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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 09:11

Le fascisme est une dictature qui s’appuie sur une doctrine de réconciliation des classes au service d’un Etat-nation, articulant une organisation corporatiste et verticale des travailleurs et des travailleuses à un Etat militarisé tout puissant. Il professe un anticapitalisme qui est seulement de façade puisque, en réalité, il ne parvient au pouvoir qu’avec l’aide et l’aval d’une grande partie de la bourgeoisie, et souvent le plus légalement du monde c’est-à-dire grâce aux élections.

Le fascisme est donc une forme particulière de l’Etat, un mode de gestion du rapport entre les citoyen-ne-s et cet Etat qui peut, parfois, s’appuyer sur une théorie des races. Mais c’est une forme délimitée dans l’Histoire, une forme particulière de totalitarisme. Le racisme, quant à lui, parcourt l’histoire des relations humaines à travers de multiples formes d’organisation sociale. Autrement dit, un Etat fasciste peut être, en plus, raciste ; mais toute société raciste n’est pas obligatoirement fasciste.

Les causes historiques du fascisme ont été, dans les années 20 et 30, la crise du capitalisme et l’absence de dynamique révolutionnaire. Le fascisme consomme autant la défaite du mouvement ouvrier que la victoire de ses propres idées.

La démocratie parlementaire n’est donc nullement un rempart contre le fascisme, ni contre une quelconque autre forme de totalitarisme susceptible d’apparaître. L’Histoire nous a appris que, lorsque l’alternative est entre révolution sociale et fascisme, la social-démocratie elle-même (et les staliniens !) n’hésite pas à combattre la révolution au risque avéré de faire triompher le fascisme (union sacrée en 14, Allemagne en 1920, Espagne en 37, pleins pouvoirs de Pétain en France, etc.).

Depuis 1945, les démocraties occidentales nées de la victoire militaire sur le régime nazi légitiment leur existence par un caractère antifasciste «originel». Ces mêmes démocraties se sont fort bien accommodées des régimes fascistes en Espagne, au Portugal, et ensuite au Chili et en Argentine… lorsque ces derniers offraient des garanties d’ordre et de stabilité pour le capital.

La gauche et l’extrême-gauche hurlent au fascisme à la moindre occasion : contre De Gaulle ou les généraux putschistes, contre les CRS et la police, contre Le Pen, bref contre tout ce qui semble s’opposer aux valeurs de gauche. Ce faisant, on banalise le vrai fascisme, celui qui est apparu dans les années 30, et on reste aveugle par rapport à d’autres formes de dictature qui apparaissent dans d’autres contextes. On évite tout simplement de voir que 1984 d’Orwell n’est ni une description de la barbarie nazie ni une caricature de l’ordre stalinien, mais décrit bel et bien la pente banale et obligée de nos belles démocraties occidentales.

L’«antifascisme», non seulement n’a pas permis de battre en brèche le fascisme (ni en France, ni en Espagne, ni en Allemagne), mais encore a favorisé l’écrasement de la révolution sociale, seule possibilité de triompher du fascisme. L’extrême droite représente le recours ultime des dirigeants politiques et économiques pour qui la “démocratie”, la “défense des libertés”, les “droits de l’Homme” ne valent que si chacun-e accepte sans rechigner de rester à sa place dans la hiérarchie sociale.

L’antifascisme comme plus petit dénominateur commun à des regroupements militants conduit inévitablement à placer l’alternative centrale de la société entre totalitarisme et démocratie parlementaire, alors que nous la situons entre capitalisme et révolution sociale. La caricature a été atteinte avec l’appel à voter Chirac au 2ème tour des présidentielles de 2002, appel auquel se sont joints jusqu’à des groupes libertaires.

OCL

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