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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 11:06
Courant alternatif n° 271 juin 2017 est sorti

EDITO

édito page 3

Politicaillerie

page 4-6 Décomposition et recomposition politique

Energie marchande et duplicité

page 7-9 Compteurs Linky : la guerre éclair rêvée d’Enedis

page 9 Mobilisation contre Center parcs à Poligny (Jura)

Antinucléaire
page 10-11 Bois Lejuc, un enjeu crucial pour l’Andra et Cigeo

page 12-14 Fukushima : la catastrophe continue

page 14 Antinucléaires contrs les projets éoliens

L’économie en brèves page 15

Rencontres libertaires du Quercy (16-26 juillet) page 16-17

big brother page 18 à 19

solidarités
page 20 Solidarité avec Hassan Diab

page 20 Soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim

Penser et lutter

page 21-23 « L’anarchie comme un battement d’ailes »
Armand Gatti est mort

page 23 Adieu à notre camarade Jean-Pierre Petit

Notre mémoire : la révolution russe a 100 ans (5)

page 24-28 La militarisation des usines (Emma Goldman)

International

page 29 à 32 Mexique : tour d’horizon

EDITO

Lutter toujours

Et voilà Macron élu avec 20,7 millions de voix. Malgré les pressions pour contrer le risque Le Pen, plus de 16 millions d’inscrits ont choisi de s’abstenir, voter blanc ou nul. Si on y ajoute les 3 millions de personnes en droit de s’inscrire qui ne le font pas, il y a donc 19 millions d’électeurs potentiels qui, comme nous, ont refusé de participer au cirque électoral ou refusé ce choix ignoble.

Malgré cette élection « par défaut », malgré le fait qu’il n’y a que 18% des inscrits qui l’ont choisi dès le premier tour, le nouveau président continue sur sa lancée et veut imposer dès le début de son quinquennat sa politique de droite libérale. Se présentant comme « ni de droite, ni de gauche », le président « en marche » veut surtout nous rouler. Le gouvernement qu’il a construit est clairement à droite.

Le premier ministre, le ministre de l’économie, celui de l’action et des comptes publics viennent tous trois des Républicains. Même s’il est présenté comme un membre de la « société civile », vu qu’il n’est pas élu, le ministre de l’éducation, proche de Juppé, a été recteur de l’académie de Guyane puis de celle de Créteil (2007-2009) où il a inauguré un modèle managérial de gouvernance. Il a ensuite officié au ministère de 2009 à 2012 comme directeur général de l’enseignement scolaire, où il a appliqué la politique de destruction des postes du gouvernement Sarkozy. Très favorable à l’autonomie des établissements, il sera en plein accord avec la ministre de l’enseignement et de la recherche qui veut développer la concurrence entre enseignement supérieur privé et public et renforcer le partenariat avec les entreprises.

D’autres affairistes libéraux arrivent au pouvoir : La ministre du travail est passée, comme DRH ou administratrice, par Business France, Danone, Dassault Systèmes, SNCF, Orange, Aéroports de Paris, etc. Celle déléguée aux transports est passée par la SNCF et Eiffage avant de diriger la RATP. La ministre de la santé, présentée simplement comme un grand médecin a été présidente de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et membre du comité de l’énergie atomique au CEA (Commissariat à l’énergie atomique). Elle est opposée à la loi Bertrand qui a été instituée pour contrôler les conflits d’intérêts dans le domaine de la santé. La ministre de la culture, si elle jouit d’une bonne image dans les milieux intellectuels grâce au travail intéressant de la maison d’édition créée par son père, est avant tout une femme d’affaire qui a bouffé certains de ses confrères. Les conditions de travail d’une partie des correcteur-trices de sa maison d’édition n’ont rien d’enviable avec le développement de l’auto-entreprenariat obligatoire, le paiement à la tâche, bref un autre pan de l’ubérisation, dans le non-respect de la convention collective nationale de l’édition.

Les ministères régaliens : justice, intérieur, armées, affaires étrangères, affaires européennes, outre-mer, sont confiés à des centristes : trois du MoDem, une du PRG et deux de l’aile droite du PS. Le ministre de la « cohésion des territoires », issu lui aussi de la droite du PS a été rapporteur de la « loi Macron ». Celui de l’agriculture, vieux sénateur PRG, qui a sauvé l’exportation de viande de bœuf française vers la Turquie en faisant retoquer par le Conseil Constitutionnel la loi condamnant le négationnisme du génocide arménien. On peut être de centre-gauche et copiner avec Erdogan, si c’est dans l’intérêt des éleveurs français !

Enfin, il y a le ministre de la transition écologique et solidaire, écotartuffe médiatique avéré, caution écologiste de Macron après avoir conseillé Chirac, Sarkozy et Hollande, qui ne fera rien contre son premier ministre ex-AREVA. Pour finir, on ne sait pas grand-chose du positionnement politique de la ministre des sports, sinon qu’elle est favorable au sport de haut niveau et à la candidature de Paris aux JO de 2024 et qu’elle n’est sans doute ni de droite ni de gauche…

Voilà donc un gouvernement libéral en ordre de marche pour tenter d’obtenir une majorité aux élections législatives de juin. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils lancent les réformes d’ici-là, ce serait trop risqué. Ce sera beaucoup plus facile pour eux d’attendre l’été pour faire passer leurs ordonnances, et la pilule risque d’être fort amère pour tous les salariés ainsi que pour les demandeurs d’emploi.

Comme l’explique l’article sur les décompositions et recompositions politiques, il n’y a rien à attendre de la « gauche de la gauche ». L’élan important qui a permis à Mélenchon d’approcher des scores de Fillon et Le Pen, est saboté par le leader de la « France Insoumise », se coupant de ses alliés et croyant qu’il peut seul constituer la principale force d’opposition à Macron. Comme toujours, ces calculs politiciens ne peuvent mener qu’à l’échec.

La résistance au libéralisme, elle se fera d’abord dans les luttes au quotidien, ainsi que dans les manifestations. La permanence des luttes sociales en période électorale, la solidarité que rencontrent les travailleurs ubérisés ou défendant leur gagne-pain, les manifs et slogans « ni Macron ni Le Pen », sont le signe que des millions de personnes peuvent se retrouver dans un front social (pas forcément celui labellisé comme tel) contre le libéralisme.
Les terrains de luttes seront nombreux, nous avons pu le voir dans les précédents numéros de Courant Alternatif, avec un accent mis sur la précarisation généralisée (dite aujourd’hui ubérisation de la société) vers laquelle nous mènent les libéraux. Il ne faut pas oublier les luttes contre le contrôle sur nos vie, dont Linky est un des éléments, ainsi que les luttes écologistes et antinucléaires. De même que le capitalisme est mondial, il est toujours nécessaire de s’informer et établir des solidarités avec les peuples en lutte, comme par exemple dans ce numéro, le Mexique.

Limoges, 27 mai 2017

Journée nationale de la Résistance

Journée nationale de la résistance ? Mais c’est tous les jours qu’il faut résister… Bien sûr, cette journée à été choisie pour commémorer l’organisation de la résistance française face au nazisme et au pétainisme. Elle a été fixée à la date anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance et les résistants de ce temps avaient affaire à des ennemis bien plus dangereux que les nôtres. Par contre, ce sont bien les acquis sociaux issus des luttes ouvrières antérieures et du programme du CNR que les capitalistes libéraux veulent détruire. C’est pour cela qu’il nous faut résister encore et lutter toujours.

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Published by lechatnoir51 - dans Revues
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