Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 16:36
Un peu de lecture pour vos longues journées de confinement :

Courant alternatif, mensuel anarchiste-communiste édité par l’Organisation communiste libertaire, a paru sans interruption depuis 1980*.

Malheureusement, la pandémie actuelle a eu raison de notre constance, par les problèmes d’impression et de diffusion qu’elle entraîne. Nous avons donc décidé de mettre le CA d’avril en ligne, intégralement et bien entendu gratuitement.

Ainsi, les abonné-e-s pourront lire ce numéro sur Internet en attendant de le recevoir avec retard dans sa version papier. Il sera également accessible à celles et ceux qui achètent CA de temps à autres, et ce sera, pour qui n’en a pas ou en a peu entendu parler, l’occasion de le découvrir.

Toutefois, nous comptons reprendre dès que possible une parution papier régulière de la revue, car nous y attachons plus d’importance qu’aux versions électroniques. Et, pour ce faire, nous avons besoin de nouveaux abonnements (voir les conditions ci-dessous) comme du renouvellement des anciens.

Portez-vous bien !

 

Sommaire du n° 299

édito page 3

coronavirus

pages 4 à 6 Etat de guerre et militarisation

pages 7 Un exemple d’Italie dont il faudrait s’inspirer

pages 7-8 Les conséquences économiques du Covid 19

municipales

pages 9-10 Leur démocratie, elle aussi bien malade

mouvements sociaux

pages 11-12 Digressions autour du mouvement sur les retraites

page 13 Pays basque : extinction progressive du mouvement sur les retraites

page 13 Exacerber les tensions entre grévistes et non grévistes à la SNCF

pages 14-15 Lutte des femmes en Soule (Pays basque nord) et à Limoges

pages 16-17 Luttes de migrants : Limoges, squatt Chabaz d’entrar

page 18-19 Réflexions d’une militante de Chabaz d’entrar

Big brother pages 20-21

Sans frontières pages 22-23

Vertement écolo page 24

science et société

pages 25 à 28 Contre la G5... et tous les téléphones portables !

international

pages 29 à 31 Rojava , la guerre contre l’expérimentation sociale

pages 32 à 36 Italie , un panorama politique et social

pages 37 à 40 Liban  : Un mouvement contrarié par la faillite, les ingérences et le Covid 19

 

lecture en ligne : 

http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2382

lecture sur votre ordi chargez la PJ :

http://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2384

 

Il existe plusieurs formules d’abonnement valables pour la France et l’international  :

Un an (10 numéros) : 30 euros

Un an en soutien : plus de 30 euros

Pour les très fauché-e-s, un an : 18 euros

3 numéros à l’essai: 5 euros

Gratuit pour prisonnières et prisonniers.

Vous pouvez aussi demander à recevoir un numéro gratuitement.

Les chèques sont à établir à l’ordre de «La Galère» et à envoyer à : OCL/Egregore, BP 81213, 51058 Reims cedex.

VOUS POUVEZ AUSSI VOUS ABONNER OU VOUS REABONNER SUR NOTRE SITE grâce à HelloAsso

Partager cet article

Repost0
24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 09:12
Rencontres libertaires du Quercy 2019

Les rencontres que l’Organisation communiste libertaire (OCL) propose chaque été se dérouleront cette année encore – du mardi 16 au mardi 23 juillet inclus – dans les coteaux du Quercy, à trente minutes au nord de Montauban ou au sud de Cahors et à une heure de Toulouse.
(....)

Partager cet article

Repost0
10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 08:05
EDITO CA 299

A la croisée des chemins …

A quelques semaines d’intervalle, un vent de contestation et de liberté s’est mis à souffler par delà les deux rives de la Méditerranée. Comme ici, en France, la défiance et le discrédit n’épargnent aucune formation politique là-bas, en Algérie. Que celles-ci évoluent dans la sphère du pouvoir ou qu’elles se débattent dans l’opposition, dorénavant la disgrâce n’épargne plus grand monde. Cette vague puissante, que bien peu auraient imaginé voir se dresser il y a quelques temps encore, déferle aujourd’hui et bouscule de sa seule force un pouvoir pantelant soutenu, pour combien de temps encore, par la présidence française et des puissances impérialistes.

Nul n’aura manqué de relever les analogies qui unissent, par delà la singularité des circonstances, ces deux élans porteurs d’espoir. En France, la décomposition du système bourgeois de la représentation est peut-être plus avancée qu’on ne le croit. Comme en Algérie, le phénomène de l’abstention s’est amplifié ces dernières décennies et l’affaissement progressif du corps électoral s’accompagne désormais de la contestation ouverte des institutions. Certes et pour le moment encore, les scénarios de substitution que le mouvement des Gilets Jaunes brandit dans son opposition au gouvernement Macron alimentent toujours un citoyennisme spécieux. Mais on discerne derrière tout cela bien plus qu’une simple correction démocratique. L’ interaction entre mécontentement économique et politique est souvent le signe de profonds bouleversements qui s’annoncent.

Depuis de longues années, la démocratie républicaine ne concède plus aucune avancée sociale qui légitimerait un tant soit peu aux yeux d’une partie grandissante de la population le titre dont elle aime à se parer. Pire, sans même évoquer les frasques de la caste qui intrigue au sommet de la pyramide, sa domination sans concession semble parfois menacer jusqu’à l’équilibre de l’édifice sur lequel elle repose. Contrairement à ce que suggèrent nombre de Gilets Jaunes, le pouvoir n’est nullement concentré en un seul lieu et incarné en une seule personne. En décembre le gouvernement avait reçu la recommandation du patronat de céder un peu afin de ne pas perdre beaucoup. Les mesures annoncées furent d’autant plus faciles à prendre qu’elles ne coûteraient rien à Geoffroy Roux de Bézieux et ses amis et moins encore aux cadors du CAC 40. Depuis, la crise sociale se doublant d’une crise de pouvoir, il reste à savoir combien de temps l’impéritie de cette équipe gouvernementale contestée jusqu’au sein de sa propre classe lui permettra de se maintenir. Le patronat a soutenu le candidat Macron, mais celui-ci s’arcboutant dans l’isolement d’un pouvoir oligarchique, le doute semble avoir gagné jusqu’aux plus enthousiastes de ses premiers appuis.

Cédant parfois à l’affolement, la macronie peine à garder la tête froide. Ainsi, à peine son one man show terminé, que le président de la république invite l’armée à prendre place dans la ronde répressive des samedis de mobilisation. L’image est forte et en rappelle d’autres. Son Nouveau monde n’étant que la copie conforme de l’ancien, il croise comme ses prédécesseurs l’art si contemporain de l’imposture et celui de la violence la plus débridée. Mais cette fois encore, la réponse qu’il reçut de la rue fut cinglante. En se mobilisant plus nombreux que les samedis précédents, les manifestants lui ont fait savoir qu’ils ne céderaient ni à la peur ni à la manipulation. Démonstration faite que ce mouvement n’a rien perdu de sa détermination, qu’il a gagné en confiance et poursuit son évolution.

Impressionnant !

Derrière la mobilisation algérienne, plus impressionnante encore, on retrouve la même logique qui impose par des mesures d’austérité et l’autoritarisme la baisse du coût du travail. A coups de privatisations, d’entrave au droit de grève et de transformation du droit du travail, le pouvoir d’achat des salariés a chuté. Plusieurs millions de personnes et notamment les plus jeunes vivent dans une grande précarité. Ils alternent période de chômage et recours au secteur informel qui pèse pour près de 50 % du PIB du pays.

Crise de régime, certes, mais aussi crise d’un modèle d’Etat hérité du colonialisme et dont il a reproduit à son profit un certain mode de fonctionnement. Dès ses origines, ce pouvoir s’est retourné contre la société et s’est maintenu en vie à ses dépens. Cet appareil militaro-étatique se prévaut toujours d’une histoire réécrite et largement usurpée. Après avoir neutralisé toute forme d’opposition politique active, il a acheté la paix sociale et s’est constitué une clientèle en redistribuant une part de la rente gazière et pétrolière.

Dans le contexte actuel de crise internationale, l’affaissement de la valeur de cette rente sur le marché mondial et par conséquent des ressources induites entre directement en contradiction avec une demande sociale qui, elle, ne cesse de croître. Bien avant les manifestations qui battent le pavé depuis plusieurs semaines, de nombreux conflits sociaux avaient éclaté, notamment autour de la question du logement et de l’accès aux biens et services de première nécessité. Là encore, ce scénario en évoque un autre, celui enduré par les masses les plus pauvres du Venezuela.

Pour le moment, le pouvoir en place tente de gagner du temps et de se maintenir en donnant l’impression de faire des concessions face à la pression de la rue. La mise à l’écart du président est l’un des signes envoyés par le pouvoir en guise de bonne volonté. Ce dernier a tracé une feuille de route ouvrant la voie à une période de transition. Comme en pareille circonstance, il s’agit de donner le sentiment que les choses bougent afin que surtout, rien de fondamental ne change.

Le patronat et les libéraux qui avaient soutenu le cinquième mandat de Bouteflika accompagneront le processus en cours tout en jouant sur les deux tableaux : soutenir les revendications populaires le temps que la rue ne se dotera pas de ses propres structures de représentation ou de pouvoir, tout en se présentant comme le seul artisan crédible des réformes libérales déjà entamées par le régime en place « pour le bien du pays ».

Quelle sera la réponse de la rue algérienne ? Pour l’instant, cela reste l’inconnue. Comme en France, le mouvement s’est organisé autour d’un mot d’ordre simple et consensuel, celui du départ du chef de l’Etat. Et comme en France, les travailleurs ne sont pas entrés massivement dans cette lutte en recourant à l’arme de la grève. La mobilisation est largement interclassiste, et les professions intellectuelles : journalistes, avocats, notables, etc… y jouent un rôle important. Le principal syndicat ouvrier l’UGTA, à la solde du pouvoir, s’oppose évidemment au mouvement quand bien même il a lui aussi réclamé le départ de Bouteflika. Pour le moment, les travailleurs n’apparaissent pas encore en tant que force organisée dans cette lutte mais des grèves éparses ont éclaté dans différents secteurs comme ceux de la sidérurgie, de l’enseignement ou des ports. A Oran, les travailleurs du port en grève ont réclamé le départ du secrétaire national de l’UGTA, ainsi que de toute « la mafia » au pouvoir. Sur leur banderole on pouvait lire : « Syndicat de la honte, partez ! Levez l’ancre, il est temps. »

Commission journal de Lille/Boulogne-sur-mer


 

Partager cet article

Repost0
3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 16:05
RENCONTRES LIBERTAIRES DU QUERCY 2018

RENCONTRES LIBERTAIRES DU QUERCY

organisées par l’OCL

du 17 au 23 juillet 2018 inclus

 

Les rencontres libertaires que l’OCL organise chaque été se dérouleront cette année encore – du mardi 17  au lundi 23 juillet inclus – dans les coteaux du Quercy, à trente minutes au nord de Montauban ou au sud de Cahors, à une heure de Toulouse. Nous serons accueilli-e-s dans un gîte, La Maison carrée, à Lauzeral, sur la commune de Vazerac.

Ces rencontres sont ouvertes à celles et ceux que les thèmes des discussions programmées intéressent ; nous souhaitons ouvrir un espace de dialogue, d’échanges formels comme informels.

Des précisions sur le lieu et le programme des débats seront données dans le prochain numéro de Courant alternatif. Nous discuterons comme d’habitude le soir à partir de 21 heures sur des sujets d’actualité, pour échanger sur nos investissements militants ; mais il y aura aussi, dans la journée, des ateliers abordant des sujets plus théoriques ou historiques, ainsi que des projections de films sur des luttes d’hier et d’aujourd’hui – et il sera toujours possible de proposer et d’organiser d’autres discussions pour partager une expérience ou présenter une lutte particulière.

Vous trouverez également là des tables de presse, une vidéothèque... et pourrez profiter de la région, qui offre des lieux de baignade non loin, ainsi que de multiples excursions dans un rayon de trente kilomètres.

Nous camperons sur un terrain arboré (prévoir donc une tente, seul mode de logement possible), et bénéficierons d’installations pour collectivités : cuisine, salle pour les repas et les débats, salles de bains et sanitaires, terrasse couverte...

 

Le mode de vie quotidienne et la gestion de ces rencontres demeurent les mêmes que d’habitude dans les campings de l’OCL : les repas sont confectionnés par des équipes tournantes et pris en commun – chacun-e s’inscrivant, en fonction de ses disponibilités, dans une équipe afin d’assurer pendant une journée les repas ou le ménage. Les tarifs pour les trois repas journaliers et les frais de location des lieux sont établis en fonction des revenus. On peut venir vous chercher à la gare si vous arrivez en train (un numéro de téléphone sera communiqué avec le programme des rencontres)...

 

D’ores et déjà, nous pouvons vous annoncer la projection de films sur la lutte de Bure contre l’enfouissement des déchets radioactifs, sur celle des sidérurgistes de Longwy en 1979, sur Mai 68… Ces films pourront être accompagnés d’ateliers rappelant le contenu de ces mobilisations ou événements. Pour les débats, il est prévu pour l’instant un retour sur la Marche des solidarités du 17 mars dernier à Paris et sur les différentes formes de solidarité avec les exilé-e-s. Nous parlerons aussi du harcèlement sexuel et du combat antipatriarcal, d’un point de vue communiste libertaire ; du mouvement social, avec notamment la grève des cheminots et les blocages de facs ; des luttes à Bure et à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Nous reviendrons sur le bilan des luttes contre la loi travail et ses prolongements. Nous aurons également des échanges sur les combats menés contre le colonialisme et son héritage, que ce soit en Palestine ou en Kanaky, sans oublier la lutte des Kurdes et la situation paradoxale à Mayotte.

 

Alors, au plaisir de vous voir bientôt !

Partager cet article

Repost0
11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 13:51

Comme chaque année, l'OCL organise des rencontres libertaires ouvertes à toutes et tous. Cette année, elles se déroulent à Vazerac (82)

Le programme est en pièce jointe.

Prévenir à l'avance de votre venue.

N'oubliez pas tente et duvet.

Partager cet article

Repost0
3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 21:05

Ainsi, après des années passées à refuser d'accorder la moindre augmentation aux enseignant-e-s, le gouvernement se déclare prêt à lâcher un milliard d'euros à leur intention (enfin, un milliard sur quatre ans, c'est-à-dire à peine plus que le rattrapage du pouvoir d'achat perdu ces dernières années, et le tout à partir de... 2017 bien sûr !).

Après des années à réduire le budget de la recherche, le gouvernement annonce qu'il revoit à la baisse les nouvelles coupes qu'il projetait.

Après des années à s'acharner contre les cheminots et leur statut, le gouvernement tente de déminer le conflit à la SNCF en «imposant» à sa direction, selon la presse, des concessions sur la future organisation de leur travail (cette nouvelle n'est néanmoins pour l'heure que de l'enfumage, puisque la revendication des cheminots grévistes est non seulement que le décret socle fixant les règles relatives à la durée du travail et la convention collective en négociation soient au même niveau que la réglementation actuelle, pour éviter le dumping social, mais aussi que la loi travail soit retirée).

Et, de même, après l’annonce par les syndicats de pilotes d’une grève unitaire à Air France au début de l’Euro, il ne tardera sans doute guère à leur faire quelques promesses…

Mais pourquoi tant de «largesses» ou de «compréhension» soudaines ?

Certes pas parce que Hollande et sa clique ont brusquement découvert les vertus d'un socialisme dont ils n'ont revendiqué, un temps, l'étiquette que pour mieux en fouler aux pieds les principes et objectifs. Et pas seulement parce que la présidentielle approche. C'est aussi et avant tout parce que le mouvement en cours, dans la rue et ailleurs, a établi un certain rapport de forces avec le pouvoir que celui-ci opère ces reculs dans sa politique d'austérité.

Alors, loin de relâcher la mobilisation, renforçons-la pour contraindre le gouvernement et le patronat à céder complètement et durablement. Car ne nous leurrons pas : sans un rapport de forces conséquent pour maintenir la pression sur eux, les «conquêtes» sociales sont toujours fragiles. D’autant que l’on ne peut compter sur les centrales syndicales, dont la «stratégie» dépend toujours de leurs intérêts particuliers – depuis deux mois, elles ont suivi la dynamique sociale contraintes et forcées par la peur de la voir leur échapper, et à présent elles n’appellent plus qu’à une nouvelle journée nationale (c’est-à-dire parisienne) dans deux semaines, quand il s’agirait d’amplifier le blocage des raffineries, la grève dans les transports et les autres actions menées.

Si un rapport de force un peu moins défavorable aux salariés, chômeurs et précaires d'en bas (le prolétariat !) doit s’instaurer, il y a un axe important à développer, c'est que naisse le désir de se battre dans les petites entreprises, celles où règne le paternalisme, la peur et où se syndiquer est difficile. Relever la tête en somme... et dans cette perspective, les comités et assemblées peuvent tenter des choses par une solidarité, chose que les grosses structures syndicales font peu. Et n'oublions pas que ce genre d'entreprise c'est la majorité de la classe ouvrière.

Soyons toutes et tous, plus que jamais, déterminés, unis et lucides sur les enjeux de la lutte pour exprimer – par tous les moyens et partout où c'est possible – notre refus de la loi travail comme du système d'exploitation qui lui sert de fondement. En 2006, la lutte de la jeunesse scolarisée contre le contrat première embauche (CPE) a été victorieuse parce que les autres générations l'ont accompagnée afin que son avenir ne soit pas plus difficile encore que leur propre vie ne l'a été. Aujourd'hui, pour qu'un rapport de forces un peu moins défavorable aux salarié-e-s, chômeur-se-s et précaires puisse se développer, il faut que naisse le désir de se battre dans les petites entreprises, celles où travaille la majorité de la classe ouvrière mais où règnent le paternalisme, la peur, et où il est difficile de se syndiquer. Comités et assemblées de lutte ont là également un rôle à jouer, pour affirmer une solidarité en actes. Multiplions donc les initiatives locales sans attendre la manifestation du 14 juin à Paris.

Enterrons la loi El Khomri… et le capitalisme avec !

Ne lâchons rien !

OCL, le 3 juin 2016

Partager cet article

Repost0
30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 20:44

Le mouvement contre la réforme du code du travail est multiforme, et c'est tant mieux. Tout d'abord, une jeunesse scolarisée se révolte contre l'avenir que l'état-MEDEF lui prépare. Des journées de grève de fonctionnaires qui savent que leur sort est lié à celui du reste de la société, salariés d'une fonction publique où les contractuels, qui eux relèvent du code du travail, sont de plus en plus nombreux, salariés d'un secteur où la grève est plus simple qu'ailleurs. Des grèves éparses dans un secteur privé où les motifs de colère sont aussi très nombreux. Nuits Debout ! Où au delà de son lieu de travail, ou de non-travail, en grève, ou non, on peut rêver d'un autre monde et tenter de s'organiser pour changer celui-ci...

Tout le monde sait qu'un mouvement d'opinion ne suffira pas à faire reculer le gouvernement sur un projet d'une telle ampleur, réclamé par le patronat et voulu par la Commission Européenne. C'est à leur porte-monnaie qu'il faudrait frapper par des grèves reconductibles massives dans plusieurs secteurs. Mais nous nous trouvons devant le même mur depuis longtemps : il n'y a pas, ou très peu, d'autoorganisation des travailleurs, et les directions syndicales peuvent imposer leur agenda, elles qui avaient au départ prévu des journées de mobilisation très espacées. Elles sont en effet plus habituées aux négociations et aux compromis qu'à la lutte sans concession. Sous la pression, elles ont cependant chaque fois fini par appeler aux journées fixées par les étudiants. Il faut dire qu'avec la clause du referendum dans les entreprises, qui permet de signer un accord sans passer par elles, ne pas aller au combat serait un suicide. Elles perdraient le dernier élément de rapport de forces qui leur reste, leur position institutionnelle de négociateurs.

L'enjeu est très important. En même temps que la fin de facto de la protection des salariés, le gouvernement impulse aussi une réforme sur le chômage (sur laquelle quelques victoires viennent d'être remportées pour les intermittents) et une attaque d'ampleur contre les cheminots. Ils y vont au bulldozer, alors que nous sommes encore plombés par la défaite du mouvement pour la retraite de 2010. Nous n'avons pas le choix. Nous devons gagner quelque chose. Et ce quelque chose, nous ne pouvons le gagner que dans les luttes, en ne nous remettant entre les mains de personne, ni des directions syndicales, ni d'une hypothétique recomposition de la gauche pour les prochaines élections : ce coup là, on nous le fait maintenant depuis 35 ans.

La «grève par procuration», dont on a parlé à propos du mouvement de 1995 des cheminots, et qui semble une tentation aujourd'hui lorsqu'on s'en remet à la mobilisation des jeunes, a fait la preuve de son échec. Le gouvernement et le MEDEF ne craignent qu'une chose : l'extension de la grève dans le privé et la jonction entre les salariés en lutte et la jeunesse mobilisée. C'est à ça que nous devons nous atteler dans la mesure de nos moyens. En étendant les grèves comme nous pouvons. En multipliant les actes de solidarité réciproque. En s'organisant du mieux que nous pouvons pour éviter que d'autres nous organisent. Et en ne nous laissant pas diviser par la répression. Le pouvoir a envoyé ses bandes armées pour se défendre, normal quoiqu'un peu disproportionné en terme de forces en présence. Leur tactique : provoquer jusqu'au déclenchement d'affrontements pour ensuite isoler des morceaux de manifs en les désignant comme casseurs. Lorsqu'on remet en cause ce monde, on se heurte forcément à la violence du pouvoir, mais ce ne peut pas être un but en soi. Ne nous laissons pas intimider, mais gardons en tête nos objectifs : extension de la grève, des occupations de places, des actions de solidarité…

Organisation Communiste Libertaire

 

Partager cet article

Repost0
30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 16:09

Une fois de plus, le PS au pouvoir, c’est-à-dire au service du Capital, veut nous imposer ce que la Droite n’osait pas encore : devenir de la chair à patron, corvéables à merci, flexibles et disciplinés.

Une nouvelle fois, l'heure est venue de défendre de ce que nos prédécesseurs et nous-mêmes avons conquis ou réussi à sauvegarder par des luttes afin que soient imposées des limites à l’exploitation capitaliste et que nos existences ne se résument pas à une insupportable guerre de chacun contre tous pour la survie quotidienne.

Mais rappelons-nous que les mouvements sociaux menés ces dernières années se sont pratiquement tous soldés par des défaites et ont contribué à décourager nombre de travailleuses-eurs, de chômeurs-es et d’étudiant-e-s.

Les raisons de ces défaites nous les connaissons et il ne faudrait pas revivre aujourd’hui les journées de grèves isolées, espacées dans le temps, même avec des manifs monstres. Pour en finir maintenant avec la “loi Travail” du gouvernement PS, du Medef et de la CFDT, il va falloir aller plus loin, beaucoup plus loin et taper plus fort que lors du mouvement contre la “réforme” des retraites en 2010.

Nous savons que rien ne peut arrêter un mouvement social s’il est impulsé et porté par la grande masse des travailleurs, chômeurs, jeunes scolarisés en colère, unis et déterminés en dehors des logiques de boutiques et d’appareils quels qu’ils soient.

Il n’est pas de sauveurs suprêmes

Nous sommes à la veille des élections présidentielles et législatives de 2017. Nous nous en moquons car nous n’avons rien de bon à en attendre ; pour le mouvement social actuel qui tend à prendre de l’ampleur, ces évènements visant à renouveler le personnel politicien ne sont pas des échéances ! Nous ne sommes pas dupes, certains, bien visibles pour l’occasion, veulent utiliser ce mouvement pour grappiller quelques dixièmes de pourcentages au 1er tour des présidentielles. C’est petit, minable, mais c’est là leur éternel espoir de faire exister le Parti-guide et dirigeant de la future révolution ! D’autres, et c’est plus grave, voudraient déjà canaliser le mouvement vers l’impasse politicienne d’un hypothétique gouvernement de gauche dite alternative avec à sa tête un certain Mélanchon. Il n’y a rien à espérer de ce côté ! Il suffit de voir comment leurs amis de SYRIZA (qui veut dire “coalition de la gauche radicale”) en Grèce se sont est couché en moins de 6 mois devant les injonctions du FMI et des instances dirigeantes du capitalisme européen. Aujourd’hui en Grèce, c’est ce gouvernement de gauche “radicale” ou “alternative” qui applique l’austérité (fermetures d’hôpitaux, baisse des salaires et des pensions, licenciements, développement des emplois précaires…) qu’hier il disait combattre. En France, aujourd’hui plus qu’hier, il n’y a rien à espérer de ces soi-disant «débouchés politiques» qui ont toujours trahi et désarmé les hommes et des femmes qui luttaient à la base contre la bourgeoisie et le capitalisme.

Que faire ?

L’heure est à l’action et à la coordination de celles et ceux qui ont compris que c’est uniquement par la lutte que nous pouvons gagner. Une lutte prolongée et suffisamment puissante pour faire plier le gouvernement et les patrons. Une lutte décidée et prise en charge par ceux qui la mènent. De multiples initiatives ont été et sont prises sur Internet par l’intermédiaire des réseaux sociaux (en particulier l’initiative «#NuitDebout» – www.convergence-des-luttes.org) qui veut mettre en place les conditions qui nous permettent de nous réunir le 31 mars après la manif, pour discuter de l’après, des initiatives à prendre pour reprendre confiance dans notre force, poursuivre notre lutte et finalement décider du monde que nous voulons construire. Mais toute initiative doit trouver son prolongement sur les lieux de travail, les lieux de vie, dans les universités et les lycées, dans les quartiers et dans la rue que nous devons occuper massivement. Aujourd’hui, des cheminots nous font signe en débutant une grève reconductible qui peut nous montrer le chemin du blocage de l’économie capitaliste.

Alors, on y va, aujourd’hui et après, unis, déterminés et offensifs !

Ils veulent que nous ne soyons rien, montrons que nous sommes tout !

Organisation Communiste Libertaire

 

Retrouvez nous tous les lundis de 19 h à 20 h sur Radio Primitive 92,4 MHz dans l’émission L’Egrégore,

dans Courant alternatif

et sur le web : http://lechatnoir51.fr et http://ocliberaire.lautre.net

OCL c/o Egrégore, BP 81213, 51058 Reims cedex

Partager cet article

Repost0
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 19:07

Alors que le gouvernement veut nous mettre en ordre de marche pour la guerre contre le djihadisme et Daesh (1) à coups d'unité nationale et d'état d'urgence – ce qui, au passage, rogne considérablement et toujours davantage nos libertés individuelles et politiques (des manifestations de soutien aux migrants/réfugiés, ainsi qu’aux Kurdes pour dénoncer la répression en Turquie, ont déjà été interdites) –, nous apportons notre entière solidarité et notre soutien à la résistance active et révolutionnaire des Kurdes, qui combattent jour après jour des fascistes désireux de leur imposer la charia, le patriarcat et le capitalisme sauvage le plus abject (2).

Depuis la victoire de Kobané en janvier dernier, le Rojava (Kurdistan syrien) mais aussi une partie du Kurdistan turc s'organisent sur un nouveau modèle social – antiétatique, féministe et collectiviste ; et les milices de combattant-e-s kurdes YPG et YPJ (3) réussissent à faire reculer efficacement Daesh. Mais, de cela, les gouvernants français ne parlent pas ; ils préfèrent se rendre au G20 en Turquie pour négocier avec Erdogan, le Président turc qui a mené tout cet été une guerre sans merci contre les Kurdes et leur révolution (4). Ces gouvernants vendent aussi des armes à différents pays et groupes du Proche-Orient, ce qui poursuit une déstabilisation de la région déjà largement due aux menées impérialistes et colonialistes des « grandes puissances » (5).

Car le capitalisme, ce n’est pas seulement le réchauffement climatique. C’est également vendre des Airbus, des Rafale, des blindés et des équipements électroniques. Et c’est encore, pour renflouer des grands groupes capitalistes français défaillants, aller chercher des capitaux dans les régimes totalitaires des monarchies religieuses et intégristes du golfe Arabo-Persique – ces régimes qui soutiennent, financent et arment des mouvements djihadistes composés de dizaines de milliers de combattants, afin qu’ils mènent une guerre par procuration pour la conquête de l’hégémonie régionale au Proche-Orient !

Alors, c'est sûr, quand la guerre arrive sur le territoire français, tout le monde a la gueule de bois… mais quand l’armée française se bat (directement ou non) loin de ses frontières, n’est-ce pas déjà la guerre ?

Si, bien sûr, nous sommes écœuré-e-s par la mort et les blessures d’innombrables innocent-e-s dans les attentats qui ont été menés aveuglément en plein cœur de Paris le 13 novembre, nous n’acceptons pas et sommes indigné-e-s par la récupération – tout comme le 10 janvier avec les attentats à Charlie et l’Hyper Cacher – de l’émotion qu’ils ont suscitée. Ces attentats ne doivent pas nous faire oublier l'hypocrisie du gouvernement « socialiste » sur toutes ces questions.

Non à l'unité nationale et à l'état d'urgence – aujourd’hui comme en 2005 dans les banlieues ! Solidarité avec les combattant-es kurdes !

 

Notes :

(1) Voir les déclarations de Valls : http://www.humanite.fr/valls-sen-va-t-en-guerre-589708

(2) Pour comprendre un peu plus la domination politique et économique de Daesh en Syrie et en Irak : http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2015/06/26/comprendre-la-domination-de-l-etat-islamique-en-sept-minutes_4662905_3218.html

(3) Voir ce reportage sur l’entraînement des YPJ (sections combattantes uniquement féminines) : https://www.youtube.com/watch?v=ZmNlG_nmqEo

(4) Suivre l'actualité sur kedistan.net mais aussi lire la brochure : http://nevarneyok.noblogs.org/post/2015/09/22/brochure-la-sale-guerre-de-letat-turc-contre-le-mouvement-kurde-juillet-septembre-2015/

(5) 2015, année de tous les records pour l'industrie française de l'armement : http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2015/04/30/2015-annee-de-tous-les-records-pour-l-industrie-de-l-armement-tricolore_4625902_1656968.html

Partager cet article

Repost0