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20 avril 2015 1 20 /04 /avril /2015 19:44
Interpellation musclée dans vide-greniers à Reims

Il est 17 heures environ dimanche à la Maison de Quartier Croix-Rouge de Reims, où se déroule dans la bonne humeur un vide-grenier : Maryam, sa mère et ses sœurs, y tiennent un stand de produits palestiniens (savon, broderies) et d’objets de la campagne de solidarité (T-shirts, brochures, autocollants notamment).

Soudain, une équipe de policiers débarquent sans crier gare, et foncent sur la table, alors qu’on n’est même pas sur la voie publique. Ils n’hésitent pas à arroser l’assistance de gaz lacrymogènes, y compris les enfants, nombreux. Cinq des victimes de l’assaut devront aller se faire soigner aux urgences hospitalières.

On apprendra plus tard que les policiers avaient été «alertés» par une personne qui avait téléphoné au commissariat pour dénoncer «une opération antisémite» !

Mariame, qui proteste contre les violences faites à sa propre mère, est ensuite embarquée brutalement, menottée, puis rouée de coups pendant le trajet et à l’arrivée au commissariat, où elle est placée en garde à vue. Le médecin qui l’y examine relève la présence d’hématomes.

Les policiers lui disent qu’ils retiennent cinq charges contre elle, et pas des moindres : «rébellion», «outrage à fonctionnaires», «coups et blessures à fonctionnaires», «offense au Président de la République», sans oublier la sempiternelle «incitation à la haine raciale» !

L’indignation se répand alors rapidement, non seulement parmi les habitants du quartier Croix-Rouge, mais aussi sur les réseaux sociaux et au-delà de la ville de Reims.

Tandis que des dizaines de personnes se rassemblent devant le commissariat, et que le standard téléphonique de celui-ci est saturé d’appels téléphoniques, des responsables associatifs locaux contactent la hiérarchie policière, et lui font valoir que si elle voulait provoquer de véritables émeutes, elle ne s’y prendrait pas autrement.

Du coup, les responsables de la police rémoise prennent peu à peu conscience de l’énormité de la bavure de leurs subordonnées, et le système cherche alors une porte de sortie : dans la matinée, Mariame, étudiante âgée de 19 ans, se voit signifier un «rappel à la loi», et elle peut enfin sortir lundi en milieu de journée sans que des charges soient retenues contre elle.

L’affaire est cependant loin d’être terminée, car plusieurs plaintes vont être déposées visant le comportement de la police. Pour les brutalités subies par Maryam et plusieurs autres, mais aussi pour vol : les objets de la table «Palestine» saisis par la police ne sont en effet jamais arrivés au commissariat (à l’exception de quelques autocollants, censés être des «pièces à conviction») ! Tous ces agissements ont eu lieu au grand jour, et les témoignages ne manquent pas.

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