En juin 2008, le gouvernement confie à l'Andra la mission de lancer un appel à candidatures auprès des collectivités locales pour accueillir un centre de stockage de déchets
radioactifs à vie longue, les fameux FA-VL. Dans l'Aube, une dizaine de communes sont intéressées. Le temps presse ; on en parle depuis 1993 et le futur centre doit entrer en exploitation en
2019. Pars-lès-Chavanges et Auxon sont favorables mais les élus sont pris à partie, voire menacés de mort. Ils jettent l'éponge. Le projet est enfoui.
En 2010, le haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire s'auto-saisit de cette affaire et met en place un groupe de travail chargé de tirer les conclusions de cet épisode douloureux. Le rapport a été rendu public.
Le haut comité reproche à l'État de ne pas s'être suffisamment impliqué dans le processus de recherche et aux différents acteurs locaux de n'avoir pas suffisamment communiqué : «L'échelon local n'était pas adapté, le territoire et le contexte local ont été mal appréhendés, le dialogue avec la population concernée a été inexistant»…
Les producteurs de déchets «souhaitent qu'une solution rapide et durable soit trouvée». L'autorité de sûreté nucléaire (ASN) juge que «le stockage FA-VL est absolument nécessaire» et fustige le fait que «l'implication de l'État a été trop faible. Le gouvernement doit prendre position clairement au niveau national. C'est à l'État de décider».
Le rapport recommande un certain nombre de mesures pour mener à bien la prochaine recherche. «Un nombre restreint de territoires doit être sélectionné par l'État sur recommandation de l'Andra», préconise le rapport. On ne parlerait plus aujourd'hui des 3 115 communes du départ mais des quarante communes qui s'étaient déclarées favorables en octobre 2008.
«Le choix des territoires accueillant déjà des installations nucléaires doit être privilégié», poursuit le rapport. Or, sur les quarante sites retenus, les seules «installations nucléaires» se trouvent… dans le Soulainois.
Par ailleurs, fortement critiqué lors de la précédente tentative, «l'État doit afficher le caractère d'utilité publique et de service rendu à la Nation». Il est également recommandé de dépasser l'échelle communale pour, «a minima», privilégier l'échelon intercommunal avec le soutien des grandes collectivités.
Enfin, recommandation est faite de mettre en avant la communication et la concertation et bien préciser que «les mesures d'accompagnement doivent être équitablement réparties entre les communes situées à proximité du site d'implantation ; les frontières administratives ne doivent constituer aucun obstacle». En clair, les retombées d'un tel projet concerneraient un vaste territoire.
Pour l'heure, il ne s'agit que de «recommandations» que l'Andra devrait reprendre dans son rapport final qu'elle remettra à l'État fin 2012.
Pour plus d'infos : http://www.hctisn.fr/documentation/dossiers/rapport_favl/rapport_gtfavl_vf.pdf
L'incapacité du mouvement antinucléaire de ce pays à réagir à la catastrophe de Fukushima est lourde de sens quant au poids du lobby nucléaire en
France, et à la dégénérescence du mouvement antinucléaire de ces dernières années. L'initiative impulsée par la coordination antinucléaire de l'Ouest de faire du 15 octobre 2011 une journée
nationale pour dire Stop au nucléaire revêt donc une importance particulière pour l'avenir de cette lutte.
La
France est l’État le plus nucléarisé au monde avec le Japon. Un parc de production atomique composé de 58 unités de production réparties sur 19 sites nous a été imposé. Et il faut y ajouter des
sites militaires, des sousmarins, des centres pour les déchets, des laboratoires, etc.
Le convoi ferroviaire qui a traversé l'Aisne et la Marne cette nuit transportait vers la Suisse 10,4 tonnes de déchets métalliques.
Un convoi de déchets nucléaires composé de deux castors doit traverser l'Aisne puis la Marne dans la soirée.