Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 19:49

Les CCI ont beau être, au regard de la loi, des établissements publics placés sous la tutelle de l'État, celle des Ardennes ne souhaite pas que l'on étudie ses finances de trop près.

L'examen du budget pose en effet des questions. La réforme du réseau consulaire est passée par là. L'objectif de la loi d'août 2010 était clair : faire en sorte que les chambres coûtent moins cher et qu'elles apportent un service accru aux entreprises.

Des «fonctions supports» (comptabilité, ressources humaines, service informatique, etc.) ont été régionalisées (en ce qui nous concerne, à la Chambre régionale de commerce et d'industrie à Châlons). La chambre locale devant désormais se focaliser sur «l'opérationnel», à savoir les actions auprès des entreprises.

La réforme a profondément modifié la donne. En ce qui concerne l'emploi d'une part : sur les 52 équivalents temps plein de la CCI, 9,5 sont appelés à disparaître. «Il n'y aura pas de pertes sèches d'emplois, précise la Chambre. La diminution des effectifs se fera en douceur. Il s'agira essentiellement de départs à la retraite non remplacés ou de CDD non reconduits».

Le chamboulement impacte d'autre part le budget. Auparavant, la CCI levait elle-même l'impôt auprès des entreprises du département, ce qui assurait l'essentiel de ses actions et de son fonctionnement. Aujourd'hui, c'est la CRCI qui collecte la ressource fiscale et qui la redistribue aux chambres locales. Non sans garder, au passage, une partie du «butin», destinée en particulier à payer ses nouvelles fonctions supports. Autrement dit : une partie des taxes versées par les entreprises ardennaises reste à Châlons.

Conséquence sur le budget 2013 de la CCI ardennaise : alors qu'il s'établit à 6,6 millions, la ressource fiscale n'excédera pas 4,3 millions. Soit 780 000 euros de moins qu'un an plus tôt. De quoi inquiéter...

Ce manque à gagner s'accompagne d'une stratégie que certains comprennent mal. D'un côté, des entrepreneurs et des collectivités à la peine qui demandent « où est la CCI quand on a besoin d'elle ? ». De l'autre, une Chambre qui vient de puiser dans son imposant bas de laine (un trésor plus de 8 millions d'euros, accumulés au fil des ans), non pas pour booster le commerce ou l'industrie, mais pour… rembourser par anticipation 2,5 millions d'emprunts, et pour autofinancer 600 000 euros d'investissements. L'objectif consistant, en fin de compte, à taper dans ses réserves pour équilibrer cet épineux budget.

Partager cet article
Repost0

commentaires