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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 11:22

La centrale nucléaire accueille plusieurs centaines de prestataires permanents.

Non au dumping social. C’est en quelques mots ce que revendique un membre du CHSCT du Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE), délégué du personnel, et représentant syndical du comité d’établissement.

Depuis des années, le secrétaire général de l’union locale CGT pointe de nombreuses disparités au plan social entre les agents EDF et les prestataires, quotidiens ou ponctuels, sur le site de la centrale nucléaire nogentaise. «La centrale va vivre deux arrêts de tranches, donc des prestataires vont venir en renfort des agents EDF. Ce sont ces salariés qui font 80 % de la maintenance, que ce soit pendant les arrêts ou non d’ailleurs. Il y a 250 prestataires à l’année sur la centrale et, sans eux, on ne pourrait pas faire cette maintenance puis redémarrer. Les salariés n’ont pas tous le même statut. Les agents EDF ont le statut de personnel des industries électriques et gazières. La centrale sous-traite à des sociétés privées qui ont des conventions collectives. Il y a deux catégories, et celle qui domine dans le secteur du nucléaire est celle de la Syntec et le nettoyage».

Le bât blesse à plusieurs niveaux, ces conventions, qui sont revues tous les cinq ou six ans, n’offrent que des salaires faibles et des «calendaires» (aides à la mobilité pour logement et les repas) à peine suffisants. Selon le délégué du personnel, la stratégie adoptée par EDF serait de sous-traiter la maintenance à des privés afin que cela coûte le moins possible grâce aux conventions, «avec l’effet délétère de l’épée de Damoclès qui est celle du changement de contrat».

Conséquence : les salariés prestataires du CNPE ne seraient pas logés à la même enseigne que leurs collègues agents EDF. «Les personnes qui passent devant la centrale pensent de suite aux agents EDF sans savoir que beaucoup de prestataires y travaillent pour gagner une misère ! Ce qui est affligeant, c’est que ni les compétences, ni l’ancienneté ne sont reconnues. Prenons l’exemple du personnel travaillant dans le domaine de la protection de site : le salarié va en zone, il est formé aux rayons X, il est sauveteur-secouriste du travail, mais si on lui retire ses primes, il ne lui reste que 1 150 €, alors qu’il a des responsabilités de contrôle !»

À ces considérations financières s’ajoute le problème des travailleurs détachés, étrangers de l’Union européenne, amenés à intervenir sur le site. Selon le cégétiste, rien n’est mis en œuvre pour faciliter leurs conditions sociales de travail. Et de citer un exemple : «Nous faisons des demandes depuis des années pour que le recueil de prescriptions au personnel, qui est un descriptif des démarches à suivre pour chaque intervention, soit traduit dans la langue des prestataires !»

Quelle solution alors ? La réponse ne se fait pas attendre : «Faire un statut de travailleurs du nucléaire, ce pour toutes les professions». Un statut commun, donc, «avec des garanties sociales de haut niveau», afin que les salaires et avantages sociaux soient à la hauteur des compétences de chacun.

Compliqué, selon la centrale de Nogent. «La situation n’est pas particulière à Nogent : la façon dont on travaille avec les prestataires est pilotée par un cadre national. Nous n’avons pas la main à Nogent pour créer un cadre spécifique». La direction précise également que, bien qu’agent EDF et prestataires n’aient pas le même statut social, ceux-ci travaillent en majorité pour de grands groupes, tels que Alstom, Areva, Vinci ou Onet, «entreprises dont les conditions ne sont pas désavantageuses, qui respectent certaines règles et dont les conditions de travail sont bonnes».

La CGT se dit pour sa part prête à discuter de la question des salariés prestataires avec la direction, pourquoi pas lors d’une prochaine réunion de la commission locale d’information.

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