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Les lignes qui suivent n'ont pas la prétention de faire le bilan théorique de plusieurs décennies de lutte. Il s'agit simplement de (ré)affirmer qu'une résistance à la nucléarisation du monde a toujours existé et demeure largement méconnue. En dépit de sa faiblesse, le mouvement d'alors s'est trouvé confronté à des problèmes qui ne manqueront pas de se poser à nouveau si l'opposition au nucléaire renaît de ses cendres.

Ce texte s'inspire largement de l'introduction à l'ouvrage publié par l'Association contre le nucléaire et son monde : Histoire lacunaire de l'opposition au nucléaire édite en mars 2007.

 

LES DÉBUTS DE LA CONTESTATION ANTINUCLÉAIRE

C'est à la fin des années 1960 que fut lancé le premier programme d'implantation de centrales nucléaires en France. Dans le contexte d'effervescence sociale d'après Mai-68, la première manifestation nationale contre l'implantation d'une centrale nucléaire eut lieu le 12 avril 1971 à Fessenheim. Elle rassembla 1 500 personnes dans une ambiance bon enfant et non-violente. Les 10 et 11 juillet 1971, entre 10 000 et 15 000 personnes manifestèrent leur opposition à la construction de la centrale du Bugey. Ce fut autour des revues Charlie Hebdo, La Gueule ouverte et de la revue de scientifiques critiques Survivre d'une part, et d'organismes écologistes en expansion comme Les Amis de la Terre et la Fédération nationale de l'environnement qui publiait la revue Combat Nature d'autre part, que la mobilisation nationale prit forme. Comme les premières luttes écologiques, ces manifestations tranquilles traduisaient l'apparition de la conscience de la dégradation de l'environnement et de sa destruction programmée. Y participèrent, parfois aux côtés de populations locales en lutte, des groupes partis vivre en communauté à la campagne, des non-violents aux perspectives utopistes et quelques «radicaux» qui n'hésitaient pas à s'impliquer dans une lutte particulière...

                           

LA POLITIQUE DU FAIT ACCOMPLI MENÉE PAR L'ÉTAT

Après la Deuxième Guerre mondiale, l'État français s'engagea dans une politique d'industrialisation volontariste en créant des organismes chargés d'assurer les conditions du passage à une production et une consommation de masse. Ainsi, l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) eut pour vocation d'industrialiser l'agriculture alors que le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) était chargé de jeter les bases d'un développement du nucléaire militaire et civil. En cette période d'euphorie scientiste, le nucléaire civil, qui incarnait l'idée du progrès, constituait une réponse bureaucratique, industrielle et centralisée à la consommation d'énergie. Face à la croissance exponentielle de la demande d'électricité, elle avait l'avantage d'assurer aussi la production des armes nucléaires, ce qui fut rendu évident par le choix de la filière du plutonium et du retraitement.

Le choc pétrolier de 1973 fut, de ce point de vue, une aubaine pour le pouvoir le lancement à grande échelle du programme nucléaire civil en France (en 1974) fut approuvé par l'ensemble de la classe politique. Au cours des débats parlementaires qui eurent lieu à ce sujet, tous les partis y virent l'affirmation d'une spécificité française. Paradoxalement, l'abandon de la filière obsolète graphite-gaz passait par le lancement de la filière eau sous pression sous licence américaine, jusqu'à la mise en route de ce qui devait être le fleuron de la technologie française ; la filière à neutrons rapides, avec surgénérateur de Creys-Malville. Pour la bureaucratie, bien sûr, il n'y avait pas lieu de discuter des choix stratégiques de l'État. Mais, à partir de cette date, une agitation composite se cristallisa autour de chaque projet de centrale, notamment au Blayais en Gironde, à Golfech dans le Tarn-et-Garonne, en Bretagne, etc.

Côté scientifique, le regroupement de quelques-uns d'entre eux aboutit, en décembre 1974, au lancement d'un Appel des scientifiques à propos du nucléaire français destiné aux «chercheurs, médecins, professeurs, techniciens...» dit Appel des 400. Dans cet appel, les scientifiques, qui créeront par la suite le Groupement des scientifiques pour l'information sur l'énergie nucléaire (GSIEN), invitent e la population à refuser l'installation des centrales tant qu'elle n'aura pas une claire conscience des risques et des conséquences. Dans leur argumentaire à caractère plutôt technique et économique, ils se posent d'emblée en contre-experts ; «Il est inquiétant de voir l'EDF éluder toute question, méconnaître toute compétence autre que celle des techniciens officiellement habilités». En jouant le jeu de la contre-compétence ils contribuèrent de fait à l'émergence d'une nouvelle spécialisation cogestionnaire.

Pour sa part, la Fédération des comités régionaux (CRIN) et locaux (CL1N5) nucléaire de Bretagne affirmera, en décembre,  dans leur plate-forme : «Nous sommes tous des spécialistes» (I).

Pour faciliter le lancement du programme nucléaire et pour anticiper une opposition, des officines furent créées. Ainsi, la Société de l'énergie nucléaire (SFEN), un organisme de l'industrie nucléaire qui vit le jour en e 1973 et dont il était attendu qu'il serve de relais aux régions pour créer une «culture du nucléaire».

De 1980-1981, la SFEN fut chargée de pénétrer les universitaires et de recherche, les milieux religieux et parlementaires. Toujours en 1973, la bureaucratie nucléariste créa le SIN (Service central de sûreté des installations nucléaires), chargé d'accréditer l'idée qu'il maîtrisait le domaine de la sûreté et qu'il était le seul à pouvoir le faire. Tous ces organismes rejoignaient le sinistre SCPRI (II), Service central de protection contre les rayonnements ionisants, du non moins sinistre professeur Pellerin, dans la mise en place du dispositif de défense de l'industrie nucléaire.

                                                 

PREMIERS AFFRONTEMENTS

Durant cette phase, l'atmosphère bon enfant des manifestations s'est perpétuée sans grande incidence sur le cours des événements. À de rares exceptions près, les oppositions locales n'eurent pas recours à la violence nécessaire - pourtant légitime défense contre la volonté étatique de nucléariser le territoire français - pour faire pièce à la politique du fait accompli. Les nombreuses luttes antinucléaires ne surent pas davantage se doter des moyens politiques autonomes à même de prolonger leur activité, ni critiquer plus largement une société capable de produire une bureaucratie nucléaire, Se contentant d'une joyeuse indétermination politique, elles laissèrent le champ libre aux spécialistes de la représentation, élus locaux «antinucléaires» par opportunisme et autres illuminés de la non-violence. En fait tous ces mouvements reculèrent devant la remise en cause effective de l'État. À cette époque, on faisait déjà comme si on pouvait imposer quoi que ce soit à l'État sans établir un rapport de force qui soit à la mesure de l'agression subie. La voie était donc libre - ou presque. Seuls les projets de  sites bretons furent abandonnés par l'État les uns après les autres : Erdeven-Kerminihy, Le Carnet, Le Pellerin puis, plus tard, celui de Plogoff : il faut dire qu'en Bretagne un réseau très serré de comités antinucléaires, les CLIN (Comités locaux d'information nucléaire), avait réussi à échapper au rouleau compresseur du nucléaire étatisé et à mener des actions directes et solidaires.

 

LES MYTHES DÉCISIFS MALVILLE, LE TOURNANT

L'opposition à la construction du surgénérateur de Creys-Malville focalisa une opposition nationale au développement de l'industrie nucléaire, mais, à la veille du grand rassemblement du 31 juillet 1977, la confusion parmi les futurs marcheurs avait atteint son comble. Comme le notait à l'époque l'auteur anonyme de la brochure «Les Mythes décisifs - Aux écœurés de Malville» :

«Avaient-ils prévu l'affrontement avec la police ? Ils n'y pensaient pas, ou plutôt ils avaient jugé préférable, après réflexion, de n'y pas penser. Assurément les écologistes croyaient aux trompettes dont les sonorités renversèrent les murs de Jéricho. Rarement on sous-estima à ce point l'État de l'actuelle société de classe.»

Cette faiblesse augurait d'un affrontement disproportionné : d'un côté l'État avançait sans la moindre intention de discuter – «J'ai ordre de protéger le site à n'importe quel prix (...). Le service d'ordre ne reculera pas d'un millimètre, s'il le faut je ferai ouvrir le feu sur les contestataires» (Janin, préfet de l'Isère)) -, de l'autre, une partie de la mouvance issue de Mai-68 voulait dénoncer les résultats, devenus visiblement mortifères, des politiques les plus modernes de la production techno-marchande. Paralysés par la peur, les opposants étaient incapables de clarifier leur position à l'égard de la violence, si bien qu'ils s'arrêtaient au seuil de la critique des rapports sociaux existants, de la violence institutionnelle qu'ils impliquent et n'avaient donc pas conscience qu'une confrontation était nécessaire pour les dépasser. Bien évidemment, il ne s'agit pas ici de prôner une violence abstraite mais d'insister sur les effets négatifs de l'évacuation de cette question à l'époque. Loin d'être la bataille décisive d'un mouvement antinucléaire conscient de ses buts, la manifestation de Malville fut l'occasion où une représentation autoproclamée de la lutte antinucléaire et écologique (ceux qui avait su si bien répandre l'illusion qu'il était possible de pénétrer pacifiquement sur le site en construction) a réussi à s'affirmer et à faire progresser l'écologisme d'État. Entre autres nuisances, l'écologisme d'État donnera naissance quelques années plus tard à l'infâme parti des Verts qui, dans la bonne tradition illusionniste et cogestionnaire, tiendra le rôle d'une pseudo-opposition et canalisera la partie la plus naïve de l'opposition au nucléaire pour apporter son soutien à des gouvernements nucléaristes. Ainsi, ayant pourtant contribué à faire émerger une critique du progressisme, les luttes antinucléaires - et plus généralement les luttes écologiques - ont renoncé à critiquer les médiations à employer dans la lutte politique.

 

FORCE ET FAIBLESSE DE LA LUTTE ANTINUCLÉAIRE

Après l'échec du rassemblement de Malville et le brusque arrêt de la dynamique antinucléaire nationale qui s'était jouée là, les luttes se durcirent. À Plogoff (1980) et à Chooz (1980-1984), la violence fut assumée collectivement, tandis qu'autour de Golfech, elle fut beaucoup plus le fait de petits groupes de saboteurs. Là où les communautés ont encore une réalité, là où les individus peuvent encore dialoguer entre eux de leurs intérêts, la détermination des opposants est forte et leur méfiance viscérale de la représentation politicienne séparée permet d'éloigner les récupérateurs à l'affût.. Arrivés au pouvoir en 1981, les socialistes ont habilement su tirer profit des faiblesses de l'opposition antinucléaire. Après avoir annulé le projet de centrale de Plogoff qui devenait un nouveau point de fixation ils ont suspendu les travaux sur les sites de Chooz, de Golfech, Cattenom, Civaux et Le Pellerin, laissant aux militants socialistes le temps de recouvrer la raison pronucléaire et aux Verts de prendre toute la mesure nucléaire de la raison d'État. Par la suite, la vague d'attentats qui accueillit la reprise du chantier à Golfech laissa les autorités  imperturbables.

À Chooz, la jonction inaboutie entre la lutte des antinucléaires locaux et les ouvriers sidérurgistes en lutte contre la fermeture de leurs usines témoigna de la convergence d'un moment entre les critiques en actes des politiques économiques et étatiques. Cependant, la détermination pratique des opposants n'avait toujours pas trouvé son expression politique. Même si quelques-uns ont ensuite cherché à propager leur refus du nucléaire par des actions de solidarité avec d'autres sites, on assista petit à petit à la disparition de l'opposition aux centrales. Les réacteurs une fois construits, la routine de leur fonctionnement (et de leurs «incidents») finit par endormir les populations et les résidus des comités locaux antinucléaires se transformèrent alors pour la plupart en comité de surveillance du fonctionnement des centrales.

 

LES ANTINUCLÉAIRES APRÈS TCHERNOBYL

Puis il y eut, le 26 avril 1986, l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Catastrophe impossible à dissimuler et, de fait, démenti brutal infligé aux nucléaristes dont la propagande scientiste avait toujours affirmé qu'un tel accident était impossible. On aurait pu en attendre de grands effets. Mais les défaites accumulées du mouvement antinucléaire et la désagrégation des formes d'opposition au monde comme il ne va pas amenèrent ses diverses composantes à prendre progressivement des formes lobbyistes et cogestionnaires. Elles se contentèrent de jouer le rôle de «poil à gratter» de l'industrie nucléaire et de contre-expertise, comme cela a été le cas avec la CRII-RAD. Au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, alors que la France était déjà couverte de réacteurs, la question de la gestion de leurs encombrants déchets devint primordiale pour les nucléaristes, provoquant en retour des luttes défensives très dures contre l'enfouissement des déchets, qui aboutirent en février 1990 à un moratoire décidé par Rocard, premier ministre de l'époque. Malheureusement ceux qui se disaient «antidéchets» se sont bien gardés de remettre explicitement en question les centrales nucléaires dont ces déchets sont issus. Cette inconséquence contribuera à mener ces luttes à leur étiolement fatal : vingt ans plus tard, la lutte contre le site d'enfouissement en construction à Bure sera menée par une poignée d'écologistes, sans mobilisation locale ni perspective politique. Créé en 1987, à la veille du démarrage de la centrale de Nogent-sur-Seine située à 90 kilomètres de Paris, le comité «Irradiés de tous les pays, unissons-nous» fit le pari que le désastre de Tchernobyl allait ébranler la résignation au fait accompli. Pour amplifier la remise en question de cette forme d'énergie occasionnée par la catastrophe, il fallait montrer à quel point les intérêts de l'État et de l'économie étaient liés, et de quelle manière l'industrie nucléaire militaire et civile révélait et résumait la servitude moderne des individus atomisés et enchâssés dans la machinerie techno-marchande. On se reportera sur ce point à la plate-forme du comité Irradiés de tous les pays, unissons-nous, qui exprime cette conviction. Deux ans plus tard, ce comité n'avait toujours pas réussi à briser son isolement politique et se scinda en deux : les uns considéraient que la catastrophe n'avait finalement pas donné lieu à une remise en cause d'un monde capable d'engendrer le nucléaire, les autres pensaient qu'il fallait persister et ont poursuivi leur activité dans le cadre de l'Association contre le nucléaire et son monde (ACNM).  Comme on peut le constater tous les jours, l'occupation des têtes par la propagande nucléariste est un véritable travail de Sisyphe qui occupe à plein temps les multiples officines de la désinformation nucléariste. Au même moment, les ébauches de «résistance» en Ukraine et en Biélorussie furent immédiatement jugulées, laissant le champ libre aux «organismes de charité» comme Les Enfants de Tchernobyl tandis que, sur place, quelques scientifiques comme Bandajevski, Nesterenko et d'autres osèrent dans l'isolement et sans moyens chercher à affronter les conséquences sanitaires de la catastrophe.

C'est dans un contexte de pacification active de la société, où l'apparence même de contre-pouvoirs s'est dissoute, que le lobby nucléariste a fourbi ses armes et  occupé le terrain. Trois projets successifs ont ainsi été menés à l'initiative de la mafia nucléariste française, réunie pour l'occasion sous le nom de CEPN : Ethos et CORE menés en Biélorussie puis Sage pour les leçons que les experts nucléaires ont tiré de la gestion des populations après le désastre de Tchernobyl. En organisant l'invisibilité de la catastrophe, les nucléaristes inventent une nouvelle forme de négationnisme qui n'hésite pas à simuler des catastrophes  pour occuper le terrain médiatique et ancrer dans les esprits l'idée de la nécessité que l'ultime recours face à un tel danger ne peut être que  l'État. Ils nous expliquent tranquillement qu'un accident comparable à celui de Tchernobyl est possible en Europe et qu'il n'est pas si dramatique de vivre sur un territoire durablement contaminé. Des scientifiques biélorusses à la recherche de moyens furent, comme Nesterenko (II), facilement enrégimentée dans cette entreprise révisionniste tandis que le chercheur Youri Bandajevski croupissait en prison. Parallèlement à cette offensive nucléariste, les débris de l'opposition antinucléaire se sont abîmés dans l'esbroufe médiatique et le symbolisme creux. La majeure partie d'entre eux se retrouve aujourd'hui absorbée par le lobby Réseau pour sortir du nucléaire, qui renvoie I'arrêt du nucléaire à un futur indéterminé (10, 20, 30 ans au choix selon les différentes marques).

La constitution d'un état-major salarié calque sur l'entreprise Greenpeace, à quoi se résume ce réseau, ne laisse de place qu'aux médias et aux expertes. D'autres, souvent plus conséquents dans la critique du nucléaire, ont tenté de nous convaincre que  la solution technique au problème de l'énergie pouvait être trouvée en imposant son remplacement par le charbon hier par les éoliennes aujourd'hui. Mais comment imposer une telle décision et avec quelles forces?  Faut-il, au nom de l'urgence, au nom de la menace de nouvelles catastrophes nucléaires, contribuer à s'en remettre aux mêmes bureaucraties pourtant responsables de la marche catastrophique du monde? Tout au long de ces luttes, la forme d'association et le rapport à la fonction régulatrice de l'État sont restés généralement impensés. Les compromissions qui en ont résulté ont transformé le but poursuivi - l'arrêt du nucléaire et la remise en cause de l'organisation sociale qui l'a produit - en son contraire. Avec le recul, les conséquences de cet impensé apparaissent clairement l'État ne sera jamais cet outil que les honnêtes citoyens rêvent de conquérir pour le mettre au service de la société.

 

A l'heure d'une nouvelle catastrophe qui laisse entrevoir la nécessité plus qu'urgente de cesser la folie nucléariste, l'histoire des luttes antinucléaires menées a partir des années 1970 obligent a dresser un constat d’échec. Il faut reconnaître que l'Etat et le lobby nucléaristes ont réussi à nucléariser le territoire. Mais si il n'y a qu'une leçons a retenir c'est qua l'image les nombreuses organisations et individus qui prétendait s'opposer a l'édification du nucléaire ont fini par contribuer a la cogestion du désastre par le refus d'analyser le lien consubstantiel entre Etat, Capital, Totalitarisme Scientifique et Nucléaire. Ceux qui s'obstinent a vouloir ébranler la passivité des populations toujours plus aphasiques perpétuellement sondées et manipulé par des oligarchies meurtrières, doivent savoir sur quelles pierres d'autres ont achoppé, connaître pour comprendre mais surtout comprendre pour combattre.

HS 15


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