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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 10:28

Selon l'INSEE, en 2011, 202 800 Champardennais vivent sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec un niveau de vie inférieur à 977 euros par mois. Le taux de pauvreté s'élève ainsi à 15,5 % de la population. Il est supérieur d'un peu plus d'un point à celui de France métropolitaine (14,3 %) et situe la Champagne-Ardenne au 6ème rang des régions les plus défavorisées, derrière le Nord-Pas-de-Calais, le Languedoc-Roussillon, la Corse, Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Picardie.

Entre 2008 et 2011, la part des personnes pauvres au sein de la population a augmenté plus fortement dans la région (+ 1,5 point) qu'en France métropolitaine (+1,2 point). Cette évolution est la 5ème plus forte hausse après celles des régions industrielles du Nord et de l'Est de la France : Nord-Pas-de-Calais (+ 2,1 points), Picardie (+ 1,8), Alsace (+ 1,6) et Lorraine (+ 1,5).

Entre le début de l'année 2008 et la fin de l'année 2011, 14 300 emplois salariés ont été supprimés dans les secteurs marchands non agricoles (dont 13 300 dans l'industrie). Sur la même période, le taux de chômage est passé de 7,7 % à 10,0 %. Il s'élève à 11,5 % au 2ème trimestre 2013.

Entre 2009 et 2012, le nombre d'allocataires du revenu de solidarité active (RSA) augmente de 12,8 % en Champagne-Ardenne, soit à un rythme comparable à celui de France métropolitaine (+ 13,1 %). En 2012, 7,3 % des Champardennais vivent du RSA comme allocataires, conjoints ou personnes à charges (6,6 % au niveau de la France métropolitaine). La dégradation du marché du travail a aussi entraîné une augmentation du chômage de longue durée : le nombre de bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique (ASS), destinée, sous certaines conditions, aux chômeurs ayant épuisé leurs droits à l'assurance chômage, progresse de 17,2 % entre 2007 et 2012. En 2012, 1,0 % de la population active de 15 à 64 ans est concernée (0,8 % pour la France métropolitaine). Enfin, le nombre d'allocataires du minimum vieillesse augmente fortement en Champagne-Ardenne (+ 7,7 % entre 2007 et 2012), contrairement à la tendance nationale (- 0,4 %), mais le taux de recours des personnes de 60 ans et plus, de 2,6 %, reste inférieur à la moyenne nationale (3,3 %).

La crise a aussi plus durement frappé les territoires les plus vulnérables. Le département des Ardennes, où les situations de précarité monétaire sont les plus fréquentes dans la région, est aussi celui où la pauvreté augmente le plus entre 2008 et 2011. Avec un taux de pauvreté de 19,2 %, il se situe au 8ème rang des départements métropolitains les plus défavorisés. La part de personnes pauvres a encore fortement augmenté entre 2008 et 2011 : + 1,8 point contre + 1,2 point pour l'ensemble des départements métropolitains. L'Aube et la Haute-Marne présentent des taux de pauvreté proches de la moyenne régionale mais plus élevés que la moyenne nationale : 15,4 % et 15,6 %. Cependant la dégradation des conditions de vie a été plus sensible dans l'Aube que dans la Haute-Marne, avec une hausse respective du taux de pauvreté de 1,7  point et de 1,0 point. La Marne est le seul département de la région dont le taux de pauvreté est inférieur à la moyenne nationale : 13,5 % mais ce taux a progressé plus rapidement, entre 2008 et 2011 (+ 1,5 point), que le taux national.

L'analyse à un niveau territorial plus fin, celui des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), met en évidence une plus grande fragilité des territoires urbains. En effet, les EPCI constitués autour des grandes villes sont ceux qui rassemblent les plus grandes parts de personnes en situation de pauvreté. Ainsi, en 2012, plus du quart de la population de la communauté d'agglomération de Charleville-Mézières Cœur d'Ardenne et des communautés de communes des Portes de Romilly-sur-Seine et du pays Sedanais appartient à des ménages à bas revenus. Dans les communautés d'agglomération du Grand Troyes et de Reims Métropole, de même que dans la communauté de communes de Saint-Dizier, Der et Blaise, plus d'un cinquième de la population est dans cette situation. Dans certains de ces EPCI, la baisse des ressources financières des habitants a été importante. Ainsi, entre 2008 et 2012, la part des personnes vivant dans des ménages à bas revenus a progressé de 4,9 points dans la communauté de communes des Portes de Romilly-sur-Seine, de 3,1 points dans la communauté d'agglomération du Grand Troyes et de 2,9 points dans celle de Reims Métropole.

L'espace rural est de fait plus épargné par la pauvreté : en 2011, en Champagne-Ardenne, la proportion des personnes pauvres est de 19,1 % dans les unités urbaines alors qu'il est de 10,4 % dans les communes rurales, soit un écart de 8,7 points. Cet écart ne cesse de s'agrandir puisqu'il n'était que de 0,9 point en 2008, avec des taux de pauvreté de 14,2 % dans l'urbain et de 13,3 % dans le rural. En 2011, au niveau national, l'écart est nettement moins marqué : le taux de pauvreté de l'espace urbain est de 15,0 % et celui du rural de 11,7 %.

La plus faible fréquence des situations de précarité dans l’espace rural s’explique par le niveau de vie des personnes y résidant : en Champagne-Ardenne, le niveau de vie médian des ménages des communes rurales est de 2 150 euros supérieur à celui des ménages résidant dans une unité urbaine (19 870 et 17 720 euros). Quel que soit le décile considéré, l’écart demeure important et est toujours supérieur à 2 000 euros.

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