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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 09:47

En 1981 lorsque les socialistes accèdent au pouvoir l’électricité d’origine nucléaire ne représente que 38 % de la production totale. Au terme de la première législature socialo-communiste la part du nucléaire atteint 60 %. Les Verts les accompagneront dans le gouvernement Jospin pour parvenir à 80 %

Ces derniers mois les déclarations des socialistes concernant le nucléaire nous en disent long sur ce que sont les politiciens… qui ne seront élus, de toutes les manières qu’avec une infime minorité de voix par rapport au nombre d’habitants du pays.

Martine Aubry : "Il faut aller vers une sortie et cela peut prendre 20 ou 30 ans".

François Hollande : "Un candidat socialiste ne peut prétendre sortir du nucléaire." Il estime qu’abandonner une industrie «où on est sans doute les meilleurs» (sic) serait «ni économiquement sérieux, ni écologiquement protecteur, ni socialement rassurant».

Ségolène Royal : "Nous devons ramener le nucléaire à une énergie d'appoint." Après l’accident survenu à Fukushima elle avait reproché aux écologistes de ne pas respecter un «délai de décence» (c’est-à-dire selon elle de ne pas se cantonner à la solidarité avec les victimes, mais dans le même temps d’accuser le nucléaire). Jack Lang, lui, qui trouve que dans l’ensemble le nucléaire «est une énergie pacifique et non-polluante»

Jean-Michel Baylet : "Une sortie radicale du nucléaire [...] n'est pas réaliste. Nous demandons un rééquilibrage vers les autres énergies."

Arnaud Montebourg : "Je souhaite le dépassement du nucléaire."

Manuel Valls : "Je défendrai [...] une sortie progressive et maîtrisée du nucléaire [...]" (maîtrisée pour lui ça ne veut pas dire «techniquement», ça veut dire sans danger pour le taux de profit et la croissance !)

Mais c’est là une vieille histoire : Edith Cresson, en charge à Bruxelles du programme JOULE sucra 655 millions de francs alloués aux énergies renouvelables. On apprend également dans le livre Les vies cachées de DSK que l’ex futur président avait autant d’attache avec le lobby nucléaire qu’avec le lobby sioniste. Il touche 1,5 millions de francs d’EDF pour avoir favorisé la coopération franco-allemande sur l’EPR entre 94 et 96. «De la Cogéma, le natif de Neuilly-sur-Seine palpa quelque 600 000 francs pour des interventions auprès de députés sociaux-démocrates qu’il s’agissait de convaincre quant à l’opération susvisée. Il «pigea» aussi pour l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs. Au total, il perçut jusqu’en 1997 en moyenne 200 000 francs par mois pour quelques rapports, courriers, entretiens de visu et coups de fil… Alors que son… addiction à…l’atome lui avait rapporté gros».

Bref, les imbéciles qui vont voter à la primaire du PS (et qui, soyons en certains seront moins nombreux que les uns ou deux millions espérés) pourraient tirer quelques conclusions de ces déclarations. Non pas sur l’attachement au nucléaire, là-dessus religion est faite, mais sur la façon dont les politiciens à quelques mois des élections nuancent et diversifient leurs déclarations en vue de la  prochaine bataille pour accéder au pouvoir.

Cerise sur le gâteau, il n’est qu’à voir le revirement de Mélanchon se découvrant soudain, après Fuskushima, une âme d’anti-nucléaire sans que cela ne le gêne en rien, évidemment, dans son alliance avec le PC qui, lui, ne parvient pas à être aussi girouette (et pourtant il fait des efforts !).

Extrait de Courant alternatif n° 213, octobre 2011

"Je propose que l'on fixe pour 2025 un objectif de réduction de la part de l'électricité d'origine nucléaire de 75 % à 50 %. C'est un effort équivalent à celui de l'Allemagne. C'est le seul qui rende possible une substitution d'énergie verte à l'énergie nucléaire."
 

Extrait de l'interview de François Hollande dans le journal L'Union,

1er octobre 2011


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