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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 13:58

Centrale de Chooz BLa pollution a été détectée le 29 décembre. Ce jour-là, un agent de la centrale a en effet constaté que les eaux pluviales déversées dans le fleuve présentaient un pH* anormalement bas, de l'ordre d'1,5 (alors qu'il doit normalement être compris entre 6 et 9). Des investigations ont, du coup, aussitôt été menées. Et celles-ci ont rapidement permis d'identifier une fuite dans le circuit de traitement antitartre des tours aéroréfrigérantes.

D'après l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire), le rejet aurait débuté le 6 décembre, lors du redémarrage du réacteur n°1, après un arrêt pour «recharger du combustible». La pollution aurait donc duré plus de trois semaines. Dans l'intervalle, toujours selon l'ASN, ce sont entre 250 et 600 litres d'acide sulfurique qui ont chaque jour été déversés dans la Meuse. Soit, au total, entre 5 750 et 13 800 litres.

Dans le courrier qu'ils ont adressé au procureur de Charleville le 28 août dernier, les avocats parisiens de Sortir du nucléaire ont relevé trois infractions au code de l'environnement : le délit général de pollution des eaux (article L 216-6 alinéa 1), l'abandon de déchets en milieu aquatique (L 216-6 alinéa 3) et la pollution d'eaux douces (L 432-2).

La direction du site assure avoir fait preuve de «transparence» après les faits, en alertant l'ASN dès le 30 décembre et la CLI (Commission locale d'information) dans la foulée. L'incident a aussi été mentionné via la lettre externe «Chooz A + B» parue début 2012, qui évoque une «faible fuite» (sic) n'ayant eu «aucune incidence sur le pH de la Meuse».

L'Autorité de sûreté se veut rassurante. Selon elle, compte tenu du débit du fleuve fin décembre (entre 200 et 700 m3/s), la pollution n'a pas eu de «conséquence majeure sur la qualité de l'eau». Elle souligne au passage la «réaction rapide» de l'exploitant, qui dès la détection du «problème», a arrêté le circuit concerné. Mais il relève également plusieurs «négligences» dans «l'exploitation et la maintenance des équipements», sur lesquelles il se montrera à l'avenir «particulièrement vigilant».

Le président de la CLI (Commission locale d'information) assure avoir été avisé de «l'incident», en décembre dernier. «J'ai été mis au courant, comme à chaque fois qu'il se passe quelque chose sur le site, que ce soit une anomalie, une panne ou même la simple visite d'un pompier». Pour lui, le rejet d'acide sulfurique n'a eu «aucune incidence particulière». Car «le directeur à l'époque, et son équipe ont été très réactifs. En tout cas, moi, J'ai une entière confiance en eux…»

La est entre les mains du procureur. Ce dernier va maintenant devoir décider s'il engage des poursuites ou si, au contraire, il classe l'affaire sans suite. Pour le moment, aucune décision n'a encore été prise.

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