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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 08:36

Parmi les terribles stigmates de la guerre 14-18, les munitions chimiques commencent tout juste à être éliminées de manière adéquate, alors que 10 à 20 tonnes sont encore découvertes chaque année dans nos terres.

Jusqu'en 1994, la France, comme d'autres pays, les faisaient exploser en mer, en Baie de Somme. Pratique mais pas vraiment développement durable... Désormais, en vertu de la convention sur l'interdiction des armes chimiques ratifiée par la France en 1995, le procédé de démantèlement doit être propre. Sauf que pendant des années, les autorités ont tergiversé. Alors le stock de ces munitions particulières, recelant gaz moutarde ou phosgène pour les plus connus, a enflé pour atteindre désormais 267 tonnes, 18 000 engins.

Ces armes doublement atroces sont stockées depuis 2001 dans le camp de Suippes.

Devant le stock grandissant, et comme le projet Secoia ne poussait pas, décision fut prise de commencer à éliminer les munitions les plus fragiles sur place. Du coup, depuis septembre 2012, le Centre de coordination sur les chargements chimiques (C4) accueille une unité mobile de démantèlement (UMD). Le principe est «simple». Le chargement toxique des munitions est vidangé par perçage de l’enveloppe. «Les produits qui sortent sont toujours chimiques mais plus toxiques de guerre. Ils ont été neutralisés par ajout d'autres substances et retournent dans l'industrie». La partie pyrotechnique des munitions est pour sa part détruite sur le terrain de Suippes avec les munitions conventionnelles. En 2013, l'UMD a neutralisé 117 munitions. Au total, l'UMD devrait seulement éliminer 1 500 munitions.

A Suippes, on guette l'ouverture de Secoia en 2016 pour entrer dans une nouvelle phase. Quatre camions effectueront au total, chaque année, 135 transports de munitions vers le camp de Mailly, leur cellule blindée pouvant résister à une charge de 13 kg de TNT. «Au rythme de 42 tonnes éliminées chaque année par Secoia, il faudra dix à douze ans pour éliminer notre stock, compte tenu du flux de découverte annuelle».

Signe que le C4 de Suippes n'est pas prêt de disparaître, les bâtiments de la zone vie vont être réhabilités.

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