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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 10:27

Khatouna CHAVIDZE a été arrêtée le 12 août, alors qu’elle n’était pas avec son mari Roin et ses enfants. Selon la préfecture toute la famille entière n’a pas été arrêtée car "le père et les enfants étaient au milieu d'autres familles ("hébergés" dans un gymnase) et on aurait eu un article dans l'Union (le quotidien local)". Khatouna CHAVIDZE a été conduite au CRA du Mesnil-Amelot.

Khatouna CHAVIDZE, géorgienne, scotch sur la bouche et menottes aux mains, a été expulsée en Pologne mardi 13 août, embarquée sur un vol charter (qui semble être un vol charter européen, l’avion ayant apparemment fait escale en Allemagne) affrété spécialement au départ du Bourget, avec parmi d’autres «passagers», un autre Géorgien, père d’un bébé de 10 mois. Placés dans un centre de déportation ou d'enfermement, ils vont très probablement être renvoyés en Géorgie. La préfecture de la Marne avait tout organisé, aucune procédure suspensive de l'expulsion n'était possible.

Roin et Khatouna sont un couple géorgien reformé, ce qui leur a posé de graves problèmes dans ce pays.  Ils  sont une de ces familles dites Dublin II, qui après avoir fui leur pays sont entrés dans l’espace Schengen en général par la Pologne, où leurs empreintes ont été relevées, mais où il ne semble pas qu’ils aient volontairement demandé l’asile.

Début août, des associations châlonnaises et marnaises avaient obtenu par décision de justice le l'"hébergement" des familles à la rue (hôtel et gymnase...) à l’exception des «Dublin II» sur le départ. A partir de ce moment la traque était lancée, avec son lot habituel d'intimidations, de convocations, et d'arrestations. 

D'autres familles de Châlons, déboutées de leur demande d'asile ou «Dublin II» ont d'ores et déjà été averties de leur "départ" prochain, que la famille soit au complet ou non.

Un autre vol est prévu pour la semaine prochaine.

Pierre angulaire de la construction d’une politique européenne d’asile, la procédure Dublin II est née en même temps que l’espace de «libre circulation» en Europe. Son principe est simple : il ne devrait avoir qu’un examen d’une demande d’asile dans toute l’Europe (il ne faut plus que les demandeurs d’asile partent chercher meilleure fortune dans un autre Etat) et le pays responsable de cet examen est celui qui a laissé entrer, volontairement ou involontairement, le demandeur d’asile. Malgré sa complexité, sa faible efficacité (1,7% de demandeurs d’asile dans l’union ont fait l’objet d’un transfert), ce mécanisme est toujours à l’œuvre aujourd’hui. On peut estimer ainsi qu’en 2010, 14,5% des demandeurs d’asile en France ont fait ou font l’objet d’une procédure Dublin et que 12,2% d’entre eux (1,8% du total) ont été transférés dans un autre Etat.

Selon l'article 8 de la CDEH (Convention Européenne des Droits de l'Homme) dont la France est signataire, toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. Ce principe de l'unité familiale n'a pas été respecté.

La persécution minutieuse, administrativement encadrée de familles, d’enfants par des fonctionnaires, chacun à son niveau faisant sa part du sale boulot, prêtant avec discipline la main au démembrement de familles, à la séparation d’un père ou d’une mère de ses enfants est en cours. Bien sûr, ce sont les ordres. Bien sûr, les ministres, les préfets, les hauts fonctionnaires sont les premiers responsables. Mais les ordres n’excusent pas tout. Faut-il tout accepter pour un salaire ? une carrière ?

Sources : RESF 51

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