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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 09:13

Affiche Chooz 1Dans le cadre de son programme de surveillance, l'unité de production n° 2 de la centrale de Chooz a été arrêtée samedi 13 août afin de réaliser plusieurs essais, histoire de s'assurer du bon fonctionnement des matériels.

Une des actions préalables au redémarrage d'une unité de production consiste à ajuster la concentration en bore (une substance chimique qui, ajoutée à l'eau, participe au contrôle de la réaction nucléaire) du circuit primaire 2. Or, le 14 août, lors des opérations de redémarrage, cette concentration a été inférieure à la valeur requise par les règles générales d'exploitation. Dès sa détection, cet écart a été aussitôt corrigé par les exploitants de la centrale.

Cet événement n'a eu aucune conséquence sur la sûreté de l'installation. Cependant, s'agissant d'un écart aux règles générales d'exploitation, il a été déclaré ce jeudi à l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), au niveau 1 de l'échelle INES (Echelle internationale de classement des événements nucléaires), qui comporte sept niveaux.

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 10:12

Centrale de NogentDepuis le 22 juillet, l'unité 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine est à l'arrêt pour remplacer une partie du combustible.

Aux côtés des 700 salariés de la centrale EDF de Nogent-sur-Seine, près de 1 200 salariés d'entreprises partenaires sont attendus durant plusieurs semaines pour réaliser les activités et chantiers programmés.

Le 28 juillet, une équipe a procédé à l'ouverture d'une vanne pour permettre une intervention planifiée sur un circuit de sûreté situé dans le bâtiment réacteur n° 2. Or, les règles d'exploitation spécifient que cette opération doit être réalisée dans une autre phase de l'arrêt. Aucune conséquence ni rejet n'ont été constatés. C'est un contrôle interne qui a mis en évidence cet écart. La direction a déclaré cet événement à l'Autorité de sûreté nucléaire au niveau 1 de l'échelle internationale de classement des événements nucléaires qui en compte sept.

Il est aussi procédé au remplacement de l'un de trois pôles du transformateur de la tranche 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine. Cette opération s'inscrit dans le cadre de la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 10:04

nuc et singesCentrales

Chooz : L’ASN (1) considère que les performances en matière d’environnement du site de Chooz B sont en retrait et que les performances du site en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection rejoignent globalement l’appréciation générale des performances que l’ASN porte sur EDF. L’exploitant de Chooz a été confronté à de nombreux événements relatifs à la maintenance, qui ont remis fréquemment en cause la préparation des activités voire la compétence des équipes de maintenance. Concernant l’exploitation, l’ASN note qu’en 2010 les écarts de lignage ont été quasiment éliminés. Par ailleurs, 2010 a été marquée par des déformations d’assemblages, des difficultés lors des opérations de manutention de combustible et par des blocages de grappes. En matière d’environnement l’ASN estime que l’exploitant n’a pas pleinement intégré les décisions de 2009 réglementant ses rejets. Plusieurs événements ont ainsi été déclarés pour des non-respects de celles-ci. Le site devra progresser dans ce domaine en 2011.

Nogent-sur-Seine : L’ASN considère que les performances en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection du site de Nogent-sur-Seine rejoignent globalement l’appréciation générale que l’ASN porte sur EDF mais que les performances du site en matière d’environnement sont en retrait. En 2010, le réacteur 2 a été à l’arrêt pendant près de 3 mois dans le cadre de sa visite décennale et les contrôles déterminants en matière de sûreté se sont révélés satisfaisants. En revanche, plusieurs événements significatifs ont été déclarés à la suite de sorties de domaine autorisé (pilotage du réacteur) et à la suite d’erreurs de lignage de circuits en période d’arrêt de réacteur. En outre, l’ASN considère que les résultats du site restent satisfaisants dans les domaines de la radioprotection, des équipements sous pression, et du transport de matières radioactives.

Stockage aubeStockage de déchets

Le Centre de stockage des déchets de très faible radioactivité :

À la demande des exploitants nucléaires, des études techniques ont été menées par l’ANDRA et par SITA FD à partir de 1996 en vue de créer un stockage destiné aux déchets de très faible radioactivité. Le site de Morvilliers, non loin du Centre de stockage de l’Aube, a été choisi. Cette installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), autorisée par arrêté préfectoral en date du 26 juin 2003, offre une capacité de stockage de 650000 m3 et est opérationnelle depuis août 2003. Après deux ans d’exploitation, l’ANDRA a sollicité auprès du préfet de l’Aube l’autorisation de modifier les conditions d’exploitation. Il s’agissait de modifications concernant l’architecture des alvéoles de stockage (agrandissement des surfaces d’alvéoles d’une surface unitaire de 10 000 m2 en face à face transformée en une seule de 24 000 m2), la pente de la couverture et la règle de pompage des lixiviats. Cette autorisation, accordée par arrêté préfectoral complémentaire du 21 juillet 2006, permet à l’ANDRA la prise en compte du retour d’expérience des conditions réelles d’exploitation du centre de stockage.

Le Centre de stockage des déchets de faible et moyenne activité à vie courte :

En 1992, le Centre de stockage de faible et moyenne activité (CSFMA) a pris le relais du Centre de stockage de la Manche, en bénéficiant de son retour d’expérience. Autorisée en 1989, cette installation, implantée à Soulaines-Dhuys (Aube) offre une capacité de stockage de 1 000 000 m3 de déchets répartis sur 400 ouvrages de stockage. Les opérations réalisées incluent le conditionnement des déchets envoyés par les producteurs, soit par injection de mortier dans les caissons métalliques de 5 ou 10 m3 soit par compactage des fûts de 200 litres. Le confinement des déchets repose sur un système de trois barrières successives : le colis, la couverture des ouvrages de stockage et les sols sur lesquels le stockage est implanté. De fait, les activités du centre sont génératrices d’une très faible quantité d’effluents radioactifs. Ces rejets sont réglementés par l’arrêté du 21 août 2006 autorisant l’ANDRA à effectuer des rejets d’effluents liquides et gazeux et des prélèvements d’eau pour le Centre de stockage de l’Aube (INB 149). L’ASN a émis en 2006 un avis favorable à l’extension des activités de stockage dans la zone non encore exploitée et a demandé la réalisation d’études de sûreté complémentaires sur les risques d’explosion et d’incendie, et l’estimation et le suivi des impacts des radionucléides à vie longue (c’est-à-dire de période supérieure à 30 ans) et des toxiques chimiques. Au mois d’août 2008, l’ANDRA a transmis à l’ASN les réponses aux recommandations formulées par le Groupe permanent et aux demandes de l’ASN. Les règles générales d’exploitation ont été révisées en 2009 pour tenir compte des modifications introduites à la suite de la révision du rapport de sûreté et ont été approuvées en mars 2010 par l’ASN après avis de l’IRSN.

Le stockage en formation géologique profonde :

En 2009, l’ANDRA a inauguré à Saudron, à proximité de Bure, un centre de démonstration et d’information technologiques sur les concepts de stockage et de réversibilité. Ce centre accueille des prototypes et démonstrateurs technologiques qui ont été construits pour tester et valider les concepts industriels envisagés pour les installations nucléaires du centre de stockage. L’ANDRA a transmis fin 2009 un dossier présentant une mise à jour des options de sûreté et de réversibilité pour le stockage, du modèle d’inventaire des colis de déchets retenu pour le dimensionnement de l’installation de stockage, ainsi que les principes de conception des installations de surface envisagés. Ce dossier a été examiné le 30 novembre 2010 par les Groupes permanents d’experts pour les déchets et pour les laboratoires et usines sur la base d’un rapport présenté par l’IRSN. L’ASN prendra position début 2011 sur ce dossier. Elle retient d’ores et déjà que les dossiers examinés permettent d’identifier les points importants pour la démonstration de la sûreté d’un futur stockage dans la formation géologique retenue. Elle constate également que certains sujets devront être approfondis par l’ANDRA en vue du dépôt de la demande d’autorisation de création du stockage, tant pour la phase d’exploitation que pour la période après la fermeture du stockage. L’ASN s’assure, par des inspections au siège de l’ANDRA et sur le site de Bure, que les expérimentations sont réalisées selon des processus garantissant la qualité des résultats obtenus.

(…) En 2009, les études et recherches se sont poursuivies en vue de choisir un site et de concevoir le centre de stockage. Parmi les expérimentations menées par l’ANDRA, la campagne de reconnaissance depuis la surface a permis d’étudier la continuité latérale et la variabilité spatiale des propriétés des formations étudiées afin d’homogénéiser la connaissance de la zone de transposition. Une zone d’intérêt pour la reconnaissance approfondie (ZIRA), de 30 kilomètres carrés, en vue de l’implantation des installations souterraines du futur centre de stockage et des zones potentielles pour l’implantation des installations de surface (ZIIS) ont été proposées aux ministres en charge de l’énergie, de la recherche et de l’environnement fin 2009. Le 5 janvier 2010, l’ASN a donné un avis favorable au Gouvernement sur le choix de la ZIRA.Après approbation par le gouvernement de la ZIRA, l’ANDRA a engagé une reconnaissance approfondie (sismique 3D notamment) dans la ZIRA dont les résultats devraient être rendus disponibles d’ici fin 2011. L’ANDRA étudiera également en lien avec les collectivités locales les zones d’aménagement de surface sur les ZIIS, qui lui permettront au plus tard fin 2012 de transmettre le dossier nécessaire à l’organisation du débat public, et de proposer un site d’implantation pour le futur centre de stockage (surface et fond).

OrflamSites pollués

Orflam-Plast à Pargny-sur-Saulx (Marne) : En 1934, la société UTM (Unité de Traitement de la Monazite) entreprend une production de pierres à briquet par extraction du cérium contenu dans des minerais de monazite importés, puis de briquets sous la marque ORFLAM PLAST. À partir du même minerai, une production de nitrate de thorium pur destinée à l’exportation est également réalisée jusqu’en 1959. Le traitement direct de la matière première a cessé en 1967 au profit de matières préalablement traitées avant importation et exemptes de thorium et d’uranium. La société Orflam-Plast a été liquidée par décision du tribunal de commerce en mai 2006. Ce jugement a eu pour conséquence de libérer le liquidateur de toutes ses responsabilités vis-à-vis du site.Par décision administrative, le site Orflam a été transféré dans le domaine de l’État le 24 novembre 2008. Depuis début 2008, la réhabilitation du site est gérée dans le cadre de la Commission nationale des aides dans le domaine radioactif (CNAR). Depuis la fin octobre 2008, d’anciens dépôts de déchets contaminés provenant de l’usine d’Orflam-Plast ont été découverts et des travaux de mise en sécurité ont été réalisés. L’ASN a saisi l’IRSN pour analyser les sédiments, l’eau, la faune aquatique, les mesures obtenues ont permis d’autoriser l’ouverture de la pêche dans l’étang fin août 2009. Une cartographie spectrométrique héliportée a été effectuée les 29 et 30 juin 2009 sur une zone de 60 km2. Les zones actives préalablement une activité en thorium significativement supérieure au fond naturel local n’a été mise en évidence. La CNAR a statué fin 2009 sur les scénarios de réhabilitation des zones contaminées à l’extérieur du site et sur le site afin de débuter les travaux mi 2010. Une Commission locale d’information a été mise en place fin 2009. Le site de «l’étang» a été totalement assaini en 2010, et les activités de pêche ont pu être de nouveau autorisées en juillet 2010. Les travaux de réhabilitation du site de la «peupleraie» devraient s’achever début 2011. Les travaux sur le site de l’usine devraient débuter en 2011. Des servitudes spécifiques seront mises en place pour chacun de ces sites.

Rien sur le nucléaire militaire, donc sur le site de Moronvilliers.

 (1)     Autorité de Sûreté Nucléaire

(2)     Institut de Recherche sur la Sûreté Nucléaire  

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 13:26

            Explosions multiples, enceintes de confinement pulvérisées, cœurs en fusion, cuves transpercées – on en passe -, tout ce que les nucléaristes considéraient comme « extrêmement improbable » s'est manifesté en bloc au Japon, troisième puissance mondiale réputée pour sa virtuosité technologique. D'une envergure inédite - non pas un mais quatre réacteurs ont répandu, simultanément ou à tour de rôle, leur radioactivité dans l'environnement -, la catastrophe de Fukushima-Daiichi en est encore, après trois mois, au stade de l'accident : chaque jour qui passe ou peu s'en faut apporte son lot «d'incidents» et de «difficultés imprévues», retardant d'autant la  dérisoire « stabilisation » que l'exploitant Tepco n'espère plus atteindre avant janvier 2012.  L'accident interminable de Fukushima vient ainsi opposer un démenti cuisant à la «toute-puissance» des techniciens et des pouvoirs publics, fussent-ils américains, japonais ou français : la machinerie mondiale dans laquelle nous nous sommes peu à peu laissé prendre, croyant contre toute vraisemblance que l'on nous tiendrait à l'abri de ses plus violents emballements, même eux ne la maîtrisent plus.

              Le  cynisme qui caractérise la gestion de catastrophe – qu'elle soit soviétique ou japonaise  ne change rien à l'affaire - n'a pas tardé à apparaître comme tel aux populations vivant à portée de la centrale de Fukushima. De même que le nuage de Tchernobyl ne s'était pas opportunément arrêté aux frontières françaises, le nuage japonais ne s'est pas immobilisé dans la « zone d'évacuation » obligatoire de 20 km décrétée par le gouvernement quelques heures après l'accident. Or, bien qu'une autorité aussi peu regardante que l'AIEA l'ait informé, dès le 30 mars, de niveaux de radioactivité plus alarmants au-delà de cette zone (notamment à 40 km), le gouvernement ne s'est pas embarrassé de « transparence » : pragmatique comme sait l'être en pareil cas le pouvoir d'État, il a invité les habitants concernés à se confiner,  dissimulé pendant un mois et demi les relevés contredisant la contamination officielle, et augmenté suffisamment « peu » les seuils de radiation « acceptable » - de 1 à 20 millisieverts par an pour la population, soit le maximum admis pour les travailleurs du nucléaire en situation non accidentelle – pour s'éviter, sans contrevenir aux prescriptions internationales, des évacuations aussi nécessaires qu'impraticables (songeons par exemple à ce qu'impliquerait l'évacuation de la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale et peuplée de 300 000 habitants). Il a par ailleurs élevé, à l'échelle sacrificielle requise, les seuils destinés aux 7800 employés de la centrale : les 100 millisieverts « d'urgence radiologique » initialement admis ont ainsi été portés à 250 millisieverts, lesquels seront probablement « ajustés » à leur tour (dès le 1er juin, l'examen de deux employés révélait que ceux-ci avaient atteint cette limite). Toutefois, l'État japonais ne peut traiter durablement toute une partie de la population comme un groupe de liquidateurs : à présent que tout l'iode radioactif a bien été inhalé, le gouvernement consent à vider de leurs 80 000 habitants les villages agricoles «hors zone» qui avaient tant affolé les dosimètres («Je suis devenu le cobaye de ce désastre», notait à juste titre l'un de ces villageois) : mais ceux que l'on évacue maintenant ont déjà perdu la vie, quand bien même ils n'auraient pas consommé leurs légumes empoisonnés au césium 137.

            Les quelques informations publiées qui précèdent, tirées pour la plupart d'un « grand quotidien du soir», comme on dit, n'ont pas causé ici d'inquiétude réelle, passé l'émoi des tout premiers jours. Que l'État français déclare que sa «politique nucléaire est intangible», cela ne devrait ni décevoir ni étonner. Choix politique depuis plus de soixante ans, le nucléaire restera d'autant plus «intangible» en France que la Suisse et l'Allemagne prévoient d'en sortir progressivement, tout en continuant à importer de l'électricité nucléaire française. Quant aux stress-tests des réacteurs que le pouvoir avait cru devoir annoncer pour nous faire avaler la pastille d'iode, même la presse doit en reconnaître la vacuité, ceux-ci pouvant se fonder  «sur la documentation déjà disponible et l'appréciation des exploitants eux-mêmes». Alors, un «rassemblement» pour quoi faire ? Pour obtenir un referendum ? Pour en appeler à « l'alternance » socialiste, dont la première secrétaire va jusqu'à nous promettre, en guise de statu quo, la sortie d'un «tout-nucléaire» qui n'a jamais existé (la France produit les trois quarts de son électricité et moins de 20 % de son énergie à partir d'énergie nucléaire) ? Ou bien à quelques débris léninistes, qui repartiraient volontiers pour cent ans de nucléaire à condition que l'État en redevienne le seul actionnaire, comme au bon vieux temps ? Ou encore aux « antinucléaires » partisans des plans de sortie en douceur, en 10, 20 ou 30 ans, à grands renforts d''éoliennes industrielles et de centrales photovoltaïques dont l'État lui-même, via EDF, GDF Suez et tant d'autres, subventionne déjà le développement, lequel conforte le maintien du nucléaire ?

             «Tchernobyl, Fukushima, plus jamais ça !», scandent les défenseurs les plus acharnés de la sortie progressive. A ces «antinucléaires» inconséquents -  passons sur les quelques donneurs de leçons qui, dans un autre genre, se sont fendus d'un triomphant et déplacé «On vous l’avait bien dit !» -, nous opposerons le seul «mot d’ordre» concevable : arrêt immédiat et inconditionnel du nucléaire, en particulier en France. Car par-delà les tremblements de terre, tsunamis ou chutes d'avions de ligne contre lesquels la France n'est pas prémunie, c'est tous les jours que la technologie nucléaire, dans ses diverses applications (militaires, médicales, civiles) se révèle incontrôlable et dévastatrice. Mais comment «en sortir» ? En commençant par rappeler ce simple fait : le nucléaire est à ce point stratégique pour la France qu'on ne saurait envisager d'en sortir «à l’amiable» : aussi accablant que cela puisse paraître, nous ne pourrons l'arrêter qu'après avoir entièrement remis en cause la société qui s'en nourrit et l'État qui le défend (ce dont ne veulent surtout pas entendre parler les alternucléaires, qui jugent  foncièrement bonnes les conditions existantes). Mais s’il est vrai que la fin de l'électricité nucléaire reste suspendue à la survenue d'un vaste mouvement d'émancipation collective, il faut aussi souligner, réciproquement, qu'une critique antinucléaire aboutie est susceptible d'en favoriser l'émergence : l'industrie nucléaire, par ses conséquences sans égal sur les milieux naturels et humains, par son gigantisme, par l'organisation sociale techniquement intégrée et totalement administrée qu'elle nécessite, peut à bon droit être vue comme le summum de la dépossession ; or, c'est justement en tant que summum qu'elle nous laisse entrevoir ce que pourrait être, a contrario, une société ayant su s'en délivrer : non certes un paradis terrestre, mais une société en possession de ses moyens.

            Sans préjuger de ce qu'apportera la critique d'autres aspects de la présente désolation sociale, il y a tout lieu d'amplifier l'opposition antinucléaire qui subsiste : non pas celle, on l'aura compris, qui s'étourdit d'illusions renouvelables, de progrès technologique et de lobbying, mais celle qui a su entreprendre la critique conjointe de l'industrialisation de la société et de l'État. A quoi il sera comme toujours rétorqué que l'on n a plus le temps ; eh bien il faut le prendre, se l'approprier et tâcher d'en faire quelque chose. Tout peut, parfois, aller très vite. Cela s'est vu, cela se voit tous les jours, «ailleurs et autrement».     

              Des membres de la Coordination contre la société nucléaire, 11 juin 2011

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 14:39

Dans un département sinistré, le nucléaire, tant civil que mili­taire, semble devenir un enjeu économique, dont Saint-Dizier serait le centre.

La BA 113 de Saint-Dizier devient dès 1965 un élément im­portant du dispositif de dissuasion nucléaire avec la création de l'Escadron de bombardement 02.094 "MARNE" équipé de MIRAGE IV A, qui assurera sa mission jusqu'en 1988. A la BA 113 a été créé officiellement le 31 mars 2009 l'escadron de chasse 01/091 Gascogne, dont la mission principale est la frappe nucléaire, pour laquelle ses Rafale seront armés du missile ASMP-A. La configuration type pour ces missions sera d'un missile ASMP sur le point d'emport ventral, de deux réservoirs externes de 2 000 litres sous les ailes, et  de 6 missiles air-air MICA permettant à l'avion d'assurer son auto-défense. Elle est le premier employeur du département avec près de 1 700 personnes, la base aérienne 113 injecte chaque année 35 millions d'euros dans l'économie locale (32 millions d'euros de masse salariale et 3 millions d'euros de fonctionnement).

En février 2008, il y a eu une création, toujours à Saint-Dizier, d'un parc d'entreprises (8 sur 4 ha) liées à l'énergie nucléaire (constructeurs, sous-traitants ou fournisseurs d'Areva), socié­té détenue à 60% par Areva. Si Areva s'intéresse à la Haute-­Marne et à la Meuse, c'est dans le cadre des mesures d'ac­compagnement économique autour du laboratoire de Bure. Areva y est engagé au même titre que deux autres acteurs de la filière électronucléaire, EDF et le CEA. 4,2 millions d'euros de commandes ont été passées en Haute-Marne en 2006, chez des entreprises comme Hachette et Driout, Ferry Capi­tain, Etilam, les Forges de Bologne, Ferro France, Chaudron­nerie de l'Est, Précis Méca ... A noter aussi que les trois in­dustriels interviennent pour le renforcement de la compétitivité économique haut-marnaise en attribuant directement des prêts aux entreprises, en partenariat avec le conseil général de la Haute-Marne et le GIP 52. Dans le cadre du «développement durable», ces 3 entreprises ont développé en Haute-Marne un projet biomasse qui devrait aboutir en 2010 à la création d'usines de gazéification du bois, vouées à alimenter des réseaux de chaleur urbaine.

Dès septembre 2009, au lycée Blaise Pascal de Saint-Dizier, deux voies (au lycée professionnel ou par apprentissage) s'ouvriront aux jeunes (une trentaine au total) vers une filière unique dans la région: l'enseignement nucléaire. «Cette formation est ambitieuse. Elle a été réalisée avec de nombreux partenaires économiques et l'Education Nationale. La démonstration que sur ce territoire, il existe des compétences et des savoir-faire», souligne la proviseur du lycée. Il aura fallu une année à peine de collaboration étroite entre le Rectorat, EDF et les financeurs, (le GIP 52 et le Conseil Régional) pour monter la nouvelle filière. «Nous avons anticipé la demande des entreprises», appuie la responsable de l'établissement. Une demande des entreprises du secteur du nucléaire bien implantées dans la région. En effet, «les sites nucléaires y sont nombreux (Chooz, Cattenom, Nogent sur Mame ...). Il est important que les entreprises travaillant sur ces sites dispo­sent de prestations de services dans le domaine de la mainte­nance car le nucléaire ne se délocalise pas», déclare le délé­gué EDF aux relations industrielles Meuse et Haute-Marne. La nou­velle formation permet­tra ainsi aux élèves de travailler à terme sur site nucléaire ou pour les entreprises prestataires de service en mainte­nance, fabrication, logis­tique, et démantèlement.

A noter que Saint-Dizier est le centre d'une région où 6 centrales nucléaires sont implantées (16 des 58 réacteurs actuellement en service).

Extrait du Chat Noir n° 22 NS, Eté 2009

De visite à Saint-Dizier en février 2008, la présidente d’Aréva déclarait : «Nous sommes dans une croissance extrêmement forte. Le développement du nucléaire est mondial. Il ne s’agit pas d’un boum éphémère». «Nous voulons faire bénéficier des entreprises locales de nos achats. Nous en sommes à quatre millions d’euros, et cela pourra être davantage. Des acheteurs sont mobilisés pour connaître les potentiels des sociétés». Le directeur de la réindustrialisation ajoutait : «Saint-Dizier est un barycentre du nucléaire, au cœur de six centrales à moins de quatre heures de route. C’est un argument à vendre».

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 12:04

Suite à l’accident de Fukushima au Japon, des audits sur les centrales nucléaires sont en cours.

Selon le chef de division de l’ASN à Châlons-en-Champagne, «Il existe en fait deux commandes. L'une du Premier ministre, une seconde au niveau européen appelée «stress test» c'est-à-dire test de résistance. Les deux commandes se rejoignent et se traduiront par des évaluations complémentaires de sûreté. Avant le 15 septembre, les exploitants vont devoir mener des analyses de résistance de la centrale aux séismes, aux inondations, aux tempêtes… Les conséquences de pertes d'alimentation électrique et de sources de refroidissement, voire aussi la combinaison des deux, comme cela s'est passé au Japon, seront étudiées. (…) Il s'agit d'évaluation à travers des modèles et des calculs. (…) Les modèles de calculs existent. Tout n'est pas à concevoir. Il faut entrer les paramètres et voir comment cela réagit. Cela reste un délai court pour EDF comme l'ASN. Ces évaluations deviennent prioritaires et ces tâches passent au premier plan. Les centrales sont calculées pour un certain niveau de résistance, l'objectif des tests est de vérifier jusqu'où elles peuvent résister pour évaluer les marges dont nous disposons. (…)

Ensuite, l'ASN examinera les analyses des exploitants, et après avoir pris les avis des experts, rendra des avis fin novembre. Elle prendra les décisions qui s'imposent début décembre. (…) Si les marges de sécurité sont insuffisantes, nous verrons comment on peut les améliorer. Si c'est possible, ce sera imposé. Si c'est impossible, cela devrait conduire à une fermeture».

A noter que ses audits ne portent donc que sur des simulations par le calcul, qu’aucun essai n’est prévu et que le crash d’un avion n’est pas étudié, car "la protection des sites ne dépend pas de l'ASN mais de la Défense".

Dans la région, les centrales de Chooz et de Nogent-sur-Seine sont concernées. Maintenant reste à savoir quels paramètres va entrer EDF dans ses simulations. Il y a fort à parier que tous les résultats seront bons et donc qu’aucune centrale nucléaire française ne sera fermée, le risque de catastrophe n’existant pas (puisqu’on est les meilleurs !).  

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 10:08

Au début du mois de novembre 2010, la clinique Courlancy à Reims déclare la disparition d’un générateur de technétium 99 métastable. L'objet se trouvait dans un local de la clinique où sont stockés les déchets radioactifs. Il est alors en phase de décroissance : sa colonne n'est plus assez radioactive pour être utile aux examens de médecine nucléaire, tout en présentant encore quelques dangers.

Selon l'Autorité de sureté nucléaire (ASN), «ce type de générateur est conservé deux à trois semaines avant de pouvoir être transporté et retourné au fournisseur. Il avait été placé dans un seau - par erreur».

Le générateur se trouve donc toujours dans la nature. Déjà faiblement radioactif, l'objet ne présente plus de danger aujourd'hui, affirme-t-on du côté de l'ASN, même s'il était démonté.

En France, environ 200 services de médecine nucléaire utilisent chaque semaine entre deux et trois générateurs de technétium 99 métastable. Après quelques jours de service, ils sont stockés pendant leur phase de décroissance puis renvoyés à l'un des deux principaux fournisseurs dans l'Hexagone. La colonne radioactive est alors retirée de l'enveloppe du générateur pour en placer une nouvelle.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 13:49

Transport déchets nucsArrêtés officiellement depuis 2006, les transports de déchets néerlandais vers l'usine Areva de La Hague reprennent début juin 2011. Cette reprise fait suite à la signature d'un nouvel accord entre les gouvernements français et néerlandais (retraitement de 110 tonnes de déchets). Un train contenant 6,7 tonnes de déchets nucléaire a traversé le département de l'Aisne le 8 juin 2011. Ce train transporte du combustible usé néerlandais, hautement radioactif. Parti de Borssele, aux Pays-Bas, il a traversé une partie des Pays-Bas, puis de la Belgique, avant d'arriver en France.

Comme d'habitude, ni les populations, ni les agents de la SNCF n'ont été prévenu.

Ce train de déchets nucléaires se rend à La Hague pour un "retraitement" (entre autre une extraction du plutonium).

A noter que le train avait plus de 3 heures de retard sur l'horaire prévu, suite à un blocage de celui-ci à son départ en Hollande.


 


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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 08:29

Une nouvelle fois, le nucléaire a confirmé tragiquement qu’il était une industrie de la catastrophe
et de la mort.
Cette catastrophe, toujours en cours dans la centrale japonaise de Fukushima à l’heure où nous écrivons, vient rappeler de quoi est faite la logique productiviste sous-tendue par les choix économiques ayant présidés au développement de cette filière.
Depuis des années, nous ne cessons de le répéter : par sa dangerosité évidente et la centralisation qu’il nécessite, par la culture du secret et de la sûreté qu’il fabrique, commercialise, banalise et généralise, par les modes de subordination qu’il implique, le nucléaire, loin d’être un simple choix technologique pour produire de l’électricité. Elle est partie intégrante des dispositifs de contrôle global des populations de la planète en même temps qu’un juteux secteur pour certaines des plus grandes multinationales, généralement très proches des appareils d’État, particulièrement en France.


 
4 pages nuk 2011
par lechatnoir51

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 13:35

Une coordination nationale de collectifs anti-nucléaires s’est constituée suite à la manifestation parisienne de janvier 2004 afin de rassembler, au départ au sein de «la mouvance libertaire», les individus et les groupes soucieux de poursuivre une critique de l’industrie nucléaire civile, ainsi que de la société qui la produit et qu’elle contribue en retour à transformer.

Nous souhaitons aussi ne pas négliger les aspects militaires du nucléaire, que la critique a souvent tendance à oublier à l’heure actuelle, ou à identifier de manière un peu trop simpliste avec le nucléaire civil.

La base minimum d’accord pour la constitution de cette coordination fut le refus des buts et des méthodes du Réseau pour sortir du nucléaire, qui dans la régression actuelle voudrait se présenter comme «le» mouvement anti-nucléaire et «la» voie réaliste pour une sortie à terme. A l’opposé de ce réseau-lobby, notre minimum d’accord implique :

- D’oeuvrer pour une sortie immédiate et inconditionnelle du nucléaire, aussi légères que soient nos forces, et faibles les chances de voir se réaliser cette exigence – pourtant minimale devant la folie que constitue une prolongation de cette industrie, quelque forme qu’elle prenne.

- La défense impérative de notre indépendance et le refus de toute complaisance avec quelque appareil politique que ce soit – puisque aussi bien tous sans exception peuvent être qualifiés de nucléaristes et ont généralement oeuvré activement pour imposer cette industrie à la société.

- Un mode de fonctionnement basé sur la libre association, la prise de décision en commun et le contrôle strict de toute délégation de pouvoir. Bref, le refus de la séparation entre organisateurs et piétaille militante juste bonne à manifester devant les médias, voire entre dirigeants et activistes professionnels.

La suite en cliquant sur le lien ci-dessous

coordination contre la société nucléaire bulletin 1
par lechatnoir51

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 13:00

 Une HS antinuc08.22.01-a2257

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:11

voie criminelle 2Selon l'association Observatoire du nucléaire, la sécheresse - si elle venait à persister - pourrait avoir des répercussions sur l'activité de plusieurs centrales du parc Français, dont Chooz.

La direction du CNPE ardennais se voulait, au contraire, rassurante : «D'après nos experts, qui étudient de près les prévisions météo, il y a environ une chance sur dix que l'on soit obligé d'arrêter une de nos deux unités de production cette année. Et si cela devait finir par arriver, ça n'est pas parce que le fleuve serait à sec, mais plutôt en raison de l'accord transfrontalier qui oblige la France à fournir en permanence 20 m3 d'eau par seconde à la Belgique. Mais la sûreté du site ne serait pas pour autant remise en cause. La centrale aurait alors besoin de 3 m3 d'eau - prélevées, puis rejetées dans le fleuve au terme du processus - afin de refroidir ses installations».

La centrale de Nogent figurerait, dans ce document, parmi les six centrales susceptibles de dépasser les seuils légaux de rejets d'eau chaude. «Des arrêtés fixent les limites d'exploitation comme la température. Nous devons respecter 3 degrés entre l'amont et l'aval pour ne pas perturber la flore. En revanche, en cas de situation climatique exceptionnelle, on pourrait aller jusqu'à 1,5 degré. Même en 2003, nous n'avons pas dépassé ces limites.», déclare le directeur du site, qui souligne qu'EDF a réalisé sur l'ensemble de son parc «des travaux importants de maintenance sur les groupes électrogènes afin de renforcer la capacité de produire du froid même en situation de canicule.» Un investissement de 400 millions d'euros. «Ce n'est pas la Seine qui constitue notre source froide mais les tours aéroréfrigérantes. Si jamais on avait des difficultés, des réservoirs nous permettent de jouer la régulation. Autrement, on arrêterait la centrale».

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