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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 09:32

L'arrêt de la haute juridiction est tombé, presque subrepticement, au cœur de l'été. Les manifestants condamnés puis relaxés pour dégradations (bris de vitrine) et/ou violences envers les forces de l'ordre le 28 octobre 2010 à Charleville-Mézières, lors d'une énième manif contre la réforme des retraites (du gouvernement d'alors), seront rejugés à Paris.

Ainsi en a décidé la Cour de cassation, devant laquelle s'était pourvu le procureur général de Reims après la relaxe prononcée au printemps 2012 par la cour d'appel rémoise. Laquelle avait infirmé les condamnations prononcées en première instance par le tribunal correctionnel de Charleville (avec des peines de sursis à la clé : les prévenus n'avaient jamais pour la plupart eu affaire à la police ou à la justice jusqu'alors).

Le 28 octobre 2010, plusieurs milliers de manifestants défilent dans les rues du chef-lieu contre la réforme Woerth. La dizaine de gendarmes et les trois policiers de faction devant la permanence de l'UMP sont pris à partie par des manifestants et répliquent par des grenades lacrymogènes. La vitrine de l'UMP vole en éclats et des dégâts sérieux sont relevés à l'intérieur même du bureau. L'immeuble qui l'abrite est dégradé, tout comme les locaux d'une association d'insertion. Des membres des forces de l'ordre sont blessés. Quelques jours plus tard, une dizaine de manifestants sont arrêtés à l'heure du laitier. Ils ont été identifiés par la police grâce à l'enregistrement vidéo. C'est précisément cette vidéo qui va être et demeurer au cœur des débats, à Charleville puis à Reims : si les magistrats refusent un premier argument de la défense (la légalité de l'enregistrement lui-même), à Reims, en appel, les magistrats en admettent un second : «Le dossier n'établit pas suffisamment comment, à partir des dites images, les prévenus ont été identifiés…» estime en substance la cour d'appel. Qui annule par ailleurs différents PV de garde à vue. Mais la Cour de cassation a donc… cassé il y a quelques semaines l'arrêt rémois. Motif : la décision n'a pas été suffisamment motivée. Le feuilleton continue donc et un nouveau procès d'appel aura lieu, à Paris.

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