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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:39

Dans la nouvelle proposition du préfet, la partie nord du département serait composée de deux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).

Le premier regrouperait les communautés de communes Ardennes Rives de Meuse, Meuse et Semoy, Val et Plateau d'Ardenne (à l'exception des communes de Regniowez, Maubert-Fontaine, Etalle, Chilly, Arreux et Houldizy), Plaines et Forêts de l'ouest ardennais (à l'exception des communes de Tournes, Cliron, Damouzy, Belval, Sécheval et Haudrecy) et les communes de Revin, Anchamps et Murtin-Bogny. Soit une population de 56 345 habitants.

Le second regrouperait la communauté d'agglomération Cœur d'Ardenne, les communautés de communes du Pays sedanais, des Balcons de Meuse et du Pays des Sources au Val de Bar et les communes d'Arreux, Bazeilles, Belval, Cliron, Tournes, Damouzy, Fagnon, Neufmanil, Nouvion-sur-Meuse, Houldizy, Sécheval et Haudrecy. Soit plus de 130 000 habitants.

S'agissant du premier périmètre, le préfet estime que sa proposition offre «une cohérence territoriale accrue» et intègre «une notion de solidarité de projets axée sur l'économie touristique et le désenclavement routier», en précisant que la fermeture annoncée de l'usine Electrolux de Revin constitue un facteur déterminant dans cette évolution.

Le projet de modification du second périmètre est motivé par la création «d'une entité pertinente, appréhendée à partir des dynamiques territoriales observées» (bassin de vie, déplacements domicile-travail, schéma de cohérence territoriale). Il souligne par ailleurs que ce pôle urbain fort, allant de Tournes à Bazeilles, «est plus que jamais pertinent pour renforcer l'attractivité de l'agglomération et des Ardennes» puisqu'il s'agira de la deuxième agglomération de Champagne-Ardenne.

Si ce nouveau schéma de coopération intercommunale était adopté, on passerait donc de onze à sept intercommunalités dans le département.

Ces différentes propositions seront soumises à la commission départementale de la coopération intercommunale (CDCI) le vendredi 7 décembre. Cette commission est composée de 42 membres (douze représentants des communes, dix-sept représentants des établissements publics de coopération intercommunale, deux représentants des syndicats intercommunaux et des syndicats mixtes, quatre représentants du conseil général et deux représentants du conseil régional).

Pour que le nouveau schéma soit accepté, il suffit d'un tiers de voix favorables. Si des amendements sont proposés, en revanche, ils doivent recueillir les voix des deux tiers des membres de la CDCI pour être adoptés. Si la commission se prononce favorablement sur ces modifications de périmètres, celles-ci seront alors soumises à l'approbation des collectivités concernées.

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 12:12

Voté désormais en loi de finances, le fonds départemental de péréquation de la taxe professionnelle s'élève à 12 142 222 euros pour l'année 2012, soit une baisse de 8,22 % par rapport à 2011, ceci pour les Ardennes.

Depuis 1997, la répartition de ce fonds se faisait entre toutes les communes ardennaises, à l'exception de Chooz, qui n'entrait pas dans les critères définis par le Code général des impôts en raison de son potentiel fiscal élevé.

Pour 2012, il a été proposé aux conseillers généraux de revoir ce mode de répartition et de ne retenir que les communes ayant une population inférieure à 10 000 habitants et un potentiel fiscal inférieur à 7 000 euros par habitant et que les groupements de communes ayant une population inférieure à 40 000 habitants et un potentiel fiscal inférieur à 800 euros par habitant.

Ce qui exclut de fait les communes de Charleville-Mézières et de Sedan mais aussi le Pays sedanais et la communauté d'agglomération Cœur d'Ardenne.

Le Parti communiste demande au préfet de ne pas entériner cette délibération, le maire de Sedan envisage un recours au tribunal administratif

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 17:33

Dans le cadre de la reconstruction de la ligne très haute-tension reliant Charleville à Reims, Réseau de transport d'électricité (RTE, filiale d'EDF) met à disposition un fonds de 8 millions d'euros pour financer des projets de développement local sur le territoire, dont 7 millions pour les Ardennes. Une somme colossale qui correspond à environ 10 % de l'investissement global prévu pour le projet de reconstruction.

La clef de répartition générale a été dévoilée : 25 % des fonds seront réservés aux communes, 60 % pour les autres collectivités et 15 % pour les autres. Les conventions seront signées en 2014 et les aides versées en 2015 au moment de l'ouverture du chantier de la ligne.

La ligne électrique de 400.000 volts dite Charleville-Reims relie en fait Lonny à Vesle (Marne). Construite dans les années 1970, elle permet de desservir en électricité (notamment produite par la centrale nucléaire de Chooz) un bassin d'un million d'habitants dans les Ardennes, la Marne et l'Aisne. La nouvelle ligne en double circuit (deux circuits sur un même pylône) sortira de terre dès 2015, pour une mise en service en 2016. L'ancienne ligne sera démontée en 2017. Son coût est estimé à au moins 80 millions d'euros, 105 millions d'euros en tenant compte des aménagements des postes de Lonny, Seuil et Vesle ainsi que les différentes indemnisations.

Le projet sera soumis à la procédure de déclaration d'utilité publique en 2013, comprenant une enquête d'utilité publique.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 10:22

La maire de Courcy s'est vue notifier par les services de l'État que ce n'est plus elle qui aurait le suivi du dossier visant à l'implantation du centre de formation du Stade de Reims sur une partie des 90 hectares que sa commune détient pourtant sur l'ex site militaire.

Depuis le mois de juin, c'est pourtant la commune de Courcy qui a reçu des mains de la sous-préfecture de Reims le montage du dossier «Stade de Reims». Une volte-face qui intervient une fois que le pilotage de ce projet «est finalisé et chiffré», selon la maire de Courcy.

«Les démarches réitérées de Madame Hazan auprès du ministre ont largement freiné les prises de décisions. Elle souhaiterait en effet que cette AOT ne soit accordée qu'en contrepartie d'une adhésion de notre commune au Syndicat du Nord Rémois. […] Le fonctionnement par consensus, souhaitable pourrait se faire sur des projets concrets et réels. or, tout laisse à penser que l'agglomération n'a pas d'ambition pour ce site […] Un seul et unique projet a intéressé Madame Hazan pendant trois années : celui d'un aéroport d'affaires.[...] Depuis quatre ans, nous subissons un véritable harcèlement, des pressions et sommes la cible de propos insultants pour que notre commune se soumette sans sourciller au diktat des dirigeants actuels de l'agglomération rémoise et de certains élus marnais. Le grand Syndicat du Nord Rémois ne peut imputer à la seule absence des communes de Courcy et de Brimont son inefficacité.»

Le départ de 1 500 emplois civils et militaires, l'histoire de l'implantation d'un radar puis un revirement, le dossier de la base 112 va décidément de surprise en surprise.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 16:38

"La consommation déraisonnée de l’espace agricole" est dénoncée depuis plusieurs années par la FDSEA (fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles) de la Marne. Une convetion signée ce mardi matin avec AGENCIA, société d'aménagement du Pays rémois devrait apaiser, au moins temporairement, les tensions.

Pour sensibiliser le grand public et les acteurs locaux à cette problématique, les agriculteurs de la région de Reims ont décidé, il y a deux ans, de mettre en culture une parcelle située à la Croix Blandin, près de Reims, les bénéfices des récoltes étant reversés à l’ACCIR (association champenoise de coopération inter-régionale). Le montant remis cette année atteint 3165 €.

Ce  matin, la FDSEA et AGENCIA, société d’aménagement du Pays rémois et propriétaire de la parcelle, ont signé une convention d’occupation précaire pour cette parcelle, officialisant l’utilisation de ces terres par les agriculteurs tant qu’elles ne sont pas encore urbanisées.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:58

Vacarmes.jpgL'association Vacarmes, qui a très souvent mis les pieds dans le plat et les élus en face de leurs responsabilités dans le cadre du dossier de la base aérienne 112, a décidé, lors de son assemblée générale, de relancer la machine.

«L'unanimité s'est faite pour condamner le silence, l'opacité et les promesses non tenues par les élus du Syndicat du Nord rémois ainsi que par la préfecture. En mai et juin 2012, nous avions révélé les incohérences existant au sein de ce s mixte. Nous avions fait trois propositions susceptibles de permettre une sortie d'impasse. Une majorité des élus membres du SNR y étaient favorables. Des engagements avaient été pris, notamment par Monsieur Savary (président) et Madame Hazan (vice-présidente) concernant d'une part la participation de Vacarmes aux réflexions et d'autre part la mise au vote de nos propositions. Une réunion du SNR a eu lieu le 8 octobre. Les engagements pris n'y ont même pas été évoqués. Ce mépris de la parole donnée a révolté les adhérents de Vacarmes».

«Concernant les projets associés à la reconversion de la BA112, les informations en notre possession sont inquiétantes quant à la volonté réelle du SNR d'œuvrer pour une valorisation rapide de la base. Entre le risque d'un site abandonné, d'un site à vocation de poubelle pour activités sales et/ou toxiques, d'un site… tout reste possible ! 1 600 emplois ont été perdus avec la fermeture de la base militaire. L'Etat, au travers du Contrat de site, a prévu plusieurs millions d'euros pour la redynamisation du lieu. Cet argent ne doit pas servir à nourrir des cabinets de conseil et d'études (privés ou publics)… jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien pour les réalisations concrètes !».

La maire de Courcy, commune non adhérente au SNR, qui détient 90 hectares de la base, espère annoncer la signature d'un contrat de site avant la fin de cette année.

On parle toujours de la construction du centre de formation du Stade de Reims, d'un projet «industriel» (déménagement d'une société implantée aujourd'hui, route de Witry) ainsi que d'un volet culturel. Reste à savoir quelle place auront les agriculteurs au sein de ces projets, eux qui exploitent encore aujourd'hui environ 200 hectares de terres arables sur le territoire de l'ancienne base.

La vice-présidente du Syndicat du Nord rémois, maire de Reims et présidente de Reims métropole se dit d'accord pour auditionner Vacarmes et rappelle qu'un large consensus s'est déjà fait sur plusieurs projets : la réalisation du centre d'entraînement du Stade de Reims (dès que Courcy entrera dans le syndicat), la cité du patrimoine et un projet de ferme pédagogique porté par la FDSEA.

Suite au prochain numéro !

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 10:37

Le 31 décembre 2012 représente la date butoir donnée au Préfet pour prendre les arrêtés des nouveaux périmètresdu schéma départemental de coopération intercommunale établi le 17 décembre 2011. Ce document prévoyait d'abord le passage de 17 à 11 intercommunalités (dix EPCI pour rationaliser le périmètre des EPCI), et de 178 à environ 140 syndicats afin de supprimer des structures devenues obsolètes ou n'étant plus pertinentes. 

La Thiérache ardennaise et de la région de Signy-le-Petit et des communes qui leur sont désormais rattachées (Chilly, Etalle, Marlemont, Maubert-Fontaine et Regniowez) deviendra Ardennes Thiérache. Structure qui concernera 37 communes et aura Maubert-Fontaine pour QG.

Les com'com de Val et Plateau d'Ardennes et de Plaines et forêts de l'ouest ardennais deviendront Val-de-Meuse Porte-de-France. 81 membres composeront cet EPCI de 32 communes pour un secteur géographique de 24 300 habitants.

Les com'com du Rethélois, de l'Asfeldois, du Junivillois et des Plaines du Porciendeviendront Rethel Nord Champagne. Cette collectivité qui fait tout pour être à pied d'œuvre en 2004 comprendrait 91 membres de 65 communes et représenterait 30 000 habitants.

La commune de Neufnamil demande une année supplémentaire pour intégrer la communauté d'agglomération Cœur d'Ardenne, étant «encore lié par contrats en 2013 avec des entreprises pour le ramassage des ordures ménagères, la collecte sélective, l'entretien du réservoir d'eau potable ou l'assainissement collectif».

La commune de Bazeilles souhaite disposer d'un peu de temps avant son entrée dans le Pays Sedanais.

La maire de Charleville-Mézières n'a pas abandonné l'idée d'attirer Tournes et Cliron dans le giron de Cœur d'Ardenne pour disposer de réserves foncières à mettre dans la corbeille de mariage avec le Pays Sedanais qui, lui, dispose actuellement des moyens nécessaires pour attirer d'éventuels porteurs de projets à Bazeilles et Donchery. On prétend qu'elle effectue du lobbying auprès du ministère concerné pour annuler le schéma actuel. Pour rappel, les élus de Coeur d'Ardenne ont demand" de mettre en place une autre carte basée sur un plan de 2006, défini par le préfet de l'époque, instituant une grande agglomération ardennaise incluant dans son périmètre : Bazeilles, les intercommunalités du Sedanais, des Sources au Val de Bar, des Balcons de Meuse et Cœur d'Ardenne.Ainsi que les communes Neufmanil et de l'ouest de Charleville-Mézières (Belval, Tournes Cliron, Damouzy, Sécheval, Arreux, Houldizy et Fagnon).

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 09:51

Digue-Marle.jpgLes manifestants se battent contre la réalisation d'un site d'écrêtement des crues destiné à limiter les inondations dans ce secteur. Un ouvrage qui serait construit, selon eux, à 150 mètres des premières maisons. Un véritable «barrage de la peur», selon certains habitants. Un barrage qui retiendrait «jusqu'à 3 millions de mètres cubes à 800 mètres de l'usine Bayer classée Seveso 2, la seule source d'emplois de dimension à Marle».

L'ouvrage envisagé mesure 600 mètres de long, 40 mètres de large et 5,30 mètres de hauteur. Il a un coût très élevé que dénoncent aussi les opposants. Huit millions d'euros pour les études et les travaux. «On ne gagnera que 15 centimètres d'inondation. Il y a des choses à faire moins onéreuses. Il s'agit entre autres de nettoyer et élargir la Serre et le Vilpion, et démanteler les digues des bassins de décantation de l'ancienne sucrerie qui constituent un véritable bouchon».

Les anti-digue veulent aussi protéger des espèces en voie de disparition. Ils craignent pour des plantes rares protégées par la loi.

Pour l'entente Oise-Aisne à l'origine du projet, «l'aire devrait profiter à Marle et à une douzaine de communes en aval. Au total, 220 logements et 26 industries bénéficieront d'un abaissement d'une trentaine de centimètres pour des crues de 20 à 30 ans de période de retour (similaires à celles de novembre 2002, janvier 2003 et décembre 1993)». C'est ce principe qui a été mis en œuvre à Proisy et qui a déjà «fait la démonstration de son efficacité lors de la crue de janvier 2011 : avec un abaissement de 55 cm des niveaux d'eau, c'est environ 70 millions d'euros de dommages qui ont été évités à la société, tout au long de la vallée de l'Oise».

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 16:13

En juin dernier, les cheminots CGT avaient lancé un cri d'alarme au sujet de l'état (qu'ils jugent mauvais) de plusieurs lignes ferroviaires champardennaises. Cela leur avait même valu un rappel à l'ordre de la hiérarchie quant à leur devoir de réserve… Ils récidivent pourtant avec une nouvelle alerte, ciblée cette fois sur la ligne Reims-Fismes.

Ils dénoncent en substance la trop grande sensibilité des rails de cette ligne aux fortes chaleurs, sensibilité qui s'était traduite cet été par des réductions de vitesse des trains. A certains endroits de cette ligne, les gros boulons assurant la stabilité de ces rails (les tire-fonds) tiennent si mal qu'ils peuvent s'enlever à la main !

RFF (Réseau ferré de France), à qui incombe naturellement cet entretien, on reconnaît que la CGT n'a pas forcément entièrement tort, même si l'on trouve qu'elle exagère un peu et annonce un tronçon de 3-4 km (sur un total de 26) qui pourra bénéficier d'un rajeunissement en 2014, et qu'au-delà de cette date, malheureusement, «nous n'avons pas de visibilité».

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 11:22

À Paris, l’idée de dompter la Seine était dans l’air depuis le XIXe siècle. Après les grandes inondations de 1910 et de 1924, le projet prit corps. Et ce, d’autant plus, que la perspective de barrages-réservoirs assurait les Parisiens, toujours plus nombreux, d’un approvisionnement constant en eau potable, y compris pendant les étés secs.

Dès 1925, il fut envisagé de barrer l’Yonne à hauteur de Pannecières (Nièvre), de créer des lacs-réservoirs pour contrôler la Seine, l’Aube et la Marne. Les Aubois furent vent debout contre pareil projet chez eux. Le président du conseil général, Léon Huot, dès 1930, le député Léon Boisseau, en 1931, organisèrent la riposte, relayés par la chambre d’agriculture puis, à partir de 1956, par un comité de défense. Que les Parisiens aillent chercher un terrain ailleurs ! Tel était le leitmotiv aubois. Or, c’est précisément la nature de son sol, constitué d’argiles de Gault suffisamment homogènes et épaisses, qui avait fait retenir la région de Géraudot - Mesnil-Saint-Père - Lusigny, une région traditionnellement riche en étangs. L’ingénieur parisien Henri Chabal avait repéré ces terrains particulièrement propices à son projet alors qu’il était mobilisé dans l’Aube pendant la Première Guerre mondiale. Puis les ingénieurs se succédèrent, les dossiers évoluèrent mais l’idée de Chabal forgea les grandes lignes de l’infrastructure définitive : créer non pas un barrage sur le fleuve, mais détourner l’eau partiellement et provisoirement vers un lac-réservoir au moyen de canaux. La mise en oeuvre s’annonçait coûteuse et techniquement complexe : il fallait déterminer une capacité suffisante pour endiguer les crues notamment printanières tout en ayant prévu d’assurer un débit satisfaisant pour la Seine en été. Le tout en évitant que les digues puissent être submergées, mais en maintenant assez d’eau pour alimenter une usine hydroélectrique. Les Aubois, eux, mettaient l’accent sur les inconvénients d’une telle aventure : le risque de catastrophe en cas de rupture d’une digue, la disparition sous les eaux de trois tuileries, de trois fermes et, surtout, de la forêt de Larrivour, l’une des plus belles forêts de chênes du département ; s’y ajoutait l’obligation de transférer les cent quatre-vingts tombes du cimetière de Mesnil-Saint-Père. Le projet resta en plan.

barrage-reservoir-de-Panneciere.jpgLe premier à avoir été réalisé fut le barrage-réservoir de Pannecière (Nièvre), qui barre l'Yonne purement et simplement, à hauteur de ce site du Morvan choisi pour l'étanchéité de son granit. Qualifié d'infrastructure de «première urgence», mis à l'étude en 1929, le chantier débuta en 1937 pour s'achever en 1949.

Ensuite, s'ouvrit l'ère des trois lacs-réservoirs de Champagne, dans des terrains particulièrement argileux, sur le principe de canaux de dérivation : sur la Seine, la Marne et l'Aube. Le pionnier de cette série fut le lac d'Orient, réservoir Seine, inauguré le 31 mars 1966. Il n'était étiqueté que «seconde urgence», jugé moins efficace et très coûteux par rapport au lac-réservoir Marne, projet le plus ambitieux dont un embryon avait été réalisé en 1938 sur un de ses affluents, la Blaise : le lac-réservoir de Champaubert-aux-Bois (450 ha).

Il fallut le nouveau plongeon du Zouave du Pont de l’Alma, en 1955, pour accélérer la mise en œuvre du lac d'Orient. Au printemps 1956, à la phase d’enquête d’utilité publique, les Aubois montèrent de nouveau au créneau. Sans surprise, l’avis définitif fut négatif. Selon les conclusions du préfet de l’Aube, la faute en incombait au manque de concertation, de transparence et d’information avec lesquelles les Parisiens voulaient imposer le lac. Finalement, la multiplication des réunions, les engagements de dédommagements aboutirent à un accord en juillet 1956. Les Aubois convenaient que le département avait aussi à y gagner : Troyes serait préservée des inondations.

Le 16 novembre 1959, les travaux commencèrent. Un chantier gigantesque pour une infrastructure impressionnante. Tout commence à Bourguignons et Courtenot, le cours de la Seine, partiellement détourné, est amené par le canal du même nom vers le déversoir de la Morge qu’on aperçoit depuis la DR 619 à proximité du Ménilot. À quelques centaines de mètres de là, une grande vanne, sous l’eau, ouvre la voie vers l’usine hydroélectrique et le canal de restitution qui, à Ruvigny, se divise entre le canal de Saint-Julien et le canal de Baires.lac-d-Orient.jpg

Le chantier employa en moyenne 300 personnes par jour, dont beaucoup d’ouvriers portugais et algériens. Si les salaires mensuels étaient bons, c’est parce que les journées comptaient de neuf à quatorze heures de travail. Le préfet de l’Aube exprima le souhait qu’on «ne sollicite pas la main-d’oeuvre auboise, déjà trop réduite pour les besoins de la région».

Le lac-réservoir Seine compte cinq digues en terre recouvertes de remblai : les digues de Géraudot, Chavaudon, Beaumont, Mesnil-Saint-Père et la digue de la Morge, la plus haute, atteint vingt-quatre mètres. Elles accumulent 205 millions de mètres cubes sur une surface de 2 300 ha. Le canal d’amenée se développe sur 12,7 km dont 1,8 km en souterrain (près de Poligny). Le réservoir Seine peut abaisser de 40 cm le niveau des grandes crues et, en été, augmente le débit de la Seine de 20 m3/seconde, exceptionnellement de 35 m3/seconde. Le coût total s’éleva à 147 millions de francs.

Lac-du-Der-copie-1.jpgAvec le lac d'Orient, le SBR (Service des barrages-réservoirs) voulait se ménager une épreuve préparatoire, tant au plan technique que politique, avant de se lancer dans la réalisation du lac du Der-Chantecoq, la plus vaste et la plus dévastatrice des infrastructures. Là, il était prévu de noyer… trois villages : Chantecoq, Champaubert-aux-Bois et Nuisement-aux-Bois. En dépit de la vive opposition des populations, le lac du Der qui empiète sur deux départements, la Marne et la Haute-Marne, fut construit à partir de 1967 et inauguré le 3 janvier 1974. Aujourd’hui, il ne reste des trois communes englouties que l'église de Champaubert, aujourd'hui sur la presqu'île de Champaubert. La mairie-école, l'église et son cimetière, la maison du forgeron ainsi qu'un pigeonnier de Nuisement-aux-Bois, ont, quant à eux, été reconstruits au musée du pays du Der à Sainte-Marie-du-Lac-Nuisement. Sa capacité nominale est de 350 hm. Avec une superficie de 48 km2, il est le plus grand lac artificiel d'Europe, en excluant les lacs de barrage. Il est par ailleurs le plus grand lac artificiel de France métropolitaine, toutes catégories confondues.

Restait le lac-réservoir Aube. En 1956, alors que les Aubois étaientLac-Aube.jpg arc-boutés contre le projet du lac d'Orient, il avait été décidé d'abandonner temporairement le dossier du lac-réservoir Aube. En 1975, il fut ressorti des cartons. Comparée à l'histoire du lac d'Orient et à celle du lac du Der, l'aventure de la création du dernier des lacs se déroula dans un climat serein. D'autant que les expulsions se limitaient à deux familles de locataires. Il y eut bien la constitution d'une association de défense, une marche de protestation dans la forêt en 1976, une manifestation à Troyes, en 1977, à l'occasion de la Journée de l'Arbre, mais forte de son expérience, l'IIBRBS (Institution interrégionale des barrages réservoirs du bassin de la Seine) joua largement la carte de la concertation et plus encore des compensations financières. Surtout, de nombreux paramètres avaient changé en vingt ans. Les études d'impact sur l'économie et l'environnement étaient d'actualité.

Le projet fut réétudié, redessiné pour prendre en compte la flore, la faune, en particulier les oiseaux et les poissons. L'idée d'un développement touristique n'était plus perçue comme une utopie : le parc naturel de la forêt d'Orient avait été créé en 1968 et dès 1970, sa charte intégrait le futur lac Aube. Parallèlement, s'était imposée une nouvelle contrainte liée à la perspective de la centrale nucléaire à Nogent et à sa mise en service, en 1988. Il fallait nécessairement pouvoir compenser, entre juin et octobre, le débit consommé par la centrale.

Le gigantesque chantier du lac-réservoir Aube fut lancé en 1983 avec cette caractéristique de créer un ouvrage au profil nouveau : deux bassins - lac Amance et lac du Temple - reliés par un canal de jonction. La prise d'eau à Beaulieu, près de Jessains, la digue de Radonvilliers, la digue de Brévonnes et le canal de restitution aboutissant à Mathaux représentèrent les principales étapes des travaux du lac-réservoir, inauguré au début de l'été 1992. Puis vint la touche finale : l'aménagement de Port-Dienville.

Le 26 juin 1990, avec l'inauguration des lacs Amance et du Temple, la boucle est bouclée : c'en est enfin fini du projet conçu dès les années 1920 de créer sur la Seine et ses affluents, quatre lacs-réservoirs pour éviter les inondations de Paris et surtout lui assurer un débit suffisant d'eau en été.

Mais pour aider les lacs qui stockent jusqu'à 830 millions de m3 d'eau, l'IIBRBS prévoit ainsi la création d'un cinquième aménagement. En effet, les lacs existants permettent d'atténuer les crues mais pas de les éliminer. Ce nouvel aménagement appelé «la Bassée» a donc pour but de parfaire l'action des quatre lacs-réservoirs. Situé en Seine-et-Marne, ce site s'étend sur 16 000 ha. Il est l'une des plus importantes plaines inondables en amont de Paris. Il consiste à réaménager une plaine, en amont de Montereau-Fault-Yonne, pour y stocker temporairement 55 millions de m3 d'eau pompés dans la Seine, pour réduire une éventuelle crue exceptionnelle de l'Yonne ou de la Seine. Ce projet reviendrait à 500 millions d'euros.

Un autre projet, celui d'un «lac des côtes de Champagne», est à l'étude. Il permettrait de contrôler le bassin versant de la Saulx, en amont de Vitry-le-François. D'une superficie possible de 2 300 ha et d'une capacité d'environ 130 millions de m³, il serait construit sur le principe des autres lacs : des digues en terre entourant un plan d'eau. Cependant, ce projet ne semble pas être la priorité de l'IIBRBS qui privilégie celui de «la Bassée». Une troisième étude a été menée par l'institution pour l'éventuelle construction de nouveaux lacs-réservoirs sur certains affluents de l'Yonne.

 Les quatre grands lacs de Seine fonctionnent de la même manière. En hiver et au printemps (de novembre à juin), les lacs-réservoirs sont progressivement remplis, grâce aux canaux d'amenée ou au barrage, puisqu'à ces périodes les rivières sont au plus haut. Ainsi, on évite les inondations : c'est l'«écrêtement des crues». De juillet à octobre a lieu le «soutien d'étiage» : lorsque, durant l'été, les cours d'eau sont à leur niveau le plus bas, l'eau contenue dans les lacs leur est reversée. Cette vidange peut se prolonger sur le mois de novembre et décembre en cas de sécheresse exceptionnelle. Au 1er novembre, les lacs sont presque vides : il n'y reste que la «tranche morte», la quantité d'eau nécessaire à la survie des poissons dans les lacs et la «tranche de réserve», prévue en cas d'étiage important aux mois de novembre et décembre. Le volume d'un de ces lacs-réservoirs dépend de l'importance des crues et des sécheresses.

L'environnement a été profondément transformé par la construction des ouvrages, le paysage aussi : de nombreux hectares de forêt furent détruits pour implanter les lacs. Ils modifient le régime hydraulique des rivières, rendant impossibles certaines crues au printemps, pourtant indispensables à la reproduction du brochet. D'autre part, le lac de Pannecière empêche la libre circulation des truites et limite donc leur reproduction en aval du barrage durant l'hiver. Cependant, leur «qualité écologique» a fait d'eux un lieu de passage important de la grue cendrée et d'autres espèces d'oiseaux lors de leur migration.

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 09:10

Fruit du Grenelle de l'environnement, le canal devait permettre aux péniches de grande taille de connecter le bassin de la Seine au Nord-Pas-de-Calais et aux 20 000 km du réseau grand gabarit d'Europe du Nord.

Pour les protagonistes du dossier, l'abandon de cette voie d'eau à grand gabarit de 106 kilomètres de long apparaît désormais inévitable, même si les pouvoirs publics ne veulent pas encore l'officialiser. S'il se confirmait, ce renopncemetn serait un coup dur pourl'économie régionale.

L'opération d'attribution du partenariat public-privé (PPP) pour la construction et la maintenance de l'ouvrage est «suspendue». Bouygues, comme le groupement concurrent Vinci-Eiffage, n'a pas pas reçu de Voies Navigables de France (VNF) «les règles du jeu» pour la prochaine étape de l'attribution du contrat, le «dialogue compétitif».

Le Schéma national des infrastructures de transport (Snit) fixe à 245 milliards d'euros sur 25 ans l'enveloppe nécessaire pour moderniser et entretenir les infrastructures existantes tout en développant de nouvelles installations.

L'achèvement du projet, qui devait constituer le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l'Europe du Nord, était prévu pour 2016-2017. Sa réalisation était estimée à 4,3 milliards d'euros dont 2,1 milliards de partenaires privés et devait générer 45 000 emplois à l'horizon 2050.

Le ministre des Transports qui avait déjà exprimé à de nombreuses reprises ses doutes sur ce canal, estime que son coût est «manifestement sous-évalué». Dans le numéro de septembre du magazine des Chambres de commerce et d'industrie du Nord, le ministre juge qu'il existe «une incertitude sur la capacité du partenaire privé à réunir les financements».

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 10:09

Le temps des vaches grasses (si tant est qu'elles l'aient été ces dernières années…) n'est plus qu'un aimable souvenir. Et au train où vont les choses, ce n'est pas demain la veille que des bovins rumineront en regardant passer des convois sur la ligne transfrontalière reliant Givet à Dinant. Quant à l'autoroute devant permettre, d'un coup de volant, de se rendre de Charleville-Mézières à Charleroi, elle risque fort de déboucher sur de modestes chemins de traverse une fois passée la frontière…

Depuis 1988, date de l'arrêt du transport de passagers entre les deux villes frontalières, des voix chaque jour plus nombreuses (mais essentiellement françaises…) réclament la réouverture de ce tronçon.

«Il nous est tombé sur la tête de très mauvaises nouvelles concernant l'état de la ligne déjà existante entre Charleville et Givet : il va falloir investir 180 millions d'euros pour la remettre en état. On ne peut plus séparer ces deux dossiers. La perspective de voir rouler des trains entre Givet et Dinant dans un proche avenir est suspendue à la décision qui sera prise sur le dossier de la ligne Charleville-Givet. Il faut donc moins rêver…»

Difficile de croire en effet que par les temps qui courent, Réseau ferré de France va consentir simultanément deux efforts aussi lourds de conséquences en terme budgétaire.

Les autorités belges n'ont jamais inscrit le tronçon Givet-Dinant parmi leurs priorités, préférant miser sur la liaison Bruxelles-Luxembourg via Namur. Or on vient d'apprendre que même ce dernier projet, pourtant jugé crucial par quasiment tous les élus wallons, est reporté aux calendes grecques.

Pour Infrabel (l'équivalent belge de Réseau ferré de France), «Il est impossible de réaliser le même nombre de chantiers avec moins d'argent. Aujourd'hui, nous préférons dire : avec ce que l'on nous donne, voilà ce que l'on peut faire. Il nous paraît de toute façon irréalisable de nous engager auprès d'entrepreneurs que nous ne pourrions plus payer dans quelques mois».

Autre dossier, autre blocage : aux dernières nouvelles, la fameuse «ranche ouest de l'Y autoroutier ardennais» (rebaptisée plus sobrement A 304) risque fort de déboucher, peu après la frontière, sur une route classique à deux fois une voie.

Avec tous les problèmes de circulation que ce goulot de rétrécissement ne pourra qu'engendrer : à l'échelle européenne, on parle quand même ici de l'autoroute Marseille-Rotterdam !

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