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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 14:39

Dans un département sinistré, le nucléaire, tant civil que mili­taire, semble devenir un enjeu économique, dont Saint-Dizier serait le centre.

La BA 113 de Saint-Dizier devient dès 1965 un élément im­portant du dispositif de dissuasion nucléaire avec la création de l'Escadron de bombardement 02.094 "MARNE" équipé de MIRAGE IV A, qui assurera sa mission jusqu'en 1988. A la BA 113 a été créé officiellement le 31 mars 2009 l'escadron de chasse 01/091 Gascogne, dont la mission principale est la frappe nucléaire, pour laquelle ses Rafale seront armés du missile ASMP-A. La configuration type pour ces missions sera d'un missile ASMP sur le point d'emport ventral, de deux réservoirs externes de 2 000 litres sous les ailes, et  de 6 missiles air-air MICA permettant à l'avion d'assurer son auto-défense. Elle est le premier employeur du département avec près de 1 700 personnes, la base aérienne 113 injecte chaque année 35 millions d'euros dans l'économie locale (32 millions d'euros de masse salariale et 3 millions d'euros de fonctionnement).

En février 2008, il y a eu une création, toujours à Saint-Dizier, d'un parc d'entreprises (8 sur 4 ha) liées à l'énergie nucléaire (constructeurs, sous-traitants ou fournisseurs d'Areva), socié­té détenue à 60% par Areva. Si Areva s'intéresse à la Haute-­Marne et à la Meuse, c'est dans le cadre des mesures d'ac­compagnement économique autour du laboratoire de Bure. Areva y est engagé au même titre que deux autres acteurs de la filière électronucléaire, EDF et le CEA. 4,2 millions d'euros de commandes ont été passées en Haute-Marne en 2006, chez des entreprises comme Hachette et Driout, Ferry Capi­tain, Etilam, les Forges de Bologne, Ferro France, Chaudron­nerie de l'Est, Précis Méca ... A noter aussi que les trois in­dustriels interviennent pour le renforcement de la compétitivité économique haut-marnaise en attribuant directement des prêts aux entreprises, en partenariat avec le conseil général de la Haute-Marne et le GIP 52. Dans le cadre du «développement durable», ces 3 entreprises ont développé en Haute-Marne un projet biomasse qui devrait aboutir en 2010 à la création d'usines de gazéification du bois, vouées à alimenter des réseaux de chaleur urbaine.

Dès septembre 2009, au lycée Blaise Pascal de Saint-Dizier, deux voies (au lycée professionnel ou par apprentissage) s'ouvriront aux jeunes (une trentaine au total) vers une filière unique dans la région: l'enseignement nucléaire. «Cette formation est ambitieuse. Elle a été réalisée avec de nombreux partenaires économiques et l'Education Nationale. La démonstration que sur ce territoire, il existe des compétences et des savoir-faire», souligne la proviseur du lycée. Il aura fallu une année à peine de collaboration étroite entre le Rectorat, EDF et les financeurs, (le GIP 52 et le Conseil Régional) pour monter la nouvelle filière. «Nous avons anticipé la demande des entreprises», appuie la responsable de l'établissement. Une demande des entreprises du secteur du nucléaire bien implantées dans la région. En effet, «les sites nucléaires y sont nombreux (Chooz, Cattenom, Nogent sur Mame ...). Il est important que les entreprises travaillant sur ces sites dispo­sent de prestations de services dans le domaine de la mainte­nance car le nucléaire ne se délocalise pas», déclare le délé­gué EDF aux relations industrielles Meuse et Haute-Marne. La nou­velle formation permet­tra ainsi aux élèves de travailler à terme sur site nucléaire ou pour les entreprises prestataires de service en mainte­nance, fabrication, logis­tique, et démantèlement.

A noter que Saint-Dizier est le centre d'une région où 6 centrales nucléaires sont implantées (16 des 58 réacteurs actuellement en service).

Extrait du Chat Noir n° 22 NS, Eté 2009

De visite à Saint-Dizier en février 2008, la présidente d’Aréva déclarait : «Nous sommes dans une croissance extrêmement forte. Le développement du nucléaire est mondial. Il ne s’agit pas d’un boum éphémère». «Nous voulons faire bénéficier des entreprises locales de nos achats. Nous en sommes à quatre millions d’euros, et cela pourra être davantage. Des acheteurs sont mobilisés pour connaître les potentiels des sociétés». Le directeur de la réindustrialisation ajoutait : «Saint-Dizier est un barycentre du nucléaire, au cœur de six centrales à moins de quatre heures de route. C’est un argument à vendre».

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