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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 10:57

Saisi en référé, le conseil des Prud'hommes de Troyes s'est déclaré «incompétent en ce qui concerne la condamnation solidaire du groupe Lohmann & Rauscher à payer les salaires de juin». Il a invité les salariés «à mieux se pouvoir». En d'autres termes, il a refusé de faire payer les salaires des Sodimédical par Lohmann & Rauscher France, propriétaire de l'entreprise de Plancy-l'Abbaye. Dans leur jugement rendu oralement (il n'était pas encore rédigé hier), les Prud'hommes considèrent qu'une telle décision ne peut pas être prise en référé, c'est-à-dire en urgence, et qu'elle doit être examinée au fond. Problème, une action au fond prend beaucoup de temps. Le conseil des Prud'hommes estime que si les Sodimédical l'engagent dès demain, elle ne passera pas en audience avant six mois ! Or, les Sodimédical n'ont touché à ce jour ni leur salaire de juin, ni celui de mai. L’avocat va faire appel de cette décision des Prud'hommes. Il va saisir la cour d'appel de Reims. Compte tenu que les salaires ne sont pas payés il a bon espoir que cet appel soit jugé rapidement, c'est-à-dire dans les deux semaines à venir.

L'affaire Sodimédical, ce n'est ni plus, ni moins que le premier vrai procès de la mondialisation. Tout le monde est d'accord, ce dossier est unique. À travers toutes les péripéties juridiques, la question de fond est toujours la même : peut-on fermer une usine en France simplement pour augmenter sa profitabilité ? Pour échapper à la justice française et à ses obligations sociales, le groupe allemand, 3 000 salariés dans 90 pays, a cherché parallèlement à liquider sa filiale pour ne pas avoir à payer le prix social de sa fermeture. La justice française a refusé par deux fois la manœuvre et le conseil des prud'hommes a fini par ordonner la reprise du travail.

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