Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 19:31

Cinquante-six pages techniques, argumentées, forment ce que l’Andra a baptisé une Étude des scénarios de gestion à long terme des déchets de faible activité massique à vie longue. C’est à la demande de l’État que l’Andra vient de réaliser ce travail avec plusieurs objectifs : trouver le bon scénario pour stocker les déchets FAVL (faiblement actifs à vie longue qui doivent être confinés durant quelques dizaines de milliers d’années), et étudier une gestion séparée des déchets nucléaires de graphite et des radifères.

L’Aube est directement concernée par ce dossier dans la mesure où les deux communes qui avaient été retenues en 2009 pour les accueillir n’étaient autres que Pars-les-Chavanges et Auxon. Lesquelles avaient ensuite retiré leur candidature. D’où la nécessité de trouver de nouveaux sites potentiels. En février dernier, c’est la communauté de communes du Soulainois qui faisait part de son accord pour que des recherches géologiques soient effectuées sur son territoire. La décision formelle devrait prochainement être prise par la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Écologie pour des investigations en 2013 et 2014.

Le site d’accueil d’un futur centre de stockage dépend toutefois du type de déchets. Certains peuvent en effet être stockés à une profondeur de 10 à 15 m, d’autres aux alentours de 100 m sous une formation argileuse épaisse. Ainsi est-il indiqué dans cette étude qu’un stockage à faible profondeur «ne permettrait pas d’atteindre des performances suffisantes pour les déchets de graphite». D’où la nécessité pour eux d’une «barrière argileuse de diffusion épaisse».  Pour ces déchets de graphite, des études de recherche et développement sur un tri/traitement en amont sont en cours. Une solution doit être trouvée pour 2022. S’agissant des déchets radifères, ils seraient déjà pour la plupart «produits» et dans l’attente d’une solution de stockage.

Dans la même étude, l’Andra fait part de la nécessité de prévoir «de nouvelles capacités de stockage pour les déchets TFA [déchets de très faible activité», lesquels sont actuellement stockés à Morvilliers. Les volumes estimés à fin 2030 seraient en effet de 1,3 million de tonnes alors que la capacité du Cires (centre industriel de regroupement d’entreposage et de stockage de l’Andra, à Morvilliers) n’est que de 650 000 m3 et sera atteinte en 2025.

L’étude arrive ainsi à la (presque) conclusion qu’il serait possible de stocker sur un même site les déchets FAVL radifères en faible profondeur (SCR) et des déchets TFA. Mais pas sur le site de Morvilliers en raison de la présence dans les radifères de gaz fortement radioactifs (radon 220 et 222). D’où l’idée de construire un nouveau centre comprenant une zone de stockage à faible profondeur (SCR) pour des déchets FAVL et une zone de stockage en surface pour des déchets TFA.

Où installer le futur centre ? L’étude ne répond pas explicitement à cette question. Mais les indices ne manquent pas. Le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) conseille de retenir «un nombre restreint de territoires sur recommandation de l’Andra en s’appuyant sur les résultats de l’appel à candidature 2008». Il évoque aussi un interlocuteur au niveau local «a minima intercommunal» et possédant déjà des installations nucléaires. Justement, le secteur de Soulaines «répond à ces trois recommandations» et possède selon l’étude «une géologie a priori favorable».

Et d’ajouter que «aucune démarche n’a été engagée» pour d’autres territoires. Est-ce à dire que le choix du secteur a déjà été pris ?

Partager cet article

Repost 0
Published by lechatnoir51 - dans Infos nucléaires
commenter cet article

commentaires