès à une bourse d’étude ou une invitation à occuper un poste de travail. Mieux vaut insister sur la discipline des entrées ordinaires en reliant la délivrance des visas avec l’hypothèse précédente en cherchant ainsi à distinguer le présumé voyageur discipliné de celui laissé sans contrôle, potentiellement annonciateur de trouble à l’ordre public.

Les flux de ces derniers mois ont rendu nécessaires une nouvelle approche, dont le gouvernement allemand a tenté ces dernières semaines, avec des résultats mitigés, d’en faire la promotion. Les migrations d’aujourd’hui sont le produit des bouleversements politiques en Afrique du Nord et en Asie occidentale. Sur ces mouvements de population pèsent les guerres civiles en Libye et en Syrie : la première pour avoir ouvert depuis longtemps des brèches dans la gestion draconienne de flux subsahariens que Kadhafi avait, en son temps, convenu avec Berlusconi ; la seconde pour avoir conduit des millions de personnes des régions de la Syrie vers les pays devenus à leur tour instables comme l’Irak, le Liban ou la Turquie et pour avoir donc produit le désir de poursuivre le voyage vers des pays plus riches – ceux de l’Europe du Nord.

Dans cette situation où, sans tomber dans la propagande alarmiste des médias officiels, le nombre de migrants a considérablement augmenté – ainsi que leur détermination à passer les frontières et d’atteindre les destinations qu’ils ont choisies, même au prix de la résistance aux contrôle d’identité et aux violences policières – les capitales européennes n’ont pas cessé d’avoir besoin de main de œuvre à faible coût, mais en même temps, elles ne peuvent renoncer, par l’intermédiaire des classes dirigeantes, à bénéficier de la haine (préexistante ou induite) de la plupart des populations subissant l’austérité envers les masses de nouveaux arrivés/arrivants. Le regain d’intérêt pour la catégorie de «réfugié» est d’être le nouveau critère permettant d’administrer l’exclusion là où le recours aux procédures ordinaires ne semble plus possible.

Cela ne signifie pas que le critère économique ne continuera pas d’être un moteur de l’action institutionnelle. Le gouvernement Merkel, pour le compte de l’entrepreneuriat allemand (mais en contradiction avec certaines tensions de l’Allemagne profonde), regarde avec intérêt l’entrée des migrants syrien qui voyagent actuellement en provenance de la Turquie. Appartenant souvent aux classes éduquées, venant d’un pays où le système éducatif est plutôt avancé, souvent importateurs d’une force de travail spécialisée ou de tendance cognitive (par opposition aux migrants d’autres pays, en grande partie orientés vers de l’occupation d’emploi générique), ils semblent représenter une marchandise humaine potentiellement fructueuse pour les entreprises allemandes. Un tel plan nécessite, cependant, une bureaucratie de l’immigration efficace. Pour cela, des pays de la frontière comme l’Italie et la Grèce sont maintenant encouragés à mettre en place rapidement et rigoureusement des centres d’identification, de classification et de déportation («hotspots», «points chauds») qui permettront une entrée en douceur en direction des frontières du nord (précondition nécessaire pour l’admission développée à l’étape factuelle de la « solidarité » allemande).

Ce n’est pas tout. La Syrie représente notoirement une cible militaire pour les Etats-Unis et la France, comme en son temps la Libye, qui a été plongée dans le chaos par les bombardements (y compris italiens) en 2011. Se focaliser sur la tragédie humanitaire syrienne peut aussi avoir, pour les puissances européennes, un avantage propagandiste-militaire : préparer leurs populations à l’éventualité d’une intervention armée. Le facteur politico-militaire est fortement à l’œuvre dans toute la phase actuelle. Le tournant nord-irakien de 2014, a ouvert une phase d’instabilité qui a libéré, selon une ligne de force contrastée, de l’énergie et de l’espace pour de nombreuses contradictions préexistantes, dormantes ou latentes, en Asie occidentale : de la crise des régimes arabes et des gouvernements fantoches à l’héritage politico-militaire des résistances afghane et irakienne, jusqu’à l’approfondissement de l’opposition sunnites-chiites et aux questions irrésolues des Kurdes, du Liban, de la Palestine.

Ce qui se passe en ce moment n’est que l’un des effets secondaires de cet incendie aux multiples facettes, et les migrants d’aujourd’hui, comme ceux de tous temps, apportent avec eux ce bagage de tension politique et sociale. Ce n’est pas un hasard si la dynamique de la migration à laquelle nous assistons, de Vintimille à Calais, en passant par Gevgelija et Rozske, assume les caractères d’une véritable rébellion. Ce serait faire preuve de myopie que d’ignorer les contradictions qui parcourent la planète avec les êtres humains, ainsi que celles qui habitent les êtres humains qui errent sur la planète. L’univers migrant n’est pas un espace évanescent et éthéré, mais un univers matériel déchiré, déchiquetée, stratifié. Pouvons-nous oublier les bateaux arrivés en Sicile avec les Libyens, les Syriens et les Nord-Africains autorisés à respirer, et les Bangladais et Pakistanais tués dans la cale, avec les subsahariens écrasés à mort au fond du fond, sous la poupe, dans une terrible hiérarchie raciale de l’accès à l’espoir ou à la mort des êtres humains ?

Il est ce processus de sélection, de filtrage et de hiérarchisation – à la fois dans la forme sauvage du marché illégal et dans ce marché institutionnel légal – que nous, aujourd’hui, refusons très clairement. L’appel à la solidarité généralisée caractérisée par la rhétorique «refugiste» peut alors, en ce moment, prendre un sens dangereux et ambigu. Il faut démonter l’idée que les conditions économiques ne constitueraient pas une base légitime pour la décision de partir, en considérant non seulement que le bien-être et le mal-être économique des différentes zones géographiques et classes sociales sont interconnectées, mais aussi que la dynamique des guerres et des persécutions politiques ont des origines économiques à chaque fois bien identifiables.

La critique de la politique de la mort et de la subordination exécutée dans la Méditerranée ne peut pas, au final, aplatir les notions de liberté, d’oppression ou de guerre sur les définitions – selon une représentation partielle, historiquement située et politiquement restrictive et insuffisante – du droit international. Si les gains obtenus par des droits acquis doivent toujours être revendiqués, lorsque les conquêtes historiques affleurent des sédimentations juridiques à la suite des luttes et des bouleversements du passé, notre intérêt est de construire une opposition vivante pour le changement, dans les bouleversements d’aujourd’hui. Cette opposition se nourrit d’une solidarité différente de celle (hypocrite) des institutions, et qui avec les frontières des États, dépasse également la staticité des catégories juridiques certainement ambivalentes, mais pliées par le discours dominant à la nécessité d’administrer, de gérer et de contrôler de nouvelles et redoutables contradictions sociales.

Source : http://www.infoaut.org/index.php/blog/editoriali/item/15441-il-%E2%80%9Cprofughismo%E2%80%9D-ideologia-della-fortezza-europa

Traduc . MP

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 07:19

Alors que le compte des noyés dans la Méditerranée, cette mer cimetière, s’accroît tous les jours, les médias tournent en boucle et assènent que les pays européens et leurs polices s’affairent à «sauver» les migrants irresponsables qui – non content d’enrichir des passeurs véreux – prennent des risques inconsidérés pour traverser les frontières sur des bateaux surchargés et dangereux.

Il n’en reste pas moins qu’ils sont toujours de plus en plus nombreux à se noyer et quand la police en intercepte, les «sauver» veut dire, au mieux, les enfermer et tenter de les expulser. La présentation sous les oripeaux de l’humanitaire du type de gestion qui leur est imposé n’est que le complément du contrôle des migrations, et ne sert qu’à amoindrir l’effet d’intolérable de la violence de ce qui se passe, à dépolitiser ce qui est en jeu. Si de très nombreuses personnes paient cher pour des traversées dangereuses et souvent mortelles, c’est parce que, pour eux, il n’est pas possible de traverser les frontières tranquillement et légalement. C’est donc bien le système de contrôle et de gestion des flux migratoires, dont l’humanitaire est un des rouages, qui est responsables de ces morts, de ces dettes et de ces épopées souvent tragiques.

Pendant ce temps, dans Paris, plusieurs groupes de migrants accompagnés par quelques associations humanitaires, et désormais soutenus par un grand nombre de voisins et militants, subissent un harcèlement policier intolérable. Si les migrants de La Chapelle et d’Austerlitz sont expulsés de leurs campements de fortune, arrêtés, mis en rétention, ou «dispersés» comme on fait de poussières indésirables, c’est parce que, comme aux frontières extérieures et intérieures de l’Europe, l’objectif est de les rendre invisibles, à fortiori dans la capitale, première destination touristique mondiale, eux qui contestent par leur existence même le bien fondé des politiques migratoires mises en œuvre en Europe depuis plusieurs dizaines d’années. Aux migrants dont la force tient principalement au fait qu’ils restent ensemble et agissent collectivement, il n’est proposé par les associations humanitaires et la plupart des partis politiques que des «hébergements précaires» (quelques nuits au maximum) et dispersés (on a même vu des bus emmener les migrants... nulle part).

Poser politiquement et collectivement les enjeux. Politiquement, vous avez dit politiquement ?

Face à cette situation, il est urgent de reprendre l’initiative et de s’organiser sur des objectifs précis élaborés collectivement pour obtenir des avancées réelles pour tous. En effet la gestion humanitaire et la gestion gouvernementale ont pour point commun d’empêcher de poser les enjeux politiques liés à la question des migrants et de contribuer à gérer leur invisibilité. Contre cette logique, à nous de les aider à rester ensemble et à accroître leur visibilité.

Comme dans toutes les luttes, un certains nombres de questions ou de problèmes se posent, il y a un certain nombre de choses à affronter. Pour permettre qu’un peu de tactique se dessine, que le rapport de force soit travaillé de manière plus fine et efficace, il faut que les migrants puissent discuter collectivement afin qu’ils soit en situation d’énoncer ce qu’ils veulent et faire en sorte de l’obtenir. Et c’est aussi cela qui permettra, en les articulant et en les posant de la manière la plus adéquate possible, de résoudre les problèmes multiples auxquelles leur situation les confronte (papiers, logement, amélioration des conditions de santé...).

Nécessaires et réciproques auto-organisations

Il est grand temps de commencer à gagner, et pour ça il faut sortir de la mauvaise urgence, du temps de l’humanitaire, pour rentrer dans le temps de la lutte, qui doit être un moment d’amélioration des conditions de vie de tous et de chacun. La lutte, il faut que ça commence à payer.

Pour ne pas laisser les migrants à la merci de la gauche, la meilleure chose que l’on puisse faire c’est de, nous aussi, être organisés, non pas pour montrer l’exemple mais parce qu’il nous faut également sortir de l’impuissance et trouver comment fonctionner pour sortir des relations de soutien interindividuelles.

Certains d’entre nous ont en mémoire qu’après l’expulsion de Saint-Ambroise lors du mouvement des sans-papiers de 1996, SOS Racisme (en tant que relais de la politique d’immigration du Parti Socialiste) avait déjà voulu sélectionner 50 sans-papiers qu’ils se proposaient «d’héberger» temporairement dans leur local, cherchant ainsi à casser la lutte par la dispersion de ses participants. Si ceux-ci ont pu refuser efficacement cette division très concrète, c’est parce qu’ils s’étaient déjà organisés dans la lutte, mais aussi parce qu’ils ont compris qu’ils pouvaient compter, hors de la logique humanitaire, sur l’aide et l’assistance de composantes de la lutte qui avaient des papiers.

Ne restons pas désarmés et ne nous laissons pas reléguer au rang de témoins des «réunions unitaires» qui sont en train de s’organiser. Pour ne pas laisser le monopole de l’organisation – et surtout de l’initiative – aux structures, partis et humanitaires, c’est un espace pour discuter, réfléchir, élaborer et agir qu’il faut commencer à construire. Un tel lieu permettrait par exemple de tirer le bilan croisé des tentatives des derniers jours parmi lesquelles l’occupation de l’ancienne caserne et des conditions dans lesquelles elle a été levée, ainsi que des premières arrestations et des mises en centre de rétention.

Nous, voisins bienveillants, militants têtus, passants assidus, nous les «irresponsables» qui empêchons Valls de «bien travailler avec Emmaüs et France Terre d’Asile», il nous appartient de trouver le moyen de nous organiser pour agir au côté des migrants dans cette lutte pour la liberté de circulation et d’installation pour tous.

Paris, le 16 juin 2015

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 11:31
Immigration : a qui profitent ces milliers de morts

C’est par milliers que la Méditerranée engloutit les cadavres de ces immigrés qui essayent de s’échapper de l’enfer, aux quatre coins du globe. Face àcette situation, nous sentons bien qu’une réaction humaine ne peut être que de venir au secours de ces êtres humains en détresse. Oui, mais voilà, l’on se dit en même temps : que va-t-il se passer ? L’Europe ne risque t-elle pas de voir une véritable invasion ?

Il y a tellement de gens, de partis politiques, qui nous disent qu’il y a déjà trop d’immigrés. Oui, aujourd’hui, la population en Europe est prisonnière de ces peurs. Peur de perdre son travail, peur de voir l’économie se désorganiser, peur même de perdre son identité.

Nous nous sentons coincés parce que nous avons accepté trop de choses, depuis trop longtemps, du système en place. Ce système nous dit qu’il est le meilleur au monde, le plus respectueux des droits de l’homme. Mais en réalité, ce monde est construit et ne vit que sur toute une cascade d’inégalités, d’injustices.

Ce système a longtemps profité du travail des immigrés. Jusqu’à il y a 50 ans, l’Etat allait chercher ces immigrés chez eux, au Maroc, au Sénégal, par milliers. C’était une main d’œuvre idéale pour les travaux sales, mal payés. Il était plus facile de faire faire ce travail àdes travailleurs sans racines, sans liens avec la population, sans moyens de se défendre collectivement.

Les immigrés sont devenus un rouage essentiel du système. Car les patrons, l’Etat, se servent d’eux pour faire comprendre à la grande majorité des autres, qui sont mal payés, ou qui travaillent dur : «ne vous plaignez pas, regardez, il y a pire!» Et on nous a appris à mépriser l’émigré, au lieu de voir en lieu un travailleur.

La crise de 2008 est venue des banquiers, qui se sont mis eux-mêmes en faillite par leurs magouilles. La crise a aggravé le chômage. Mais ce sont les immigrés qu’on a accusés de la montée du chômage. Et si nous devons payer plus d’impôts, voir les salaires bloqués, c’est pour renflouer l’Etat qui a sauvé les banques.

L’immigré a bon dos; il sert régulièrement de bouc émissaire. En France, nous sommes des millions à avoir des parents, des grands parents, qui ont été des émigrés. Ils sont arrivés, eux aussi, dans des conditions dramatiques, mais ils sont arrivés.

Aujourd’hui, l’Europe, la France la première, a mis en place un mur invisible pour interdire aux pauvres d’y entrer. On a obligé les pays alentour, le Maroc et bien d’autres, à tout faire pour rendre impossible un départ vers l’Europe. On interdit de venir légalement, après quoi on dénonce les passeurs qui en profitent !

On nous répète que nous faisons déjà beaucoup, que nous ne pouvons pas héberger tout le monde. Mais si l’on prend l’exemple de la guerre en Syrie, la France a accueilli 4 500 réfugiés. Un petit pays comme le Liban, avec 4,5 millions d’habitants, en a reçu sur son sol 1 200 000.

L’idée d’invasion n’est qu’une peur. C’est simple : même si un million de personnes arrivaient en Europe, cela signifierait que la population du continent va augmenter de 0,2 %, puisque nous sommes 500 millions d’Européens. L’Europe est riche, et comprend beaucoup de riches. Mais même si l’on devait partager entre nous, gens modestes, pour permettre aux arrivants de vivre, cela coûterait à chacun de nous... 3 ou 4 euros par mois, 0,2 % de nos salaires.

Beaucoup d’émigrés partent de Libye. La Libye, la France, l’Europe, y ont fait la guerre en 2011. Alors, la moindre des choses est qu’ils assument. Et la moindre des choses pour nous est que nous ayons un comportement humain, que nous insistions pour qu’on aille au secours des gens en détresse. En attendant de reposer le problème d’une véritable aide de ces populations, qu’on a beaucoup exploitées jusqu’ici.

On nous divise pour mieux régner. A nous de ne pas nous laisser devenir inhumains.

L’Ouvrier, 20/4/2015

L’OUVRIER BP 64 - 94202 IVRY/SEINE CEDEX

Diffusé par Organisation Crommuniste Libertaire

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 19:30

Le mardi 3 février 2015, les agents de la Cour Nationale du Droit d'Asile (CNDA) se sont rassemblés devant la Cour pour exprimer leur mécontentement face à l’augmentation constante de leur charge de travail.

En l’absence d’ouverture de négociations immédiates de la part de la direction de la CNDA, les agents ont voté, lors de l’assemblée générale, la reconduction de la grève pour le mercredi 4 février 2015.

La charge de travail, en constante augmentation depuis plusieurs années, soumet les agents à un rythme insoutenable qui met en danger la qualité de leur travail pour les demandeurs d’asile… et la réforme de l’asile, actuellement en débat au parlement, prévoit d’accélérer encore les procédures.

Le 16 décembre 2014, l'Assemblée Nationale a voté le projet de loi relatif à la réforme de l’asile en première lecture. Le texte passera devant le Sénat dans les prochaines semaines. D’ores et déjà, l’orientation choisie est celle de l’accélération des procédures de jugement sans prise en considération du futur alourdissement de la charge de travail des agents de la Cour.

Avec plus de 37 000 affaires jugées en 2014, la CNDA est la première juridiction administrative de France. Mais avec seulement 150 rapporteurs, et 60 secrétaires d’audience, la charge de travail imposée par la direction (372 dossiers à instruire par an pour un rapporteur et 56 audiences par secrétaires) risque d’entraîner de graves conséquences sur la qualité de traitement des dossiers des demandeurs d’asile, qui constituent déjà un public particulièrement vulnérable.

L'unique revendication des syndicats : la diminution significative de la charge de travail des agents de la Cour, de l’ordre de 30%, pour une justice de qualité, assurant à chaque justiciable un procès juste, équitable et impartial, dans lequel tous les aspects de sa demande auront pu être traités. Les syndicats préconisent de passer de 372 dossiers par an actuellement à 271 dossiers à traiter, et d’une diminution proportionnelle du quota d’audiences annuel pour les secrétaires. Les agents ne présentent aucune revendication salariale en dépit de salaires bas et très inégaux entre contractuels et titulaires.

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 10:35

Demandeurs-asile-Chalons-20130619.jpgDepuis l’été 2012 beaucoup d’immigrés arrivent en nombre à Châlons. «Une situation qui s’explique par le fait que les demandeurs d’asile doivent faire leurs démarches auprès de la préfecture de région et aussi par le fait que l’attente pour obtenir un rendez-vous est beaucoup plus courte qu’en Île de France par exemple. Le délai d’attente varie de quatre à six semaines à Bobigny quand il est de seulement trois à quatre à Châlons-en-Champagne».

Très souvent, ils se retrouvent devant la plate-forme d’information et d’accueil des demandeurs d’asile gérée par la Croix-Rouge. Beaucoup d’entre eux sont en famille avec des enfants souvent en bas âge mais il y a aussi des personnes seules. La majorité provient des pays de l’est, Arménie, Kosovo, Albanie, Géorgie et également des Africains. Tant qu’ils ne sont pas passés par la préfecture les immigrés n’ont aucun droit. «Leurs conditions de vie sont très difficiles et très précaires. L’État, dont c’est la compétence et la responsabilité, essaie d’en mettre quelques-uns à l’abri mais se sont surtout les associations et le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de Châlons qui réalisent l’essentiel du travail de suivi».

Cela fait maintenant quelques mois que le Secours catholique note une nette diminution du nombre des migrants se présentant à l’accueil dans l’espoir d’avoir de l’aide.«Au début de l’année nous comptions environ 80 personnes chaque matin dans nos locaux pour recevoir des dons alimentaires. Désormais depuis le mois de novembre on est retombé à quelque chose de plus normal, entre 30 et 40 personnes».

Cette diminution proviendrait du fait que les migrants sont dirigés désormais sur des plate-formes d’hébergement telles que l’Adoma à Épernay ou l’Armée du Salut à Reims. Châlons s’en trouverait donc désengorgé mais cela ne signifie pas que le nombre global des demandeurs d’asile a baissé.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:29

kirikou-7b549.jpgL’exemple de la Marne

Fin décembre dernier, Dominique Baudis, le Défenseur des Droits, déplorai que «de nombreux mineurs isolés étrangers se voient déclarés majeurs, même munis de papiers d'identité attestant de leur minorité. Le doute doit systématiquement leur profiter».

«Quand un mineur étranger isolé arrive à nos guichets, mineur en danger physique et moral, ses papiers sont vérifiés puis il est pris en charge par le procureur puis par l'Aide sociale à l'enfance (ASE)», explique le secrétaire général de la préfecture de la Marne.

En clair, l'histoire normale veut que lorsqu'un jeune mineur isolé étranger se trouve sur le sol français, il est supposé être pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, compétence du Conseil général.

«Nous mettons tout sur pied afin de savoir si ces enfants isolés étrangers sont mineurs car si tel est le cas ils dépendent de l'aide sociale à l'enfance. Nous sommes prêts à exercer nos responsabilités pour les enfants qui dépendent de nos dispositifs. Mais attention faisons bien la différence entre politique de l'enfance et immigration. Ne soyons pas les complices de filières de passeurs qui connaissent notre législation et déposent des jeunes (mineurs et majeurs) dans les gares ou devant notre foyer de l'enfance», déclare le président du conseil général de la Marne.

Comment est déterminé le fait qu’un jeune est majeur ou mineur, même s’il dispose de documents d’identité du pays d’origine ? Depuis 1959, en effectuant une radio du poignet, uniquement chez les garçons, parce que chez les filles, la fin de croissance est généralement terminée avant 18 ans, qui  permet de dire, par la méthode de Greulich et Pyle,  en vérifiant la cicatrisation osseuse, que la croissance est terminée.

L'Académie de médecine, saisie en 2006 par les ministères de la Justice et de la Santé et des Solidarités «confirme que la lecture de l'âge osseux par la méthode de Greulich et Pyle universellement utilisée, permet d'apprécier avec une bonne approximation l'âge de développement d'un adolescent en dessous de 16 ans. Cette méthode ne permet pas de distinction nette entre 16 et 18 ans ; rappelle qu'il existe cependant des situations relativement rares où âge de développement et âge réel comportent des dissociations, la plupart d'entre elles conduisant à une sous-estimation de l'âge réel en particulier chez les garçons ; recommande la double lecture de l'âge osseux, par un radio pédiatre et un endocrino-pédiatre ; souligne que l'examen clinique en milieu spécialisé avec détermination du stade de développement pubertaire, et éventuellement contrôle six mois plus tard, augmente la fiabilité de la détermination».

Ces tests osseux devraient forcément être ordonnés par le procureur de la République, dans un cadre légal. Or, le Conseil général de la Marne dit qu'il arrive que, en tant que représentant légal du mineur qu'il recueille via l'aide sociale à l'enfance, il demande un examen osseux dans le cadre d'un bilan de santé général.

Selon des travailleurs sociaux, «toute la démarche doit être faite avec le consentement éclairé du jeune. S'il est isolé, il doit être représenté par un représentant légal. Un jeune mineur, qui plus est seul dans la nature, doit être accompagné. Le test osseux doit être effectué par une équipe médicale (médecin, psychologue, radiologue, experts auprès des tribunaux). Avec le test osseux, on touche à l'intégrité physique de la personne. Le jeune doit être consentant ; pour l'être, il doit avoir donné son consentement à son représentant légal, et un interprète est nécessaire s'il ne parle pas français. Toute cette démarche n'existe pas actuellement».

Faire deux tests osseux, des radios, espacés de six mois, qui donnerait une réponse moins douteuse.

La loi (article 47 du code civil) indique que «tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité».

Des jeunes de 15-16 ans munis d'actes de naissance de leurs pays d'origine sont déclarés… majeurs suite à ces tests osseux à la fiabilité douteuse, tests effectués suite à une décision judiciaire émanant du parquet ou du juge des enfants. Preuve à l’appui : «Regardez, ces trois enfants nés bien avant 1993 dans leurs pays respectifs sont considérés comme nés le 1er janvier 1993». Pas de coup de blanc mais un trait avec une règle sur le document… Un acte de naissance du 6 juin 1996 certes paraphé à des milliers de kilomètres de Châlons devient : date de naissance 1 janvier 1993.

Derrière le fait de savoir si un jeune est majeur se cache une question de compétences : mineur, il dépend de l’ASE, donc du conseil général, majeur, c’est à l’Etat de le gérer !

Les jeunes étrangers qui étaient jusqu'alors suivis sur Paris et sa proche banlieue sont aujourd'hui répartis non plus sur le 9-3 et autres départements Franciliens, mais bien sur une très grosse couronne parisienne comprenant aujourd'hui… le département de la Marne. Un mineur isolé «coûte» 65 000€ par an (178€ par jour) au conseil général et il y en a eu 57 en 2012. «Ce qui représente 3,7 M€ payés non pas sur le plan ou sur la ligne nationale, mais bien par le contribuable Marnais». Actuellement, 37 jeunes mineurs (ou majeurs ?) isolés étrangers «poseraient problème» dans la Marne. Soit l'équivalent de 2,4 millions d'euros par an.

Pour le 11e vice-président en charge des dossiers enfance-famille, «Il faut un cadre, un respect des textes et des procédures car notre foyer de l'enfance n'est pas extensible». «Vu nos capacités d'accueil (480 places), il ne s'agit pas non plus d'agir au détriment des mineurs Marnais», persiste le président du conseil général.

En attendant une réponse du gouvernement aux 15 propositions faites par le Défenseur des Droits, des jeunes mineurs isolés se retrouvent dans la galère. Jusque quand ?

Ces gamins coûtent cher ? Bien moins que Vatry…

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 22:29

Depuis quelques années, les demandeurs d'asile doivent se présenter à la préfecture de région (et plus dans les préfectures des départements) pour pouvoir retirer leur dossier OFPRA.

C'est aussi la préfecture de région qui dirige celles et ceux qui le souhaitent verrs un hébergement (CADA ou autres), hébergement qui peut se faire dans d'autres régions.

Suite à une arrivée massive (c'est relatif), des dizaines de demandeurs d'asile se sont trouvés à la rue en ce mois d'octobre à Châlons-en-Champagne où la Croix-Rouge a installé son antenne mobile (PIADA) d'aide pour remplir le dossier OFPRA  (les demandeurs ont 21 jours pour remettre leurs dossiers à la préfecture qui les transmet à l'OFPRA).

Ils ont donc squatté dans la rue où se trouve le CADA de Châlons et une école désaffectée. Des associations leur ont fourni tentes, couvertures,... La mairie de Châlons a saisi la justice pour faire évacuer ce squat...

Dans le même temps, on apprenait qu'une solution d'hébergement avait été trouvée pour une partie de ces demandeurs d'asile, en particulier les familles avec des enfants en bas age.

On vient d'apprendre ce soir que sur les 10 personnes se trouvant encore à la rue, une solution d'hébergement avait été trouvée pour 9 d'entre elles, la 10ème ayant été placée en centre de rétention administrative.

Plus de demandeurs d'asile à la rue, mais jusque quand ? Et combien vont obtenir le fameux statut de réfugié ?

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