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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 06:28
20210510 Soulèvement en Inde (suite)

Les lois que veut faire passer le gouvernement de Narendra Modi signent la mort de la petite paysannerie indienne. Aussi les petits paysans qui sont très prolétarisés et les ouvriers agricoles, mènent un combat à la vie à la mort qui non seulement ne faiblit pas depuis le mois de juin 2020 quand ce mouvement a commencé, mais s’approfondit et s’élargit toujours un peu plus.

Aujourd’hui, nous en sommes à un moment où le soulèvement paysan qui bénéficie d’un très large soutien des classes populaires essaie de se transformer peu à peu en soulèvement de l’ensemble de ces mêmes classes populaires. Le soulèvement paysan a aussi changé la société en amenant déjà Modi à suspendre les lois anti-ouvrières liquidant l’essentiel des acquis ouvriers que le gouvernement voulait également imposer.

Les jeunes sont particulièrement attirés qui étouffent dans cette société cloisonnée. Le soulèvement paysan est à la mode, dans les vêtements, les T-shirts, les mouvements de jeunes, la musique, les badges… Paysan, c’est cool.

Le pouvoir essaie de profiter de la saison des récoltes (elle a commencé en avril) qui oblige bien des paysans à retourner au travail  pour mener une campagne de masse avec l’aide de ses médias pour faire croire que le soulèvement paysan est en train de s’arrêter et tenter de l’attaquer à cette occasion.

Interview de Jacques Chastaing par L’Actualité des luttes

Rappel : émissions récentes traitant du même sujet que vous pouvez retrouver sur ce site : 20210215 Colère paysanne en Inde et 20210315 Gigantesque tsunami social en Inde

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 15:02
Espagne : mémoires de 36-39

La guerre civile espagnole reste une tragédie idéologique et humaine, mais au cours de cette période des utopies libertaires furent réalisées, en particulier à Barcelone.

Frank Mintz, spécialiste des mouvements anarchistes , évoquera cette éradication temporaire du capitalisme au cœur même d’une Espagne déchirée et abandonnée par les puissances occidentales.

Au terme de cette conférence, suivie d’un débat, on proposera d’entendre quelques extraits d’auteurs ou poètes engagés dans ce conflit.

Vendredi 3 mars

Théâtre du Chemin vert à Reims

à partir de 18 h 30

Espagne : mémoires de 36-39
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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 11:31
Immigration : a qui profitent ces milliers de morts

C’est par milliers que la Méditerranée engloutit les cadavres de ces immigrés qui essayent de s’échapper de l’enfer, aux quatre coins du globe. Face àcette situation, nous sentons bien qu’une réaction humaine ne peut être que de venir au secours de ces êtres humains en détresse. Oui, mais voilà, l’on se dit en même temps : que va-t-il se passer ? L’Europe ne risque t-elle pas de voir une véritable invasion ?

Il y a tellement de gens, de partis politiques, qui nous disent qu’il y a déjà trop d’immigrés. Oui, aujourd’hui, la population en Europe est prisonnière de ces peurs. Peur de perdre son travail, peur de voir l’économie se désorganiser, peur même de perdre son identité.

Nous nous sentons coincés parce que nous avons accepté trop de choses, depuis trop longtemps, du système en place. Ce système nous dit qu’il est le meilleur au monde, le plus respectueux des droits de l’homme. Mais en réalité, ce monde est construit et ne vit que sur toute une cascade d’inégalités, d’injustices.

Ce système a longtemps profité du travail des immigrés. Jusqu’à il y a 50 ans, l’Etat allait chercher ces immigrés chez eux, au Maroc, au Sénégal, par milliers. C’était une main d’œuvre idéale pour les travaux sales, mal payés. Il était plus facile de faire faire ce travail àdes travailleurs sans racines, sans liens avec la population, sans moyens de se défendre collectivement.

Les immigrés sont devenus un rouage essentiel du système. Car les patrons, l’Etat, se servent d’eux pour faire comprendre à la grande majorité des autres, qui sont mal payés, ou qui travaillent dur : «ne vous plaignez pas, regardez, il y a pire!» Et on nous a appris à mépriser l’émigré, au lieu de voir en lieu un travailleur.

La crise de 2008 est venue des banquiers, qui se sont mis eux-mêmes en faillite par leurs magouilles. La crise a aggravé le chômage. Mais ce sont les immigrés qu’on a accusés de la montée du chômage. Et si nous devons payer plus d’impôts, voir les salaires bloqués, c’est pour renflouer l’Etat qui a sauvé les banques.

L’immigré a bon dos; il sert régulièrement de bouc émissaire. En France, nous sommes des millions à avoir des parents, des grands parents, qui ont été des émigrés. Ils sont arrivés, eux aussi, dans des conditions dramatiques, mais ils sont arrivés.

Aujourd’hui, l’Europe, la France la première, a mis en place un mur invisible pour interdire aux pauvres d’y entrer. On a obligé les pays alentour, le Maroc et bien d’autres, à tout faire pour rendre impossible un départ vers l’Europe. On interdit de venir légalement, après quoi on dénonce les passeurs qui en profitent !

On nous répète que nous faisons déjà beaucoup, que nous ne pouvons pas héberger tout le monde. Mais si l’on prend l’exemple de la guerre en Syrie, la France a accueilli 4 500 réfugiés. Un petit pays comme le Liban, avec 4,5 millions d’habitants, en a reçu sur son sol 1 200 000.

L’idée d’invasion n’est qu’une peur. C’est simple : même si un million de personnes arrivaient en Europe, cela signifierait que la population du continent va augmenter de 0,2 %, puisque nous sommes 500 millions d’Européens. L’Europe est riche, et comprend beaucoup de riches. Mais même si l’on devait partager entre nous, gens modestes, pour permettre aux arrivants de vivre, cela coûterait à chacun de nous... 3 ou 4 euros par mois, 0,2 % de nos salaires.

Beaucoup d’émigrés partent de Libye. La Libye, la France, l’Europe, y ont fait la guerre en 2011. Alors, la moindre des choses est qu’ils assument. Et la moindre des choses pour nous est que nous ayons un comportement humain, que nous insistions pour qu’on aille au secours des gens en détresse. En attendant de reposer le problème d’une véritable aide de ces populations, qu’on a beaucoup exploitées jusqu’ici.

On nous divise pour mieux régner. A nous de ne pas nous laisser devenir inhumains.

L’Ouvrier, 20/4/2015

L’OUVRIER BP 64 - 94202 IVRY/SEINE CEDEX

Diffusé par Organisation Crommuniste Libertaire

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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 19:44
Interpellation musclée dans vide-greniers à Reims

Il est 17 heures environ dimanche à la Maison de Quartier Croix-Rouge de Reims, où se déroule dans la bonne humeur un vide-grenier : Maryam, sa mère et ses sœurs, y tiennent un stand de produits palestiniens (savon, broderies) et d’objets de la campagne de solidarité (T-shirts, brochures, autocollants notamment).

Soudain, une équipe de policiers débarquent sans crier gare, et foncent sur la table, alors qu’on n’est même pas sur la voie publique. Ils n’hésitent pas à arroser l’assistance de gaz lacrymogènes, y compris les enfants, nombreux. Cinq des victimes de l’assaut devront aller se faire soigner aux urgences hospitalières.

On apprendra plus tard que les policiers avaient été «alertés» par une personne qui avait téléphoné au commissariat pour dénoncer «une opération antisémite» !

Mariame, qui proteste contre les violences faites à sa propre mère, est ensuite embarquée brutalement, menottée, puis rouée de coups pendant le trajet et à l’arrivée au commissariat, où elle est placée en garde à vue. Le médecin qui l’y examine relève la présence d’hématomes.

Les policiers lui disent qu’ils retiennent cinq charges contre elle, et pas des moindres : «rébellion», «outrage à fonctionnaires», «coups et blessures à fonctionnaires», «offense au Président de la République», sans oublier la sempiternelle «incitation à la haine raciale» !

L’indignation se répand alors rapidement, non seulement parmi les habitants du quartier Croix-Rouge, mais aussi sur les réseaux sociaux et au-delà de la ville de Reims.

Tandis que des dizaines de personnes se rassemblent devant le commissariat, et que le standard téléphonique de celui-ci est saturé d’appels téléphoniques, des responsables associatifs locaux contactent la hiérarchie policière, et lui font valoir que si elle voulait provoquer de véritables émeutes, elle ne s’y prendrait pas autrement.

Du coup, les responsables de la police rémoise prennent peu à peu conscience de l’énormité de la bavure de leurs subordonnées, et le système cherche alors une porte de sortie : dans la matinée, Mariame, étudiante âgée de 19 ans, se voit signifier un «rappel à la loi», et elle peut enfin sortir lundi en milieu de journée sans que des charges soient retenues contre elle.

L’affaire est cependant loin d’être terminée, car plusieurs plaintes vont être déposées visant le comportement de la police. Pour les brutalités subies par Maryam et plusieurs autres, mais aussi pour vol : les objets de la table «Palestine» saisis par la police ne sont en effet jamais arrivés au commissariat (à l’exception de quelques autocollants, censés être des «pièces à conviction») ! Tous ces agissements ont eu lieu au grand jour, et les témoignages ne manquent pas.

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 11:09

Sonia Jebali et Monia Dridi sont ouvrières dans la société Latelec-Fouchana, filiale tunisenne de Latécoère, multinationale française qui fournit en équipements les grands avionneurs mondiaux comme Airbus ou Dassault.

Lorsque Latécoère-Latelec avait délocalisé en 2005 une partie de sa production de câblage dans la banlieue de Tunis, elle espérait trouver une main d’œuvre qualifiée et sensée docile, puisque féminine. Elle souhaitait ainsi conserver une exigence de qualité, tout en réduisant de façon considérable ses coûts de fabrication grâce à des salaires mensuels d’environ 150 euros.

Mais Latécoère-Latelec s’est heurté à la détermination des salarié-es qui ont commencé à se rebeller contre les conditions de travail difficiles, les heures supplémentaires imposées et non payées, le harcèlement sexuel, et les insultes sexistes. Elles ont alors créé un syndicat UGTT (Union générale tunisienne du travail).

Les ouvrières ont obtenu des augmentations de salaire, la reconnaissance de leurs droits à des congés, un respect accru. C’en était trop pour les dirigeants qui ont organisé un lock-out, transférant temporairement la production en France. Ils cherchaient ainsi à mettre en concurrence les salariés du Nord et les salariés du Sud. En septembre 2012, l’usine avait été fermée pour une durée indéterminée et Latécoère avait commencé à vider l’usine de ses effectifs. 200 postes d’intérimaires avaient été supprimés entre octobre 2012 et mars 2013 et 10 ouvrières dont des déléguées syndicales avaient été licenciées.

La direction de LATelec a concédé en mars 2014 une première avancée : une partie des travailleuses étaient réintégrées mais quatre restaient licenciées, parmi elles les deux déléguées syndicales UGTT Monia Dridi et Sonia Jebali.

Ne se résignant pas à voir le droit du travail tunisien ainsi bafoué par la multinationale, Houda et Sonia ont entamé le 19 juin 2014 une grève de la faim de 27 jours pour que toutes les travailleuses injustement licenciées puissent être réintégrées. Le 15 Juillet 2014, après environ deux ans de lutte, elles obtiennent la réintégration de 2 délégués, dont Houda. L'entreprise est fermée pour congés annuels le surlendemain de la signature de l'accord et celles-ci ne seront réintégrées que le 18 août. Sonia et Monia, les deux déléguées UGTT dont la réintégration n'a pas été obtenue, ont touché les 84 mensualités (7 ans de salaires) qui leur avaient été promises, soit 54 516 dinars (23 475 euros).

Sonia et Monia nous parlent du déroulement de cette lutte. Sujet réalisé par l’émission l’actualité des luttes sur FPP.

Une première émission sur ce sujet a été diffusé le 14 juillet 2014 (Situation sociale en Tunisie)

http://lechatnoir.perso.sfr.fr/radio/20150223-Retour-lutte-Latelec-Fouchana.mp3

20150223 Retour sur la lutte des Latelec Fouchana
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