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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 10:18
Courant Alternatif n° 254, de novembre 2015, est sorti

Sommaire

Édito page 3

Social

page 4 Rififi sur le tarmac d’Air France

page 6 Tract OCL

page 6 Appel pour un bulletin de luttes dans les Cévennes

L’économie en brèves page 7

Big brother page 8

Eépression

page 10 Affaire de Labège : l’Etat réprime sans compter

page 11 Acharnement contre Christine Ribailly

Notre-Dame-des-Landes

page 12 Malgré les menaces, les anti-aéroport restent pleins d’initiatives

Dossier : la COP 21, une arnaque de plus

page 13 Climat, le capitalisme nous enfume

page 15 A propos des marchés carbone

page 16 Dérèglements climatiques : le capitalisme menace l’équilibre et la survie de la planète

page 17 Une conférence paradoxale en apparence ?

page 18 Le réchauffement climatique : une aubaine pour les promoteurs du nucléaire

Politiques migratoires

page 19 Mesures européennes sur les camps, les passeurs et les « non-réfugiés »

International

page 21 A la sauce catalane ou comment arriver à discuter concrètement autonomie et autogestion

page 23 Espagne : la nouvelle politique et ses limites

page 25 Palestine : une révolte désespérée qui est sans doute le seul espoir

L’enfer technologique

page 27 Le cycle des technologies et son programme

Édito

Vive le communisme !

Le XXe siècle fut celui des massacres planifiés et organisés, de la construction de structures adaptées à l’organisation scientifique de l’exploitation du travail humain, les Etats-nations. Mais il fut aussi celui où les révoltes cessèrent de n’être que des révoltes pour tenter de mettre en pratique cette belle idée, née au XIXe siècle, que fut le socialisme ou le communisme.

Question massacres et horreurs en tous genres, le début du XXIe siècle semble se situer dans la lignée de son prédécesseur. En revanche, les Etats-nations tels qu’ils ont été dessinés par deux conflits mondiaux paraissent ne plus convenir aux intérêts des capitalistes. Mais, la grande différence, c’est surtout l’absence notoire de la belle idée socialiste/communiste comme participante de la vie sociale et politique. Cela s’explique, bien sûr, par l’offensive de la bourgeoisie dans la lutte des classes, mais surtout par le fait que cette offensive a été facilitée par la voie totalitaire qu’ont prise une partie des révolutions du XXe siècle. Une voie totalitaire favorisée par une conception étatique et statique de la révolution, une conception qui ne concevait pas que l’émancipation puisse sortir de situations plurielles et qui, par conséquent, vidait l’idée communiste d’un contenu pouvant être partagé par toutes et tous les opprimés et pouvant naître de bien des façons, même difficilement visibles au début. Il s’agit maintenant de reconquérir des espaces communs, de construire des convergences sans annihiler cette pluralité. Pouvoir renouer avec une idée communiste, libertaire, qui ne serait ni un paradis pour un futur hypothétique ni un fantasme alternatif à l’intérieur de notre système capitaliste, mais une dynamique présente dans chaque geste émancipateur est une question qui mérite d’être posée en cette période de prétendue régression.

Tant la poussée du FN que la question des réfugiés remet sur le tapis la montée du racisme dans l’hexagone. Or il semble que ce n’est pas tant la « quantité de racistes » qui augmente que leur capacité à s’exprimer comme tels, grâce aux espaces qui se sont libérés à cette fin. Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, malgré la guerre d’Algérie et la présence substantielle d’activistes et de nostalgiques de l’Etat français, il était plus difficile d’exprimer ouvertement de telles opinions. A présent, il est certes encore facile de se proclamer antiraciste – et bien peu s’en privent –, mais l’affirmer en pratique par une solidarité avec les réfugiés, une opposition aux fermetures des frontières et une dénonciation des fantasmes d’envahissement est devenu beaucoup plus difficile (sauf si on ne fréquente que les siens, et encore…).

Face à cela, les arguments « scientifiques et rationnels » du genre : « Les races, ça n’existe pas » et on vous le prouve, ou : « Nous sommes tous pareils, la génétique le dit » pèsent de bien peu de poids, car le racisme ne se situe pas sur ce terrain-là. Quelqu’un qui pète les plombs, en disant que si les « bougnoules », les « Syriens » ou les « manouches » débarquent dans son village ou son quartier il sortira le flingue, se fout pas mal des arguments des scientifiques. D’autant que ces scientifiques ne sont pas de son monde et que, s’il lui prenait l’envie de creuser un peu, il s’apercevrait que les « vérités scientifiques » sont plus que volatiles !

Il s’agit donc pour nous de reprendre ces espaces abandonnés – et, de ce point de vue, il s’est passé, depuis quelques semaines, des choses intéressantes venant, non pas des milieux patentés antifascistes ou antiracistes, mais de gens plus ou moins anonymes qui n’ont pas supporté le déferlement du discours sur l’envahissement et la politique française de fermeture des frontières. Des initiatives de simple solidarité disant juste : « Bienvenu », « Réfugiés welcome »… Il est clair que ces dernières font plus pour la reconquête d’espaces de parole, d’espaces politiques, que les gesticulations politiciennes pour savoir s’il faut ou pas reconstituer un « front républicain ».

Il n’est pas que sur le terrain du racisme que cette reconquête du « oser dire, oser faire » est nécessaire, dans une société que l’on considère un peu vite comme passée sous le joug démoniaque des discours totalitaires, ou néo- et post-réactionnaires ! Des initiatives, il en existe ! A nous de les faire connaître, et surtout de participer à leur mise en place ! Ce ne sont pas nos adversaires qui le feront. Le terrain social, celui de l’exploitation du travail humain en tout premier lieu, est souvent occupé par des « ras-le-bol » qui s’expriment hors de la vue des médias et des syndicats, et même si c’est sans trop de bruit ils sont bien réels. Le terrain de la contestation « écologique » (qui ne devrait être qu’une déclinaison de la question sociale), au sein duquel les armes ne sont pas rendues face aux diktats et aux mensonges du pouvoir (comme par exemple l’annonce de la reprise des travaux à Notre-Dame-des-Landes), est encore sur le devant de la scène, etc.

C’est bel et bien au cœur de ces mini (pour l’instant) et souvent anonymes moments de reprise de parole, au sein de l’existant et non en dehors, que pourrait se redessiner un désir de communisme qui ne devrait rien à une quelconque avant-garde.

OCL Poitou le 1er novembre

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