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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 15:39

"Dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits et à la dignité, d'altérer la santé physique ou mentale" de l'une des victimes ; avoir déménagé le bureau d'un autre plaignant pendant l'arrêt maladie de ce dernier, l'évinçant en outre de plusieurs missions ; avoir menacé à plusieurs reprises une troisième victime, "l'humiliant en public au sujet de son état de santé" ; avoir bloqué la carrière de plusieurs salariés, ne reconnaissant pas à l'un d'eux «son expérience antérieure pour lui proposer un reclassement après la suppression de son poste» ; n'avoir "confié aucune mission, malgré des demandes répétées" à un autre plaignant, "mettant ainsi en échec sa formation et ses perspectives de carrière" ; avoir sollicité l'une de ses principales victimes "à plusieurs reprises pour lui faire renoncer à un recours contre EDF, malgré un état de santé défaillant" ; ou encore avoir "supprimé un poste sans aucun reclassement dans l'entreprise malgré des demandes répétées."

Tels sont les faits reprochés à l'ancien directeur de la centrale de Chooz de juin 2005 à août 2008, date à laquelle il a été nommé à la tête d'une autre centrale, à Civaux (Vienne).

«Ils sont sept à avoir finalement porté plainte. Mais ils sont plus nombreux à avoir subi ses agissements. Certains d'entre eux ont vécu une véritable descente aux enfers, cette période a été terrible pour eux, avec des conséquences bien réelles sur leur santé. Certains ont pu s'en sortir, d'autres sont toujours en dépression, sous calmants. J'ai des dossiers médicaux terribles, notamment le cas d'un salarié en invalidité définitive et totale. Quand j'ai vu de quoi il retournait, j'ai estimé de mon devoir d'alerter ma hiérarchie, d'abord au niveau régional à Nancy puis national à Paris. On a envoyé quelqu'un, un médiateur, mais ça n'a rien réglé, peut-être même au contraire…», raconte une médecin conseil EDF depuis 1995.

Un fait vient aggraver encore ce dossier pourtant déjà suffisamment pesant par lui-même, l'étrange inertie, voire le silence coupable, des principales organisations syndicales. Seule la CFE-CGC s'est emparée de l'affaire en venant en aide aux victimes.

Pour ces faits, un procès va se tenir au tribunal correctionnel de Charleville-Mézières le mercredi 18 janvier.

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